Macron tacle Zemmour au sommet Afrique-France – Le Parisien

Spread the love

Sur la scène de la Sud Arena vendredi, Emmanuel Macron est en plein « grand débat » avec une dizaine de jeunes africains. Responsabilité de la France dans le colonialisme, paternalisme, racisme… Tous les « tabous » sont levés. Et soudain, le chef de l’État se lance dans une tirade sur la démocratie : « Quand on peut se mettre à relativiser l’égalité femme-homme, y compris dans le débat français, il faut combattre. La démocratie c’est un combat. Les forces de régressions sont toujours là. Il y a toujours des gens pour expliquer que la haine de l’autre, c’est plus fort ». Impossible de ne pas y voir une flèche adressée – sans le nommer – à Eric Zemmour.

Un peu plus tôt dans l’après-midi, le polémiste s’était fendu d’un tweet sans ambages. « Emmanuel Macron veut dissoudre la France dans l’Afrique. Que Ouagadougou reste Ouagadougou et que Montpellier reste Montpellier ! », a écrit l’essayiste identitaire, qui paraît chaque jour un peu plus proche d’une candidature à la présidentielle. Les derniers sondages parus cette semaine le créditent d’entre 13 % et 17 % des intentions de votes.

La cause de sa fureur ? Le sommet Afrique-France, accueilli à Montpellier (Hérault) conjointement par le maire socialiste de la ville, Michaël Delafosse, et Emmanuel Macron. Aucun chef d’État africain ne participe à cet événement, le président français ayant privilégié les échanges avec la société civile et la jeunesse africaine pour « renouveler » les relations entre la France et l’Afrique. Il y a notamment annoncé la création d’un « Fonds d’innovation pour la démocratie en Afrique », doté de 30 millions d’euros sur trois ans, et la restitution d’œuvres culturelles au Bénin et à la Côte d’Ivoire.

Surtout, les visions du chef de l’État et du journaliste du Figaro, adepte de la théorie du « grand remplacement », n’ont rien en commun. Toujours sur la scène de la Sud Arena, le président a appelé la France à assumer son histoire « compliquée », « ses blessures », avec le continent africain.

« Aujourd’hui, il y a beaucoup de gens qui manipulent notre histoire »

« Nous n’avons pas choisi notre histoire et notre géographie, y compris les pages les plus tragiques », a développé Emmanuel Macron. Avant de rappeler que « sept millions de Françaises et Français ont une vie intimement liée à l’Afrique ». Et de poursuivre : « On ne peut pas avoir une France qui construit son propre roman national si elle n’assume pas sa propre africanité. »

« Aujourd’hui, il y a beaucoup de gens qui manipulent notre histoire », a ajouté Emmanuel Macron, qui s’est dit prêt à accentuer le travail « de reconnaissance » des responsabilités de la France dans l’histoire coloniale et l’esclavage. C’est donc la deuxième fois que le chef de l’État fait allusion au chroniqueur d’extrême droite. « Notre identité ne s’est jamais bâtie sur le rétrécissement, ni à des prénoms, ni à des formes de crispations », avait-il lâché au milieu d’un discours de quinze minutes à la Bibliothèque nationale de France. Signe qu’à l’Élysée aussi, la candidature du polémiste prend de l’épaisseur.

Leave a Reply