Livreur mort après une interpellation à Paris : l’autopsie évoque une asphyxie “avec fracture du larynx” | LCI – LCI

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Livreur mort après une interpellation à Paris : l’autopsie évoque une asphyxie “avec fracture du larynx” | LCI

































Police

AUTOPSIE – Le livreur en scooter mort dimanche après un contrôle routier à Paris a été victime d’une asphyxie “avec fracture du larynx”, à l’origine d’un malaise cardiaque. Les avocats de la famille ont dénoncé mardi une “bavure policière”. Selon le préfet de police, “seule l’autorité judiciaire est à même d’établir les circonstances exactes de ce drame”.

Il est mort après un contrôle routier. Cédric C., ce livreur en scooter de 42 ans, a fait un malaise cardiaque après une interpellation musclée, vendredi dernier à Paris lors de son arrestation quai Branly, près de la Tour Eiffel. Transporté dans un état critique à l’hôpital, il est décédé dans la nuit de samedi à dimanche. Les conclusions de l’autopsie du père de famille réalisée lundi après-midi ont été dévoilées ce mardi 7 janvier. 

Selon les premiers éléments communiqués mardi, les médecins légistes ont fait état d’une mort par asphyxie “avec une fracture du larynx”, à l’origine d’un malaise cardiaque lors de son arrestation. “C’est une mort atroce et extrêmement violente”, a réagi Me Arié Alimi. Les examens pratiqués par l’institut médico-légal ont aussi relevé chez Cédric C. un “état antérieur cardiovasculaire”, a précisé le parquet dans son communiqué, alors que d’autres investigations médico-légales sont prévues. 

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Le procureur Rémy Heitz a annoncé avoir ouvert une information judiciaire pour “homicide involontaire” afin de faire la lumière sur cette affaire. “Nous regrettons la qualification juridique retenue par le parquet, qui est un euphémisme de la réalité”, a critiqué l’avocat. Il réclame que l’enquête soit requalifiée, conformément à la plainte de la famille, en ‘violences volontaires ayant entraîné la mort’, une infraction criminelle qui relève des assises. “Il est encore malheureux que le parquet fasse état dans des termes peu compréhensibles d’un état cardiovasculaire antérieure, s’agissant d’une hypertension qui n’a aucun lien avec les causes de la mort, afin de créer une forme de doute dans l’esprit du public”.

Une “bavure policière” pour les avocats de la famille

Mardi, lors d’une conférence de presse, les avocats de la famille avaient dénoncé une “bavure policière” causée par des techniques d’interpellation “dangereuses et disproportionnées” en s’appuyant sur des vidéos et des témoignages qu’ils ont recueillis. Sur une première vidéo, Cédric C. apparaît casqué, tournant autour des policiers en les filmant. Une autre vidéo le montre ensuite à plat ventre, toujours casqué, se débattant sous le poids de trois policiers, puis inerte sur d’autres images.

Les vidéos de son arrestation ne montrent pas sa chute mais “deux témoins indiquent qu’il a subi une clé d’étranglement”, a déclaré Me Arié Alimi. “Il n’y aucun doute sur le fait que les modalités d’interpellation – la clé, le plaquage ventral, l’étouffement – était inapproprié et hors de proportion”, a indiqué Me William Bourdon, l’autre avocat de la famille du livreur.

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Les résultats “soulèvent des questions légitimes”

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a souligné que ces premiers résultats “soulèvent des questions légitimes, auxquelles des réponses devront être apportées en toute transparence”. “Le ministre de l’Intérieur et le secrétaire d’État (Laurent Nuñez) font toute confiance à la justice et aux enquêteurs pour faire la lumière sur les circonstances exactes du décès, établir les faits et les responsabilités”, a-t-il ajouté dans une déclaration transmise à l’AFP. “Face à cette épreuve, le ministre de l’Intérieur et le secrétaire d’Etat adressent toutes leurs condoléances à la famille et aux proches de la victime”.

Dans un communiqué publié mardi soir, le préfet de police Didier Lallement a estimé que “seule l’autorité judiciaire est en mesure d’établir les circonstances exactes de ce drame et les éventuelles responsabilités qui en découleraient”, rappelant que “la présomption d’innocence est une garantie démocratique qui vaut pour tous, y compris les policiers”. 

Dimanche, une source policière indiquait que le contrôle routier avait été motivé par l’usage du téléphone portable à la main, elle avait ajouté que le livreur en scooter s’était montré “agressif” avant de proférer des insultes. Cette version est remise en cause par la famille qui rappelle que Cédric C. utilisait un micro intégré dans son casque pour téléphoner. Ses proches affirment avoir été informés par la police que le contrôle était motivé par un manque de lisibilité de la plaque d’immatriculation du scooter, sale.

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