Manifestations “sécurité globale”: des scènes de vandalisme à Paris, une mobilisation en baisse – BFMTV

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À 20 heures, 64 personnes avaient été interpellées en France, selon l’Intérieur. À Paris, le parquet de son côté fait état de 21 personnes placées en garde à vue, dont deux mineurs.

Voitures incendiées, mobilier urbain saccagé et vitrines endommagées: la manifestation contre le projet de loi “sécurité globale” a été émaillée de scènes de vandalisme samedi à Paris, où la mobilisation était en baisse comme dans le reste du pays.

À 20 heures, 64 personnes avaient été interpellées en France, selon la place Beauvau. Le parquet de Paris a de son côté fait état de 21 personnes placées en garde à vue dont deux mineurs, à Paris.

Dans la capitale, la progression du cortège a été ralentie par une série d’incidents, actes de vandalisme et autres feux sporadiques… La manifestation, partie à 14h15 de la porte des Lilas, n’a atteint son point d’arrivée, place de la République, que vers 18 heures, alors que la plupart des participants avaient déjà quitté les rangs.

Sur le chemin, au moins six voitures et un camion stationnés le long de l’avenue Gambetta, dans le XXe arrondissement, ont été incendiés et plusieurs vitrines de banques et agences immobilières ont été endommagées. Des chantiers ont servi de base d’approvisionnement en projectiles divers et des incendies sporadiques ont été allumés ça et là, par des groupes vêtus de noir et très mobiles. Enfin, l’évacuation de la Place de la République en soirée s’est faite dans un climat très tendu.

Selon une source policière, ces individus étaient au nombre de 400 à 500, au pic de la manifestation parisienne, dont ils ont occupé la tête du cortège. À Paris, 42 personnes ont été interpellées, a indiqué peu après 20 heures la Préfecture de police.

“Les casseurs cassent la République”

“Les casseurs cassent la République”, a réagi le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin à l’issue de la manifestation, faisant état de huit blessés parmi les forces de l’ordre.

“Soutien à nos policiers et nos gendarmes, une nouvelle fois très violemment pris à partie”, a-t-il écrit sur son compte Twitter au moment où la manifestation était sur le point d’être dispersée. “64 interpellations (sur l’ensemble de la France, NDLR). Parmi les blessés, 8 forces de l’ordre. Leur courage et leur honneur forcent le respect de tous.”

Un pompier a également été blessé par un jet de projectile à Paris, ont appris l’AFP et BFMTV de source policière.

Près de 90 rassemblements en France

Près de 90 rassemblements étaient programmés en France et des incidents ont également été signalés à Lyon, Dijon ou encore à Nantes, où trois policiers ont été blessés dont l’un par un cocktail Molotov selon la préfecture de Loire-Atlantique.

Ces rassemblements ont réuni 52.350 personnes sur l’ensemble du territoire, dont 5000 personnes à Paris, selon le ministère de l’Intérieur. Aucun chiffre côté organisateurs n’était disponible en fin de soirée.

La première journée de mobilisation contre le projet de loi “sécurité globale” avait mobilisé samedi dernier entre 133.000 personnes, dont 46.000 à Paris, selon le ministère de l’Intérieur et 500.000 selon les organisateurs.

Initialement prévue comme un rassemblement syndical contre la précarité, traditionnellement organisé par la CGT le premier samedi de décembre, la journée a vu s’agréger la contestation contre les violences policières et la proposition de loi Sécurité globale.

Le texte est accusé par ses détracteurs de porter atteinte “à la liberté de la presse, à la liberté d’expression et à la liberté de manifester”, et aussi d’instaurer “des outils de surveillance de masse”. La défiance à son encontre a été renforcée par le passage à tabac filmé du producteur de musique Michel Zecler par des policiers, le 21 novembre.

Le gouvernement n’a à ce jour annoncé qu’une concession: la réécriture de l’article 24, le plus polémique, encadrant l’image des policiers. La coordination réclame son retrait pur et simple, avec les articles 21 et 22 du texte, et conteste le “nouveau schéma national du maintien de l’ordre (SNMO)” qui limite la couverture médiatique des manifestations.

“Policiers floutés, justice aveugle”

Au-delà de Paris, des rassemblements ont également eu lieu ailleurs en France, notamment à Toulouse – 200 personnes contre la précarité puis un millier selon la préfecture contre la loi “sécurité globale” – Marseille (2600 personnes), Lille (1500, selon la préfecture, 5000 selon la CGT) et à Rennes, où ils étaient environ un millier selon la CGT, dont Francis, enseignant, venu “pour la liberté et pour que les policiers respectent la loi”.

À Strasbourg, les manifestants étaient environ un millier, dont Benoit, cheminot alsacien de 38 ans, dont la pancarte proclamait: “On veut des gardiens de la paix formés, pas des cowboys frustrés”. “Policiers floutés, justice aveugle”, a-t-on pu entendre à Lyon, où quelque 5.000 personnes ont manifesté, rapporte l’AFP.

C.M. avec AFP

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