Le vice-président du conseil italien, leader du M5S, explique dans une lettre au « Monde » sa visite à des candidats de la liste RIC aux élections européennes mardi.

Par Luigi Di MaioPublié aujourd’hui à 09h45, mis à jour à 09h45

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La France a annoncé, jeudi 7 février, le rappel de son ambassadeur en Italie après des « accusations répétées », des « attaques sans fondement » et des « déclarations outrancières » de la part de responsables italiens. Cette décision est notamment intervenue deux jours après la rencontre entre le vice-président du conseil italien et chef politique du Mouvement 5 étoiles (antisystème), Luigi Di Maio, et des représentants des « gilets jaunes » à Montargis, dans le Loiret, candidats de la liste RIC aux élections européennes.

Dans une lettre au Monde, ci-dessous, Luigi Di Maio explique les raisons de sa visite.

« Après le rappel par le gouvernement français de son ambassadeur [jeudi 7 février] , la première chose que je voudrais répéter avec force, c’est que l’Italie et le gouvernement italien considèrent la France comme un pays ami et son peuple, avec sa tradition démocratique millénaire, comme un point de référence, au niveau mondial, dans les conquêtes des droits civils et sociaux.

En tant que ministre du développement économique, du travail et des politiques sociales, j’ai toujours regardé la France et son système d’Etat-providence comme « l’étoile polaire » des droits sociaux européens. Je ne suis pas étonné que le peuple français montre des signes considérables de malaise vis-à-vis du démantèlement de certains de ces droits. Et ceci ne concerne pas seulement le gouvernement actuel.

« Je ne crois pas que l’avenir de la politique européenne soit dans les partis de droite ou de gauche »

Vous devriez savoir qu’en 2016 j’ai fait une visite à l’Assemblée nationale française, au moment où ont débuté les grandes manifestations populaires contre la réforme du droit du travail voulue par François Hollande, qui a ensuite été poursuivie de façon à rendre le travail encore plus précaire. Ces recettes ultralibérales ont été menées par des partis de droite comme de gauche, ont précarisé la vie des citoyens et en ont fortement réduit le pouvoir d’achat. J’avais été très marqué par le fait de trouver, parmi les revendications du manifeste des « gilets jaunes », des thèmes qui désormais dépassent la droite et la gauche et qui mettent au centre le citoyen et ses besoins, dans une attitude post-idéologique.

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