Manifestation contre la loi Sécurité globale à Paris : ce que l’on sait du profil des gardés à vue – Le Parisien

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« C’est la première garde à vue de ma vie ». Matéo, 21 ans, est le premier des 25 personnes placées en garde à vue à Paris samedi, dans le cadre des manifestations contre la loi Sécurité globale, à être sorti ce dimanche. Deux autres avaient été libérées dans la nuit.

Devant les policiers du commissariat central du XIIe arrondissement de Paris, l’étudiant en sciences politiques à l’université Paris-VIII, également militant au Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) jeunes -obédience révolution permanente -, a nié être un casseur. Il explique au Parisien avoir été arrêté seul, vers 14 heures samedi, près de la Porte des Lilas, avant même le début de la manifestation.

Matéo, militant du NPA, à sa sortie du commissariat du XIIe arrondissement ce dimanche midi. LP/Jean-Baptiste Quentin
Matéo, militant du NPA, à sa sortie du commissariat du XIIe arrondissement ce dimanche midi. LP/Jean-Baptiste Quentin  

Il a été interpellé alors qu’il transportait des « torches pour farces et attrapes », censées servir, selon lui, à « mettre l’ambiance ». L’étudiant a été immédiatement placé en garde à vue pour « participation à un regroupement en vue de commettre des violences et des dégradations de biens » et « détention d’artifices de divertissement de catégorie 2 et 3 par personne non agréée ». Le jeune homme, qui dit être venu protester contre « une loi qui empêchera de manifester librement demain », est finalement convoqué devant le tribunal correctionnel le 14 janvier prochain pour la seule détention de feux d’artifice de catégorie 2 et 3.

VIDÉO. Manifestation contre la Loi sécurité globale : plusieurs incidents à Paris

Comme lui, vingt-quatre personnes, dont deux mineurs, ont été placées en garde à vue à Paris dans le cadre des manifestations de samedi, a indiqué le parquet de Paris. La majorité des gardés à vue le sont pour « participation à un groupement formé en vue de la commission de violences », et une personne est entendue pour « violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique », a précisé le parquet.

Des manifestants issus de la « mouvance ultra-jaune »

Le profil des personnes placées en garde à vue correspond, selon une source policière, à de « jeunes majeurs », dont dix viennent de province.

La moitié apparaît dans le TAJ, le ficher de traitement d’antécédents judiciaires, dont neuf pour des infractions liées aux manifestations (participation à attroupement, outrages ou violences sur personne dépositaire de l’autorité publique…), a encore indiqué cette même source. Mais très peu sont déjà connus par les services de renseignement, selon nos informations.

Il s’agirait en majorité de manifestants issus de la « mouvance ultra-jaune », selon l’expression policière utilisée pour désigner les militants radicalisés des manifestations de Gilets jaunes. C’était déjà le cas des personnes placées en garde à vue lors des incidents survenus au cours de la première manifestation du 28 novembre.

Ce samedi, des militants du collectif antifa avaient par ailleurs annoncé sur les réseaux sociaux leur venue à la marche. Et l’acronyme anglais Acab « All cops are bastards » (« Tous les flics sont des salauds »), symbole du mouvement anarcho-autonome bien connu des policiers, a été tagué à plusieurs reprises sur des arrêts de bus, murs ou façades de bâtiments au cours du parcours de la manifestation.

Ce dimanche en milieu de journée, le parquet de Paris avait indiqué avoir procédé à une convocation par procès-verbal devant le tribunal correctionnel – il s’agit de Matéo –, une convocation devant le tribunal de police, huit rappels à la loi dont six sur déferrement, et trois classements sans suite. Les autres gardes à vue se poursuivaient en cette fin d’après-midi.

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