Marseille, Montpellier, Strasbourg… Le point sur les manifestations en France contre le pass sanitaire – Le Parisien

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Des manifestations ont lieu ce samedi dans de nombreuses villes de France contre l’extension du pass sanitaire et au nom de la « liberté », pour le troisième samedi consécutif. Les autorités prévoyaient la mobilisation de 150 000 personnes. Samedi dernier, les manifestations avaient rassemblé 161 000 personnes et 110 000 une semaine plus tôt.

À Paris, une première manifestation est partie du métro Villiers (XVIIe) à 14 heures en direction de la place de la Bastille (XIe). Peu avant 15 heures, quelques tensions avec les forces de l’ordre émaillaient le cortège à proximité du Moulin-Rouge. Vers 16h, la tension est montée à proximité de la place de la République, où la police répondait avec des lacrymogènes aux jets de projectiles ou de pétard de manifestants, criant « non à la dictature » ou chantant la Marseillaise. Les forces de l’ordre ont procédé à quelques interpellations.

Une autre manifestation a démarré après 14h30 près de la gare Montparnasse (VIe), à l’appel de l’ex n°2 du FN et président des Patriotes Florian Philippot. Arborant de nombreux drapeaux « bleu blanc rouge » ou un drapeau européen déchiré, les manifestants, sans masques pour la plupart, se dirigent vers le ministère de la Santé (VIIe). Là-bas, une équipe de journalistes de l’AFP a été prise à partie, devenant la cible de crachats et d’injures. L’AFP a finalement décidé de suspendre sa couverture en images de ce rassemblement.

Plus de 3000 policiers et gendarmes sont mobilisés pour encadrer les manifestants et sécuriser les lieux sensibles, une semaine après que des manifestants ont été repoussés des Champs-Élysées, dont les accès sont bloqués ce samedi. Trois d’entre eux ont été blessés lors des rassemblements, selon les premiers éléments recueillis.

Des manifestations dans plus de 150 villes en France

Des manifestations sont également prévues dans plus de 150 villes en France, avec une affluence potentiellement importante à Toulon, Bordeaux, Marseille, Nice, Metz, Nantes et Pau.

À Marseille, des milliers de manifestants étaient réunis sur le Vieux-Port. Ils ont ensuite remonté la célèbre Canebière avec pancartes et slogans hostiles aux nouvelles mesures gouvernementales.

À Montpellier, la manifestation a réuni 8500 personnes, selon la préfecture, un chiffre en forte augmentation par rapport aux 5500 d’il y a une semaine. Les protestataires se sont rassemblés sur la place de la Comédie, entre les marches de l’Opéra et la fontaine des trois Grâces sur laquelle certains sont montés aux cris de « Liberté » et en entonnant une des chansons fétiches des opposants au président Emmanuel Macron : « On est là, on est là, même si Macron ne veut pas… ».

Plus forte mobilisation également à Nice, où 6500 personnes ont défilé selon la police. C’est 500 de plus que la semaine dernière. À Aix-en-Provence, plus de 2200 personnes ont manifesté dans le centre-ville samedi matin et 3000 personnes se sont rassemblées à Avignon, chef-lieu du Vaucluse, en début d’après-midi sans incident, selon la police. Le record a été atteint dans le Var où le rassemblement à Toulon a drainé 13 000 personnes, selon la préfecture. Au total, dans le sud-est du pays, Au moins 38 000 manifestants ont été recensés.

À Strasbourg, 3200 personnes, selon la police, défilaient dans le centre-ville, sans débordements et en présence de la députée ex-LREM Martine Wonner.

À Metz, les organisateurs affirment que 3000 personnes sont présentes à la manifestation contre le pass sanitaire, rapporte France Bleu.

À Rennes, la manifestation a attiré 2900 personnes, « sans incidents à ce stade », indiquait en début d’après-midi la préfecture, soit une mobilisation en hausse par rapport au samedi précédent (2200 personnes décomptées). « Je suis le juif de Macron », « vaccinez-moi contre le fascisme et le capitalisme ” ou « Médias menteurs ! On veut la vérité », lisait-on sur des pancartes, brandies dans une ambiance festive et bruyante.

À Nantes, les manifestations ont rassemblé « un peu moins de 4000 personnes », estime la préfecture de Loire Atlantique. Mais le rassemblement s’est tenu dans une ambiance « très tendue ». À Lille, plus de 2000 personnes, aux profils aussi variés, dont nombre de « gilets jaunes », ont défilé dans le centre, scandant « liberté, liberté » ou « le pass sanitaire, on n’en veut pas, le pass autoritaire, on n’en veut pas ». À Lyon, plus de 1200 personnes ont défilé dans deux cortèges, selon la préfecture. À Bordeaux ils étaient 5500.

Regroupée autour des mots-dièses #manif31juillet et #PassDeLaHonte sur les réseaux sociaux, l’opposition aux mesures gouvernementales fédère des manifestants anti-pass sanitaire, anti-vaccins ou anti-confinement, aux revendications protéiformes. Dans les cortèges, figurent également de nombreux Gilets jaunes. Le pass sanitaire a été adopté définitivement dimanche soir, après six jours de débats houleux au Parlement.

Déjà appliquée dans les lieux culturels et de loisirs depuis le 21 juillet, son extension pour les cafés, foires, salons, restaurants et trains est prévue le 9 août. Entre-temps, le Conseil constitutionnel rendra sa décision sur la loi le 5 août.

De nouveaux confinements sont mis en place ce week-end en Martinique et à la Réunion, deux territoires où la couverture vaccinale est faible et le taux d’incidence augmente fortement. À la Réunion, deux cortèges ont rassemblé des milliers de manifestants samedi, dont un marqué par des échanges de pierres et de lacrymogène à Saint-Denis. Trois premiers patients hospitalisés en raison du Covid-19 en Martinique, où les services hospitaliers sont saturés, doivent être transférés samedi vers Paris par un vol médicalisé.

Parmi les Français qui soutiennent les rassemblements, 65 % justifient leur soutien par « l’impression de se voir imposer ce qu’ils doivent faire, de ne pas avoir le choix ». D’après un autre sondage Ipsos-Sopra Steria pour Franceinfo et Le Parisien du 16 juillet, 62 % des Français se disaient favorables au pass sanitaire pour entrer dans les lieux publics et 69 % à la vaccination obligatoire pour les soignants.

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