Macron positif au Covid-19 : ses ministres balaient les soupçons d’imprudence – Le Parisien

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« Le président rencontre énormément de monde, et je peux vous dire que s’il n’était pas d’une vigilance absolue, en neuf mois d’épidémie, il aurait été contaminé plus tôt ». La phrase est de Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, qui volait jeudi soir sur BFMTV au secours d’Emmanuel Macron alors qu’on lui posait cette question : le chef de l’Etat, contrôlé positif au Covid 2019 jeudi, a-t-il commis une imprudence?

Si les messages de prompt rétablissement pleuvent depuis la révélation jeudi matin du test positif du président français, une autre petite musique commence à monter depuis la révélation de sa possible contamination il y a une semaine au sommet européen de Bruxelles, et surtout de l’existence d’un dîner avec dix membres de la majorité, mercredi soir à l’Elysée, quelques heures avant l’apparition des premiers symptômes.

«Une loi pour les humains et une autre pour les héros de l’Olympe»

Alors que les Français sont invités à la plus grande prudence pour les fêtes de Noël, et priés de ne pas se mettre à table à plus de six, la contamination du chef de l’Etat, qui rappelle que la maladie peut toucher n’importe qui, avance son entourage, a pour certains le goût du « faites ce que je dis mais pas ce que je fais ».

François Ruffin, député insoumis, a d’ailleurs mis les pieds dans le plat ce vendredi matin sur Twitter : « Des mecs gloutonnent des fruits de mer à 10 jusque minuit passé ! Pendant que pour nous, pour les gens normaux, c’est pas plus de 6 à table même pour le Réveillon ! Il y a une loi pour les humains et au-dessus des lois Jupiter et les héros de l’Olympe. »

Alors, imprudent le chef de l’Etat ? Ou fausse polémique ? « Le président est extrêmement attentif aux mesures barrière », a plaidé dès jeudi le directeur général de la Santé Jérôme Salomon, notant que le président s’était isolé « au moindre symptôme et avait fait un test au moindre doute ».

« Vigilance absolue »

Et ce dîner? « Le chiffre 6 qui a été donné n’est pas un chiffre scientifique ». Interrogée sur RTL, la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa n’a pas dit autre chose : « La règle des 6 à table, c’est vraiment pour les moments conviviaux, les fêtes ». Gabriel Attal a donc du insister sur BFMTV : « Il a une vigilance absolue aux gestes barrière, au port du masque, à la distanciation sociale, il y a du gel hydroalcoolique un peu partout à l’Elysée ».

Olivier Truchot, journaliste de la même chaîne, s’était d’ailleurs fendu d’un tweet cinglant jeudi, « Qu’on ne nous parle plus du 6 à table ». Répondant à ce tweet, le député LREM et ancien conseiller du chef de l’Etat Pierre Person s’en est offusqué ce vendredi: « Laisser croire qu’une réunion de travail rassemblant les principaux acteurs de la majorité s’apparente à une soirée-raclette entre potes, et que le président devrait se coucher devant Netflix à 20h, c’est du populisme de bas-étage. »

S’agissant du fameux dîner de mercredi, si la jauge a largement dépassé la recommandation de six convives, les participants ont respecté « un protocole sanitaire strict », fait valoir l’exécutif, en soulignant les grandes dimensions de la salle et de la table.

Et Bruxelles ?

« Il y avait quatre mètres d’écart entre chaque participant, on parlait avec un micro et nous portions tous un masque. Sauf pour manger… bien sûr », nous a assuré un participant. Aucun contact? Pas totalement. « En arrivant, le président nous a salués chacun par un geste du coude ».

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Les résultats des tests des participants permettront bien vite de savoir si un cluster est né lors de ce dîner.

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Quant à savoir où le président a lui-même été contaminé, tous les regards se tournent vers Bruxelles, où le président avait passé vingt heures non-stop avec les dirigeants des 27, dont une nuit de négociation – « Malheureusement, on n’est pas à l’abri d’une contamination », a même reconnu sur France 5 le ministre de la Santé Olivier Véran. Mais la semaine a été particulièrement chargée en rencontres, avec plusieurs repas de travail et sans oublier une réunion avec plus de 70 membres de la Convention pour le climat, à bonne distance.

Si l’Elysée n’avait pas encore été touché, le Covid s’est invité plusieurs fois à l’Assemblée, qui était même un cluster au printemps dernier. Pot de départ et « petits-déjeuners » avec des « intervenants extérieurs »… des collaborateurs parlementaires et sources syndicales continuent aujourd’hui de déplorer certains écarts avec les règles sanitaires à l’Assemblée, les députés assurant cependant respecter les gestes barrière.

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