« Marche pour le climat » : confusion et lacrymogènes à Paris, rassemblements pacifiques ailleurs – Le Monde

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Jets de gaz lacrymogènes à Paris lors de la marche pour le climat, le 21 septembre 2019.

Samedi 21 septembre, la confusion régnait dans les rues de Paris. Organisée au lendemain d’une journée de mobilisation mondiale historique en faveur du climat, une nouvelle « marche pour le climat et la justice sociale » s’est élancée dans une ambiance bon enfant du jardin du Luxembourg en début d’après-midi, à l’appel de nombreuses ONG.

Des « gilets jaunes », qui avaient appelé à une journée de mobilisation « historique » pour leur 45e samedi de manifestation, se sont joints au cortège ainsi que des éléments radicaux, issus des « gilets jaunes » ou du black bloc. Des incidents ont rapidement éclaté avec les forces de l’ordre, au point que Greenpeace a appelé les manifestants à quitter le cortège une heure et demie après le début de la marche.

Selon un comptage indépendant du cabinet Occurrence pour une dizaine de médias français, la marche pour le climat avait réuni, avant l’appel à la dispersion, près de 15 200 personnes dans la capitale.

« Une réaction complètement disproportionnée »

Vitrines cassées, banque dégradée, barricades de fortune incendiées… des « exactions » ont été commises dès le début de la manifestation, où 1 000 manifestants « radicaux » ont été signalés par la préfecture de police, qui avait mobilisé 7 500 membres des forces de l’ordre.

Peu avant 15 heures, des militants d’extrême gauche, pour certains masqués, ont jeté des projectiles sur les forces de l’ordre avant de s’en prendre à une agence bancaire boulevard Saint-Michel. Les gendarmes ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes. « Les manifestants ont dû faire marche arrière, ils sont stupéfaits, sous le choc », a poursuivi une porte-parole d’ANV-COP21, en dénonçant « une réaction complètement disproportionnée des forces de l’ordre ».

« Ne prenez aucun risque et quittez la Marche pour le climat. Les conditions d’une marche non-violente ne sont pas réunies », a tweeté Greenpeace, en dénonçant « l’envoi de lacrymogènes sur des manifestants non-violents et des familles ». « 45 minutes après le départ, les forces de l’ordre ont projeté sans sommation plusieurs grenades de désencerclement dans le cortège », a confirmé une porte-parole d’ANV-COP21.

163 interpellations

A 18 heures, 395 personnes avaient fait l’objet d’une verbalisation pour avoir manifesté sur l’un des périmètres interdits, 163 avaient été interpellées et 99 placées en garde à vue. Christophe Castaner a exprimé dans la soirée sur Twitter sa « gratitude aux forces de l’ordre déployées sur tout le territoire pour préserver l’ordre et garantir la libre expression ». « Force doit rester à la loi » a ajouté le ministre de l’intérieur.

Avant le début de la marche climat, les organisateurs s’étaient montrés ouverts à l’idée de manifester aux côtés des « gilets jaunes ». « Tout le monde est le bienvenu. On n’oppose pas justice climatique et justice sociale, il faut respecter le consensus d’action non violente », avait lancé une organisatrice.

« Tout le monde est mêlé dans le cortège, les mots d’ordre sont très proches, voire les mêmes », affirmait avant la marche Jean-Claude, 75 ans, de Châtenay-Malabry, qui a participé à un grand nombre de manifestations de « gilets jaunes ».

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Outre les « gilets jaunes », une partie des milliers de personnes qui avaient manifesté dans le calme, plus tôt dans l’après-midi, contre la réforme des retraites à l’appel de Force ouvrière, ont également rejoint le cortège.

5 000 manifestants à Lyon

Ailleurs en France d’autres manifestations étaient prévus. A Lyon, environ 5 000 personnes se sont rassemblées dans la matinée dans le centre, selon la préfecture du Rhône. Les organisateurs, eux, avaient compté 15 000 manifestants.

A Strasbourg, ils étaient 3 600, selon la police, à manifester dans le calme. Une minute de silence avait été observée avant le départ du cortège et deux appels ont été lancés pour réclamer l’instauration d’un état d’urgence climatique, rapporte L’Alsace.

A Rouen, quelque 1 400 personnes ont défilé pacifiquement. Avant le début de la marche, devant une grande banderole « Etat d’urgence : marche pour le climat », des participants ont expliqué pourquoi l’écologie est devenue une priorité pour eux, sous les applaudissements des autres manifestants, rapporte France Bleu.

Une situation similaire à celle de Nancy, où 1 500 personnes s’étaient rassemblées samedi, prenant date pour les élections municipales de mars 2020. « C’est le dernier mandat pour faire quelque chose et prendre des mesures radicales et ambitieuses pour le climat, a déclaré à France Bleu Virginie Hacquard, porte-parole de l’organisation de la manifestation. Nancy 2030 [le plan climat de la mairie], ce sont des mesurettes, ce ne sont pas des vraies mesures qui vont permettre une vraie évolution et une vraie réponse face au dérèglement climatique ».

D’autres rassemblements ont eu lieu à Tour, Périgueux, Clermont-Ferrand, Toulouse, Besançon, Laval, Montbéliard et Guéret.

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