Meurtre d’un policier à Avignon : l’étincelle qui a embrasé une institution fragilisée – Le Monde

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Des policiers sécurisent le lieu où un officier a été tué lors d’une opération antidrogue, à Avignon (Vaucluse), le 5 mai.

Il suffisait d’une étincelle pour embraser une institution policière encore sous le choc de l’attaque terroriste de Rambouillet (Yvelines), le 23 avril, au cours de laquelle une agente administrative de 49 ans, Stéphanie Monfermé, a été égorgée par un djihadiste tunisien dans le sas de sécurité du commissariat de la ville.

Mercredi 5 mai, en fin d’après-midi, dans une rue du vieil Avignon, cette étincelle a pris la forme de trois coups de feu tirés en direction d’Eric Masson, brigadier de police de 36 ans, mortellement touché au thorax et à l’abdomen alors qu’il s’apprêtait à procéder au contrôle de deux individus suspectés de vendre de la drogue dans la rue Rateau, une zone relativement cossue mais connue pour abriter de nombreux points de deal de la ville. Les organisations professionnelles de policiers disent aujourd’hui observer « un temps de recueillement et de dignité », une position commune décidée à l’issue d’une réunion à huis clos entre les principaux syndicats, jeudi après-midi. Mais elles appellent aussi à rejoindre une marche à Avignon, dimanche 9 mai.

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Si l’auteur des coups de feu et un complice ont pu prendre la fuite après avoir essuyé des tirs de riposte de la part des collègues de la victime, une jeune femme a été interpellée par la police judiciaire et placée en garde à vue. Présentée comme une cliente du dealeur, elle aurait assisté à la fusillade qui a coûté la vie au policier, membre de la brigade d’intervention de la compagnie de sécurité interdépartementale du Vaucluse-Gard et père de deux fillettes de 5 et 7 ans.

« Mort en héros »

L’affaire provoque une véritable onde de choc, une de plus, au sein de l’institution et porte à un point d’incandescence la sourde colère qui saisit la profession alors que l’exécutif a d’ores et déjà imposé la lutte contre l’insécurité comme l’un des thèmes principaux de la campagne pour l’élection présidentielle de 2022.

Mercredi soir, devant le commissariat d’Avignon où il s’était déplacé en compagnie du directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, et du directeur central de la sécurité publique, Jean-Marie Salanova, le ministre de l’intérieur a beau avoir donné à ses déclarations des tournures belliqueuses, évoquant « une guerre » menée contre le trafic de drogue et saluant la mémoire du policier tué comme celle d’un « soldat (…) mort en héros », ce vocabulaire a davantage enflammé les esprits qu’il n’a contribué à les apaiser.

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