La semaine qui vient de s’écouler est presque apparue comme une semaine de provocation, alors que les Gilets Jaunes ont annoncé une séance violente le samedi 20 avril. Tout se passe comme si les marcheurs tenaient vraiment à déclencher un mouvement de violence dans l’opinion. 

Les bras nous en tombent. On pouvait penser que, dans la foulée des violences de décembre, la majorité parlementaire et le gouvernement prendraient leur précaution (comme ils l’avaient promis) pour fédérer le pays et éviter les provocations inutiles. On se souvient qu’Emmanuel Macron lui-même avait regretté l’emploi de certaines phrases ou de certains mots qui avaient froissé l’opinion. 

Chassez le naturel! il revient au galop…

Le gouvernement suicide la restitution du Débat

Début janvier, le gouvernement n’avait guère été élégant avec Chantal Jouanno, président de la Commission du Débat Public, qui refusait de cautionner la méthode choisie pour consulter les Français. Les réticences de l’intéressée ne semblent pourtant pas avoir été infondées. La polémique fleurit aujourd’hui sur la sincérité des contributions que le gouvernement retire de cette opération. 

Alors qu’Édouard Philippe, lundi dernier, protestait la main sur le coeur de sa bonne foi, le pire est désormais à craindre sur la façon grossière dont le gouvernement procède pour truquer les résultats à son avantage. Résultats non pris en compte, copier-coller massifs de contributions complaisantes, trolls qui ont faussé les résultats, sous-estimation des contributions qui déplaisent. 

On n’imaginait pas que méthodes aussi bananières seraient utilisées pour fausser les conclusions. Il ne fallait pourtant pas être grand clerc pour deviner que des ficelles aussi grosses ne tarderaient pas à être vues. Insoutenable légèreté de ceux qui pensent encore que « plus c’est gros, mieux ça passe ».

Gilles Le Gendre épinglé…

De son côté, Gilles Le Gendre a fait fort. Il est parvenu à assurer l’ensemble du débat sur la loi Pacte sans annoncer que son épouse était recrutée au comité de direction de l’une des entreprises publiques privatisées par la loi. Ce n’est pas que ce soit formellement interdit. Mais forcément, ça pose question.

Là encore, seule l’insoutenable légèreté de la majorité parlementaire peut s’offusquer de la polémique que ce genre de recrutement crée. Il ne faut pas être grand clerc pour deviner que l’opinion, assoiffée de justice fiscale et épuisée par les impôts, tolère de moins en moins ce genre de collusion. 

C’est d’autant plus vrai que LREM avait pour mandat de régler la question du népotisme à l’Assemblée Nationale, dans la foulée des polémiques liées au recrutement de Pénélope Fillon par son mari. 

Un conseiller de Macron dans le viseur

Parallèlement, GE France vient d’annoncer la nomination au poste de directeur général de son directeur des affaires publiques, c’est-à-dire de son lobbyiste officiel. L’impétrant n’est autre que le conseiller aux restructurations qui a piloté le rachat d’Alstom en 2014 et 2015, au sein du cabinet d’Emmanuel Macron alors ministre de l’Économie. 

On ne peut tenir Emmanuel Macron pour responsable direct de cette nomination, mais elle fait mauvais genre. Là encore, un sentiment d’insoutenable légèreté nous étreint. Personne n’a donc expliqué à General Electric que cette décision apparaîtrait comme une provocation dans un contexte de rejet massif de la classe politique et de la technostructure?

L’insoutenable légèreté de la majorité

Ce qui agace, dans ces dossiers qui se succèdent, ce n’est pas en soi la gravité de chacun de ces faits. C’est leur succession en si peu de temps troublés et traversés par autant de polémiques et de passions. On se demande si les marcheurs ont bien compris dans quel monde ils vivaient, et s’ils ont connaissance de ce qui se passe dans les rues. S’ils prennent le métro, s’ils entendent les conversations de bistrot, s’ils lisent les commentaires haineux, hystérisés, qui fleurissent un peu partout sur Internet sous la plume de Français en colère contre eux. 

Tout se passe comme si cette majorité au pouvoir était constituée de sourds et d’aveugles, qui continuaient à danser alors que le volcan gronde et s’éveille. 

La France de Macron, c’est la noblesse romaine à Pompéi. L’éruption arrive, et partout les banquets se préparent pour fêter le crépuscule du jour. 

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