Loi de « sécurité globale » : Des manifestations « pour les droits sociaux et la liberté » dans toute la France – Le Monde

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Manifestation contre la loi « sécurité globale » à Marseille, samedi 28 novembre.

« Pour les droits sociaux et la liberté » : à travers toute la France, la mobilisation en cours contre la loi « sécurité globale » convergera samedi 5 décembre avec celle organisée par des syndicats contre la précarité, maintenant la pression sur le gouvernement.

Près de 90 rassemblements dans tout le pays sont annoncés par les organisateurs. A Paris, la manifestation partira à 14 heures de la porte des Lilas en direction de la place de la République, sous surveillance après les heurts de samedi dernier près de la Bastille. A Marseille, les manifestants sont appelés se rassembler à 14 heures sur le Vieux-Port. A Lille, le rendez-vous a été donné à 13 h 30 à la porte de Paris.

Certaines préfectures craignent que des débordements violents aient lieu ce samedi. Les préfets ont ainsi interdit tout cortège dans les centres-villes de Bordeaux et Montpellier. A Lyon, la manifestation n’est autorisée que sur la rive gauche du Rhône, où elle partira de la place du Maréchal-Lyautey à 15 heures.

Les « marches des libertés » prévues ce samedi ont été rebaptisées « marches des libertés et des justices », car elles vont souvent se tenir « en convergence avec les actions menées dans le cadre de la journée nationale contre le chômage et la précarité ». Chaque premier samedi de décembre, la CGT se mobilise partout en France pour soutenir les précaires et les chômeurs. Elle le fera cette année avec d’autres syndicats, mobilisés dans ce contexte sanitaire et social difficile.

« Suite à la crise du Covid mais aussi dans la continuité d’une logique de profit à tout prix, les plans de licenciements se multiplient de la part des grandes entreprises », écrivent la CGT, la FSU, Solidaires, et les organisations de jeunesse FIDL, UNL, MNL, UNEF.

Lire le reportage : « Il faut montrer qu’on est un “bon pauvre”, prouver qu’on n’a vraiment plus un sou » : à Lyon, la précarité étudiante renforcée par le Covid

La précarité « s’est encore développée au plus grand profit du patronat, Medef en tête, et au détriment particulièrement des femmes », déplore l’intersyndicale, qui réclame la suspension de la réforme de l’assurance-chômage et davantage d’aides pour tous les travailleurs précaires. « La jeunesse est singulièrement visée par les politiques gouvernementales régressives (baisse des APL, réformes du bac, de l’université et de la recherche…) et subit, dès qu’elle se mobilise, une répression inadmissible », selon elle, en faisant référence aux violences policières exercées lors des manifestations.

« Outils de surveillance de masse »

Au rassemblement syndical contre la précarité s’agrégera ainsi la contestation contre les violences policières et la loi « sécurité globale », que ses détracteurs accusent de vouloir porter atteinte « à la liberté de la presse, à la liberté d’expression et à la liberté de manifester », et aussi d’instaurer « des outils de surveillance de masse ». La défiance envers ce texte de loi a été renforcée par le tabassage filmé du producteur de musique Michel Zecler par des policiers.

Samedi 28 novembre, les marches organisées par la coordination #StopLoiSécuritéGlobale, un collectif de multiples syndicats et associations, dont plusieurs organisations de journalistes, ont fortement mobilisé dans le pays. 133 000 personnes ont manifesté en France, selon le ministère de l’intérieur, 500 000 selon les organisateurs.

Face à cette colère, le gouvernement n’a à ce jour annoncé qu’une concession : la réécriture de l’article 24, le plus polémique, encadrant l’image des policiers. La coordination réclame son retrait pur et simple, ainsi que celui des articles 21 et 22 du texte, et conteste le « nouveau schéma national du maintien de l’ordre » qui limite la couverture médiatique des manifestations.

Lire le récit : Loi « sécurité globale » : la majorité recule, Emmanuel Macron recadre Gérald Darmanin

« Je ne peux pas laisser dire qu’on réduit les libertés en France »

Manifestation contre la loi « sécurité globale » à Lille, samedi 28 novembre.

Accusé de multiplier les mesures « liberticides », Emmanuel Macron a tenu à s’adresser directement aux jeunes, très présents lors des dernières manifestations, dans un entretien accordé au média en ligne Brut vendredi. « Je ne peux pas laisser dire qu’on réduit les libertés en France », a affirmé à cette occasion le président de la République. « C’est un grand mensonge. On n’est pas la Hongrie ou la Turquie. »

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Le chef de l’Etat a prôné l’apaisement, en dénonçant en même temps les violences de certains policiers et celles commises contre les forces de l’ordre, notamment lors des manifestations de samedi dernier. Il a estimé qu’il devait y avoir « zéro tolérance des deux côtés ».

Dans cette interview, il a reconnu pour la première fois de son mandat le terme de « violences policières ». « Je n’ai pas de problème à répéter le terme de violences policières mais je le déconstruis » car « c’est devenu un slogan pour des gens qui ont un projet politique », notamment « l’extrême gauche », selon lui.

Il a également expliqué vouloir regarder en face la question des contrôles au faciès. Il a promis le lancement en janvier d’une plate-forme nationale de signalement des discriminations, gérée par l’Etat, la Défenseure des droits et des associations. Les caméras-piétons pour les policiers seront parallèlement généralisées.

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Le Monde avec AFP

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