Livres ou passages télés… Dupond-Moretti, Bachelot, Schiappa, ces ministres rattrapés par leur passé – 20 Minutes

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Eric Dupond-Moretti, lors d’un salon du livre en 2018. — PEREZ DE PEDRO/MONCEAU FREDERIC/SIPA
  • Avant d’être nommé garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti a rédigé la préface d’un livre du président de la Fédération nationale des chasseurs à paraître mardi.
  • Il y revendique être un chasseur « passionné » et s’en prend aux « ayatollahs de l’écologie », une déclaration aujourd’hui critiquée au vu de son poste actuel.
  • Comme lui, d’autres ministres ont été rattrapés par leurs faits d’armes passés.

Le dernier exemple en date, c’est Eric Dupond-Moretti, critiqué pour la préface d’un livre écrit avant sa nomination. Comme lui, Marlène Schiappa, Roselyne Bachelot ou même Edouard Philippe ont vu leur passé (littéraire ou pas) ressurgir quand ils sont entrés au gouvernement.

Eric Dupond-Moretti, contre les « ayatollahs de l’écologie »

Ses mots ont suscité de nombreux commentaires. Eric Dupond-Moretti était encore avocat quand il a écrit la préface du livre du président de la Fédération nationale des chasseurs Willy Schraen. Dans ce livre, qui doit paraître ce mardi, celui qui est aujourd’hui ministre de la Justice se décrit comme un chasseur « passionné » et fustige certains écologistes.

« Ce livre, les ayatollahs de l’écologie s’en serviront pour allumer le barbecue où ils cuiront leurs steaks de soja », écrit l’ex-avocat dans la préface d’Un chasseur en campagne (éd. Broché). Il y qualifie les défenseurs de la cause animale d’« illuminés » et d’« intégristes », selon des extraits cités par le JDD. « Ils veulent que nous ayons honte d’être chasseur, (…) nous culpabiliser d’être ce que nous sommes, car nous sommes aussi notre passion. Et depuis trop longtemps nous refusons de nous défendre, convaincus sans doute que l’intolérance et l’absurde ne méritent pas de réponse », écrit-il.

L’ex-ténor des barreaux explique qu’il n’a « pas honte » quand il « tue un perdreau » et quand il se « délecte de la chair de l’oiseau ». Il salue le livre, un « petit bijou », fait « pour que les chasseurs relèvent la tête ».

A la polémique soulevée par ses propos alors qu’il appartient aujourd’hui à un gouvernment qui se targue d’ériger l’écologie parmi ses priorités, Eric Dupond-Moretti a tenté une explication : « Je n’ai jamais incriminé les écologistes mais des ayatollahs de l’écologie. Les premiers sont pour moi bien différents des seconds. Y a-t-il encore de la place pour la nuance et le rassemblement dans notre société ? » C’est une nouvelle entaille dans la com du garde des Sceaux, déjà critiqué par des associations féministes pour ses positions sur le mouvement #MeToo. Pour sa défense, il avait assuré être « féministe » et « pour une égalité absolue des droits des hommes et des droits des femmes ».

Roselyne Bachelot, reine du shopping

Elle vient de faire son retour en politique après plusieurs années d’absence. Roselyne Bachelot a été nommée ministre de la Culture de Jean Castex, après s’être reconvertie, pendant plusieurs années, en tant qu’animatrice télé et radio. A peine un mois après sa nomination, sa participation à l’émission de téléréalité « Les Reines du Shopping », sur M6, a suscité un tollé. Cette semaine spéciale « célébrités » doit être diffusée le 24 août sur M6. Sur Twitter, la ministre n’a pas manqué de répondre à ses détracteurs, rappelant que l’émission était destinée à financer une association de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Marlène Schiappa, sur l’amour des rondes

Jusque-là inconnue du grand public, Marlène Schiappa est nommée secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes en 2017. Très vite, son passé d’autrice refait surface et des extraits de son livre Osez l’amour des rondes (éd. La Musardine, 2010), consacré à la vie sexuelle des femmes rondes, sont publiés. Sur le site de L’Obs, elle explique sa démarche en 2010 : « C’est un livre érotico-rigolo sur/pour les rondes, détaille-t-elle. Mon but en écrivant ce livre c’était justement de sortir les rondes du ghetto ; comme je le fais dans l’agence de presse où je travaille : j’essaye d’habituer l’œil à voir des rondes, de sortir un peu de ces clones maigres-jeunes-blondes… »

Problème : pour certaines, le livre est à côté de la plaque, comme l’expliquait la blogueuse Daria Marx à 20 Minutes en 2017 : « C’est un concentré de grossophobie mais aussi de sexisme. Sexisme car au final, Marlène Schiappa ne cesse de définir la femme grosse qu’à travers le prisme du plaisir qu’elle est censée offrir à l’homme ».

Frédéric Mitterrand, tourisme sexuel

Il était ministre de la Culture sous la présidence de Nicolas Sarkozy quand le scandale est arrivé. Frédéric Mitterrand est l’auteur du livre La mauvaise vie (éd. Robert Laffont), paru en 2005. Dans ce récit semi-autobiographique, le neveu de François Mitterrand évoque son goût pour les relations tarifées avec des « garçons ». Interrogé sur l’âge de ces « garçons », le ministre a assuré à l’époque : « J’étais chaque fois avec des gens de mon âge ou de cinq ans de moins. » Frédéric Mitterrand a tenu à préciser qu’il ne s’agissait « en aucun cas de l’apologie du tourisme sexuel, même si un des chapitres est la traversée de cet enfer ».

Il a par ailleurs dénoncé « l’amalgame » qui voudrait que les « garçons » soient des mineurs, assurant qu’il n’avait « jamais fait de mal » à qui que ce soit. « Oui, j’ai eu des relations avec des garçons, mais il ne faut pas confondre l’homosexualité et la pédophilie », avait déclaré le ministre de la Culture. Sommé de démissionner par plusieurs responsables politiques, dont Marine Le Pen, Frédéric Mitterrand avait refusé de quitter ses fonctions.

Edouard Philippe, dans les coulisses dark de la politique

Edouard Philippe n’est pas seulement l’un des hommes politiques les plus populaires auprès des Français. Il est aussi l’auteur de deux romans, écrits en collaboration avec son ami Gilles Boyer. Son livre Dans l’ombre (JCLattès, 2011) a soulevé une petite polémique lors de sa nomination comme Premier ministre en 2017. « Les pensées érotico-machistes du héros d’Edouard Philippe », titrait L’Express à l’époque.

Dans ce thriller, qui traite des coulisses de la vie politique, entre coups bas et solitude, quelques phrases ont été ressorties, comme quand le narrateur décrit la rivale de son candidat : « Elle avait en elle cette imperceptible sécheresse des femmes qui ne seraient jamais mères, ce qui en faisait, assurément, une redoutable politique : un cœur d’homme dans un corps de femme. » Autre analyse, un peu moins politique : « Une vraie poitrine, c’est rond, c’est confortable (…), on doit pouvoir mettre son nez au milieu avec jubilation. »

Selon Gala, Edouard Philippe penserait à écrire un nouveau roman avec son complice. Un nouveau livre qu’il pourra nourrir de son expérience récente…

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