Mort de George Floyd : après la colère, le temps du deuil et de la revendication politique – Le Monde

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Publié aujourd’hui à 06h44, mis à jour à 10h31

Après le temps de la colère et de l’émeute, voici venu celui du deuil et d’une revendication plus politique. C’est ainsi qu’évoluait la situation, certes encore timidement, dix jours après la mort de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, étouffé lors de son interpellation par un policier blanc de la ville de Minneapolis (Minnesota). Elle a provoqué, dans toutes les villes d’Amérique, des manifestations et des émeutes inédites depuis 1968, année de l’assassinat du pasteur Martin Luther King.

Les hommages culmineront mardi 9 juin avec l’enterrement de la victime à Houston (Texas). Ils ont commencé dans l’après-midi du jeudi 4 juin, à Minneapolis, lors d’une cérémonie qui s’est tenue devant la dépouille de George Floyd ; c’est là que le maire de la ville, Jacob Frey, est tombé en pleurs, un genou à terre. La ville s’est tue pendant huit minutes et quarante-six secondes, le temps du supplice de la victime. « Dégagez vos genoux de notre cou », a ensuite lancé le pasteur Al Sharpton.

Le cercueil de George Floyd à Minneapolis, dans le Minnesota, le 4 juin.
Le cercueil de George Floyd à Minneapolis, dans le Minnesota, le 4 juin. BEBETO MATTHEWS / AP

Au même moment, à New York, Brooklyn se rassemblait, en présence du frère de la victime, Terrence Floyd, qui y a vécu longtemps. La réunion est organisée, des volontaires offrent des bouteilles d’eau, du café glacé, tandis que deux policières distribuent des masques. « On est très bien reçues », explique l’une d’entre elles.

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La foule arrive progressivement : des Afro-Américains, des Latinos mais aussi beaucoup de Blancs. Beaucoup de femmes. Un pasteur noir, maître de cérémonie, dirige la foule, canalisant les passions douloureuses. « Prions ensemble », commence-t-il. Puis l’on chante. « Arrêtons la violence, nous n’en avons pas besoin. » Et voilà qu’il veut faire prononcer le symbole de paix à la foule : « Allons, je veux entendre de chacun le mot “paix”. » Mais ce n’est pas facile. Alors au slogan « paix » succède celui plus populaire de « pas de justice, pas de paix ».

« Le pouvoir au peuple »

Le garant du caractère pacifique de la manifestation, c’est Terrence Floyd, qui peine à s’exprimer. « Tu n’es pas seul », scande la foule. « Je veux remercier Dieu », commence enfin M. Floyd. « J’étais furieux, j’étais en colère, mais je veux remercier Dieu. Ce n’était pas sa faute, c’était sa volonté. Je veux remercier Dieu, car, à la fin de la journée, mon frère est parti mais le nom de Floyd est toujours vivant. » Il explique : « Je suis fier des protestations. Je ne suis pas fier des destructions », avant d’exiger « le pouvoir au peuple ». « Pas seulement mon peuple, pas seulement votre peuple, mais à tout le peuple, chacun de nous. »

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