Meurtre de Marjorie G. à Ivry-sur-Seine : l’adolescent mis en cause réalise «petit à petit ce qu’il a fait» – Le Figaro

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Alvin M., 14 ans, a reconnu sa participation dans le meurtre de la jeune fille vendredi 14 mai à Ivry-sur-Seine. «Il est dans une logique de coopération avec les enquêteurs. Il reste calme et essaie de donner le plus de détails possible», selon son avocat.

  • Les faits et le point sur l’enquête

Marjorie G., 17 ans, a été mortellement poignardée vendredi 14 mai par un autre jeune né en 2006 pour un banal différend sur les réseaux sociaux. Le drame s’est déroulé vendredi 14 mai en milieu d’après-midi au pied d’un immeuble de la cité Pierre-et-Marie-Curie à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) après des «échanges véhéments» sur les réseaux sociaux, et en particulier sur Snapchat.

Ce jour-là, le suspect, un jeune homme de 14 ans, «avait créé un groupe Snapchat» au sujet de la petite sœur de la victime. Cette dernière n’aurait pas supporté que l’on parle mal de sa cadette et se serait rendue en bas de la tour où vit le père du suspect accompagnée de plusieurs individus, dont son frère, avant de «frapper» le jeune homme. «Le contenu des messages était dépourvu de toute menace. On est sur le registre du flirt et de l’intimité entre ados», a tenu a nuancé au Figaro Me Adrien Gabeaud, l’avocat du suspect.

L’adolescent est alors remonté chez lui pour s’emparer d’un couteau de cuisine avec lequel il a poignardé à mort Marjorie G. sur la voie publique. Un seul coup a été porté au niveau de l’abdomen. «Il n’y avait aucun acharnement de la part de mon client et aucune intention de donner la mort. Un seul coup, un coup de trop, un coup fatal, un coup mortel», a insisté Me Gabeaud. Le décès a été constaté un peu après 17 heures par les policiers puis les pompiers dépêchés sur place en urgence. «Quand je suis arrivée, elle était par terre. Il y avait du sang partout. Ils essayaient de la ranimer. Mais ils n’ont pas réussi», a témoigné, bouleversée, la mère de la jeune fille au micro de plusieurs médias, dont France Info et BFMTV vendredi soir.

Après son geste, le suspect, un certain Alvin M., a pris la fuite. Dans la foulée, les enquêteurs de la sûreté départementale du Val-de-Marne (SDPJ94) ont mené une perquisition infructueuse au domicile du père de ce dernier. Les policiers l’ont finalement interpellé vers 20h30 au domicile de sa mère, à Massy, dans l’Essonne. Il a aussitôt été placé en garde à vue puis en détention provisoire dimanche soir par le juge des libertés et de la détention qui l’a mis en examen pour «meurtre», comme l’a indiqué au Figaro son conseil, Me Gabeaud. «Mon client reconnaît sa participation mais soutient n’avoir pas eu l’intention de donner la mort, a expliqué l’avocat. D’ailleurs, la préméditation n’a pas été retenue par les enquêteurs, qui ont bien compris qu’il ne s’agissait pas d’un assassinat».

  • Alvin M., un adolescent accusé de meurtre qui s’exprime «avec des mots d’enfant»

«Il est dans une logique de coopération avec les enquêteurs. Il reste calme et essaie de donner le plus de détails possible sur la journée du drame», a poursuivi le soutien du mis en cause. «Il ne nie pas son implication, sa faute et sa responsabilité. Il s’exprime avec des mots d’enfant, car ne l’oublions pas c’est un gamin de 14 ans, qui réalise petit à petit ce qu’il a fait», a souligné Me Gabeaud.

Alvin M. est originaire de du Val-de-Marne où il vit encore avec son père et son petit frère de 10 ans, ses parents étant séparés depuis plusieurs années. Né en novembre 2006, le jeune homme n’est pas un enfant des rues bien que «les enquêteurs sociaux pointent des carences éducatives importantes», a précisé son avocat.

Sportif de haut niveau, il avait pour objectif d’intégrer un club de football professionnel. Il avait jusqu’à présent un casier judiciaire vierge et aucun antécédent judiciaire, selon son avocat et plusieurs sources judiciaires, précisant qu’il était ressorti libre d’une audition libre dans une affaire de dégradation d’immeuble. En raison de problèmes de niveau mais aussi de discipline, l’adolescent avait tout de même été renvoyé d’un collège qu’il fréquentait l’an dernier. Celui-ci est d’ailleurs décrit par plusieurs amies de la victime au Point comme quelqu’un «d’un peu excité, qui se faisait beaucoup remarquer. C’était un peu la star de la cité».

  • Marjorie G., «une acharnée des études»

Réputée studieuse, comme l’a confirmé au Figaro une source proche du dossier, Marjorie G., 17 ans, s’apprêtait à passer son bac. Elle devait fêter ses 18 ans en juillet prochain. «Ma fille n’était pas une délinquante. Ma fille était une acharnée des études. Elle souhaitait devenir ingénieure», s’est exclamée vendredi soir la mère de la victime. Et d’ajouter : «Ce n’est pas normal que des parents laissent traîner leurs enfants dans les cités. Ce n’est pas normal qu’un enfant vienne tuer un autre enfant ! (…) Mes enfants ne traînaient jamais dans cette cité. Aujourd’hui, c’est ma fille. Ça aurait pu être n’importe quel enfant».

Une marche blanche en hommage à Marjorie aura lieu samedi 22 mai à Ivry-sur-Seine. Sa mère, d’origine martiniquaise, a confié vouloir faire vivre la mémoire de sa fille. «Je vais manifester. Je vais faire des choses. À partir d’aujourd’hui, on me verra. On entendra parler de moi», a-t-elle dit. À Ivry, de nombreux messages de soutien et de colère ont été inscrits sur les murs de la cité où vivait la jeune fille. «Ni oubli, ni pardon», a-t-on pu lire. Ou encore : «Pour la petite sœur de Marjorie : ne culpabilise pas, le seul coupable c’est l’assassin».

Face à la gravité de la situation, la mairie d’Ivry-sur-Seine a décidé de doubler le nombre de médiateurs mais aussi de mettre sur pied une cellule psychologique pour les habitants de la cité Hoche, selon France Info. Philippe Bouyssou, le maire PCF de la ville, a également apporté son soutien à la famille de la jeune fille disparue dans plusieurs messages postés sur Twitter. «Ce drame endeuille notre ville tout entière, et je crois que nous sommes toutes et tous effondré.e.s par cet événement tragique, a-t-il écrit. J’apporte tout mon soutien à la famille de la jeune victime. Je forme le vœu que notre ville, ses habitant.e.s, puissent l’entourer et la soutenir dans cette épreuve».

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