Loi sécurité globale : des incidents à Paris, au moins 30 personnes interpellées – Le Parisien

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De sérieux incidents ont éclaté samedi lors de la marche organisée par les opposants à la proposition de loi sur la sécurité globale à Paris où des voitures et des boutiques ont notamment été incendiées le long du parcours qui a regroupé 5000 manifestants à Paris. Le ministère de l’Intérieur a par ailleurs recensé 52 350 manifestants en France. A 20h samedi, 64 personnes avaient été interpellées en France, selon la place Beauvau. Le parquet de Paris a de son côté fait état de 21 personnes placées en garde à vue, dont deux mineurs, à Paris.

Plus d’une heure trente après le départ du cortège parisien, des projectiles ont été lancés sur les forces de l’ordre, qui ont répliqué en faisant usage de gaz lacrymogènes. Au moins six voitures et un camion stationnés le long de l’avenue Gambetta, dans le XXe arrondissement, ont été incendiés et plusieurs vitrines de banques et agences immobilières ont été endommagées par des casseurs, vêtus de noir et très mobiles.

Des feux sporadiques ont été allumés le long du parcours de la manifestation et des barricades sommaires ont été érigées. Pour permettre l’intervention des pompiers, les forces de l’ordre ont scindé en deux la tête de cortège, composée de quelque 4 à 500 personnes parmi lesquelles des Gilets jaunes et des militants « antifascistes ».

REUTERS/Gonzalo Fuentes
REUTERS/Gonzalo Fuentes  

« Tout le monde déteste la police », « anti anti anticapitalistes », ont notamment scandé certains participants au rassemblement dans la capitale. Des barricades ont également été incendiées.

REUTERS/Gonzalo Fuentes
REUTERS/Gonzalo Fuentes  

Par ailleurs, trente personnes ont été interpellées samedi en milieu d’après-midi à l’occasion de la manifestation à Paris contre la loi sécurité globale émaillée de nombreux actes de vandalisme et heurts entre des centaines de casseurs et les forces de l’ordre, a tweeté la préfecture de police. 19 personnes étaient en garde à vue à Paris, à 19 heures.

Les « casseurs cassent la République », a estimé samedi le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin à l’issue de la manifestation parisienne contre la loi Sécurité globale émaillée de scènes de vandalisme. « Soutien à nos policiers et nos gendarmes, une nouvelle fois très violemment pris à partie », a-t-il écrit sur son compte Twitter au moment où la manifestation était sur le point d’être dispersée place de la République. « 64 interpellations (ndlr : sur l’ensemble de la France). Parmi les blessés, 8 forces de l’ordre. Leur courage et leur honneur forcent le respect de tous. » a-t-il ajouté.

Rassemblements à Nantes, Toulouse, Marseille, Lille et Rennes

Deux CRS ont été blessés samedi après-midi à Nantes lors de la manifestation contre la loi sécurité globale, dont l’un a été touché par un cocktail molotov, a-t-on appris auprès de la préfecture de Loire-Atlantique. D’après un photographe de l’AFP présent sur les lieux, les deux policiers ont été évacués par le Samu, non loin du palais de justice. La manifestation, partie vers 15h00, a attiré environ 3 000 personnes, selon la préfecture de Loire-Atlantique. D’après le compte twitter de la police du département, il y a eu cinq interpellations.

Des rassemblements, plus de 90 rassemblements, ont également eu lieu ailleurs en France, notamment à Toulouse – 200 personnes contre la précarité puis un millier selon la préfecture contre la loi sécurité globale -, Marseille (2 600 personnes), Lille (1 500, selon la préfecture, 5 000 selon la CGT) et à Rennes, où ils étaient environ un millier selon la CGT, dont Francis, enseignant, venu « pour la liberté et pour que les policiers respectent la loi ».

« Il n’y a pas opposition entre les libertés publiques et individuelles et le fait de se battre contre la précarité et le chômage, surtout dans la période »

A Strasbourg, les manifestants étaient environ un millier, dont Benoit, cheminot alsacien de 38 ans, dont la pancarte proclamait : « Policiers floutés, justice aveugle », pouvait-on entendre à Lyon où quelque 5 000 personnes ont manifesté. « On veut des gardiens de la paix formés, pas des cow-boys frustrés ». « Il n’y a pas opposition entre les libertés publiques et individuelles et le fait de se battre contre la précarité et le chômage, surtout dans la période », a estimé le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez dans le défilé parisien.

« Si on n’a pas de liberté pour manifester, si la presse est muselée, comment allons-nous défendre nos droits ? », a abondé Murielle Guilbert, co-déléguée générale de Solidaires.

Samedi dernier, les « marches » organisées par la « coordination #StopLoiSécuritéGlobale », un collectif de multiples syndicats et associations, dont plusieurs organisations de journalistes, ont fortement mobilisé dans le pays : entre 133 000 personnes, selon le ministère de l’Intérieur, et 500 000 selon les organisateurs. La manifestation parisienne avait été marquée par de violents affrontements entre les forces de l’ordre et certains manifestants.

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