Macron tente de calmer la colère du monde de la culture avant d’annoncer des mesures – Le Figaro

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La grogne des artistes et des représentants du monde de la culture ne restera pas sans réponse. C’est, du moins, la promesse faite par Emmanuel Macron samedi 2 mai après avoir découvert une tribune signée par des dizaines d’acteurs, de comédiens, de réalisateurs et de figures du milieu réclamant des actions concrètes en faveur de la création et du spectacle. Depuis le début du confinement, tout est à l’arrêt : salles de concerts, opéras et théâtres sont portes closes,musées, galeries d’expositions, conservatoires, monuments, bibliothèques, archives sont fermés. La quasi-intégralité des festivals et manifestations de l’été ont été annulés, laissant sur le carreau le public mais aussi des milliers d’intermittents. Les tournages ont été suspendus, les enregistrements interrompus ; même les sorties de livres, de disques, de films ont été décalées à des jours meilleurs.

Dans leur tribune publiée Le Monde , Catherine Deneuve, Jean Dujardin, Clara Luciani, Oxmo Puccino ou encore Léa Seydoux, ont lancé un appel au président de la République, l’exhortant à agir afin de réparer «cet oubli de l’art et de la culture». Ils reprochent notamment au ministère de la Culture Franck Riester l’absence de précision des mesures mises en place pour aider le secteur qui «fait vivre 1,3 million de personnes». «Aux artistes qui se sont exprimés, je veux dire que je les entends. L’État continuera de les accompagner, protégera les plus fragiles, soutiendra la création. L’avenir ne peut s’inventer sans votre pouvoir d’imagination», a écrit le chef de l’État, dans un tweet posté samedi après-midi.

Pour éteindre l’incendie, Emmanuel Macron a donc choisi de «recevoir» en visioconférence douze artistes mercredi matin. Six hommes, six femmes, précisait l’Élysée mardi soir, parmi lesquels la chanteuse Catherine Ringer ou le chef d’orchestre Sébastien Daucé. L’objectif ? «Échanger sur l’impact de la crise sur leurs métiers, sur les mesures d’accompagnement pour mieux les protéger et soutenir les structures qui les produisent et les diffusent», explique les proches du président de la République. Emmanuel Macron veut «réinventer la place de la culture dans notre pays», le plus vite possible, «malgré les contraintes et l’incertitude imposées par le covid19».

À l’issue de cette réunion, des annonces, les «premières» concernant le secteur de la culture précise la présidence de la République, sont attendues. Les ministres concernés – Franck Riester pour la Culture, mais aussi, semble-t-il, Bruno Le Maire pour l’Économie et Muriel Pénicaud pour le Travail – doivent faire un point dans la cour de l’Élysée. Parmi les annonces les plus prévisibles, notamment, des mesures d’assouplissement des règles pour le calcul des heures des intermittents, une liste non exhaustive des sites, musées et monuments qui pourront rouvrir après le 11 mai (et dans quelles conditions) ou des annonces sur les manifestations qui pourraient être organisées à l’avenir. Beaucoup s’interrogent par exemple sur le maintien, sous une forme ou une autre, de la Fête de la musique le 21 juin.

La colère des organisations qui n’ont pas été invitées

Mais avant même de connaître les mesures du gouvernement, plusieurs représentants du milieu ont dénoncé les conditions d’organisation de cette conférence avec le président de la République. La Société des réalisateurs de films s’est fendue d’un communiqué, mercredi matin, dans lequel elle dénonce un rendez-vous monté «à la hâte» pour lequel «une grande partie des organisations représentatives du secteur, dont la nôtre, n’est pas conviée». «Cette absence de concertation nous inquiète», explique le syndicat qui demande, notamment, la réouverture de salles de cinéma «en concertation avec les autorités sanitaires» et la prolongation de «douze mois (à compter de la date de réouverture des lieux de spectacle) des droits à l’assurance-chômage».

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