Mali : des militaires affirment avoir arrêté le président Keïta, la communauté internationale s’inquiète – LaDepeche.fr

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l’essentiel Des militaires “nombreux et nerveux” ont affirmé à l’AFP avoir arrêté le président et le Premier ministre du Mali, laissant les pays voisins et les puissances étrangères craindre pour la stabilité d’un pays déjà confronté à des contestations sociales, alors que la menace djihadiste pèse toujours.

Des militaires maliens, “nombreux et très nerveux” selon des témoins, ont pris le contrôle d’une garnison proche de Bamako, mardi 18 août. Ce coup de force suscite l’inquiétude de la communauté internationale, notamment de la France, et des voisins du Mali quant à un éventuel renversement du président Ibrahim Boubacar Keïta. Ce dernier, ainsi que le Premier ministre Boubou Cissé, ont été “arrêtés” en fin d’après-midi à Bamako par des militaires en révolte, a affirmé à l’AFP un des chefs de la mutinerie.

Le pouvoir en place était déjà confronté depuis deux mois à une contestation sans précédent depuis le coup d’Etat de 2012. Cet événement avait à l’époque précipité la chute du nord du Mali aux mains de groupes islamistes armés, qui ont occupé cette région pendant neuf mois avant d’en être en partie chassés par une intervention militaire internationale lancée par la France en janvier 2013 et toujours en cours.

Des mutins “nombreux et très nerveux”

Les raisons de ce coup de colère n’étaient pas immédiatement claires. Ces militaires ont ensuite bouclé les accès de la garnison, selon un correspondant de l’AFP sur place. Un militaire faisant partie de ceux ayant pris le contrôle du camp a affirmé à l’AFP qu’ils détenaient “plusieurs hauts gradés de l’armée, arrêtés par les frondeurs”.

Le gouvernement malien avait réagi en demandant aux militaires de “faire taire les armes”, se disant prêt à engager avec eux un “dialogue fraternel afin de lever tous les malentendus”, selon un communiqué du Premier ministre. Ce coup de force intervient alors qu’une coalition hétéroclite d’opposants politiques, de guides religieux et de membres de la société civile multiplie ces dernières semaines les manifestations pour réclamer le départ du président Keïta, accusé de mauvaise gestion.

La France “très attentive”

La communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) “condamne vigoureusement la tentative en cours et prendra toutes les mesures et actions nécessaires à la restauration de l’ordre constitutionnel”.

Inquiets également, les Etats-Unis ont souligné, par la voix de leur émissaire pour le Sahel, Peter Pham, qu’ils “s’opposent” à tout changement de gouvernement en dehors du cadre légal, “que ce soit par ceux qui sont dans la rue ou par les forces de défense et de sécurité”.

La France, de son côté, “condamne avec la plus grande fermeté” la “mutinerie”, a réagi mardi soir le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, en appelant les militaires à “regagner sans délai leurs casernes”. “La France réaffirme avec force son plein attachement à la souveraineté et à la démocratie maliennes” et “les autorités françaises au plus haut niveau restent très attentives à l’évolution de la situation au Mali”, a insisté le ministre français.

Plus tard, le président français Emmanuel Macron a indiqué s’être entretenu avec le président Ibrahim Boubacar Keïta et ses homologues nigérien Mahamadou Issoufou, ivoirien Alassane Ouattara et sénégalais Macky Sall, et a exprimé “son plein soutien aux efforts de médiation en cours de la CEDEAO”, a indiqué mardi l’Elysée. Le chef de l’Etat “suit attentivement la situation et condamne la tentative de mutinerie en cours”, a ajouté la présidence. 

Dans l’après-midi, l’ambassade de France avait appelé les ressortissants français sur place à rester chez eux, communiquant un numéro de téléphone d’urgence.

Quelque 5 100 militaires français sont déployés au Sahel, notamment au Mali, dans le cadre de l’opération antijihadiste Barkhane.  

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