Malgré des ventes records en Europe, Amazon n’a pas payé d’impôt sur les sociétés

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2020 a été une année florissante pour le e-commerce et pour son plus éminent représentant : Amazon. La firme de Jeff Bezos a installé son siège européen au Luxembourg. Cette entité, baptisée Amazon EU Sarl, gère les ventes pour la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne, l’Espagne, et la Suède. Elle a déclaré un chiffre d’affaires record l’an dernier à 44 milliards d’euros. Pourtant, l’unité luxembourgeoise n’a payé aucun impôt sur les sociétés.

« Ces grandes entreprises numériques s’appuient sur nos services publics et notre main d’œuvre éduquée »

Pour expliquer cette information surprenante, The Guardian explique que la filiale située au Grand-Duché a subi une perte de 1,2 milliards d’euros l’an dernier, et n’était de ce fait pas imposable. Même en cas de bénéfices futurs, la société bénéficie de crédits d’impôts qui lui permettront de réduire la facture.

En période de crise, cette nouvelle n’a pas manqué d’indigner chez nos voisins. C’est notamment le cas de la députée travailliste, Margaret Hodge, qui s’est spécialisée sur les questions d’évasion fiscale. Elle explique :

Ces grandes entreprises numériques s’appuient toutes sur nos services publics, nos infrastructures et notre main-d’œuvre éduquée et en bonne santé. Mais contrairement aux petites entreprises et aux contribuables, les géants de la technologie ne versent pas équitablement dans le pot commun pour le l’intérêt général.

Amazon a également réagi à ces informations. La firme de Jeff Bezos indique qu’elle « paie toutes les taxes requises dans chaque pays où nous opérons. L’impôt sur les sociétés est basé sur les bénéfices et non sur les revenus, et nos bénéfices sont restés faibles compte tenu de nos investissements lourds et du fait que le commerce de détail est une entreprise hautement compétitive et à faible marge. »

L’entreprise rappelle aussi qu’elle a investi 78 milliards d’euros sur le vieux continent depuis 2010, notamment « dans des infrastructures qui créent des milliers de nouveaux emplois, génèrent d’importantes recettes fiscales locales et soutiennent les petites entreprises européennes. »

Ce sujet est en tout cas pris très au sérieux par la nouvelle administration de Joe Biden qui plaide pour trouver un accord mondial sur un taux minimum de taxation applicable aux grandes entreprises. Récemment, Janet Yellen, la secrétaire au Trésor américain a ainsi plaidé pour une taxe qui « permettrait de percevoir une juste part des entreprises, tout en maintenant la compétitivité de nos compagnies et en diminuant les incitations (…) aux activités offshore que nous ne voulons certainement pas récompenser ».

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