L’incendie dans le Var est « fixé, mais pas éteint » – Le Monde

Spread the love
Le feu est parti lundi après-midi d’une aire de l’autoroute 57, au nord-est de Toulon.

L’incendie qui ravage l’arrière-pays de Saint-Tropez depuis lundi est désormais « fixé, mais il n’est pas maîtrisé », a annoncé vendredi 20 août le préfet du Var, Evence Richard. Après une nuit calme, plus de mille pompiers restaient mobilisé vendredi matin.

« “Fixé” veut dire que la tête du feu n’avance plus, mais il n’est pas éteint », a précisé le directeur du service départemental d’incendie et de secours du Var, le colonel Eric Grohin. Ce dernier a ajouté qu’un vent d’ouest était annoncé dans la journée et que des reprises de feu n’étaient donc pas exclues. « Il faut rester extrêmement prudent, avec la baisse de l’humidité, la hausse des températures et le vent attendu », a insisté M. Richard. « On ne peut pas exclure de nouveaux départs de feu », a encore averti le préfet.

Lire le reportage : « Ce feu est hors norme par sa vitesse, son ampleur et sa complexité »

Au total, le feu a parcouru 8 100 hectares et brûlé 7 100 hectares de forêt, de vignes et de garrigues, dévastant notamment près de la moitié de la Réserve nationale naturelle de la plaine des Maures, un havre de biodiversité proche du départ du feu, parti au bord d’une aire d’autoroute de l’A57, au nord de Toulon.

Des mégots ont été identifiés par les enquêteurs sur l’aire d’autoroute, mais il est « très anticipé » de dire qu’ils sont effectivement à l’origine du sinistre, a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) le procureur de la République de Draguignan, Patrice Camberou. « Ces mégots sont une cause possible, mais pas forcément la cause », a ajouté le magistrat, qui estime nécessaire de recourir à une expertise complémentaire, en plus de celle des gendarmes.

Jeudi, la gendarmerie du Var a publié un appel, dans le cadre de l’enquête judiciaire en cours, pour recueillir « le témoignage de personnes ayant des informations à communiquer sur les circonstances du départ du feu ». « Il s’agit d’être sûr qu’on n’est pas passé à côté de quelqu’un qui aurait vu quelque chose », avait expliqué M. Camberou.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Incendie dans le Var : « Ces “mégafeux” modifient l’écosystème, et peut-être pour toujours »

10 000 personnes évacuées

Quant au bilan humain, il est toujours de deux morts, les corps calcinés ont été retrouvés dans une propriété de Grimaud, dans un hameau d’une vallée encaissée, et de vingt-six blessés – vingt-neuf civils, légèrement intoxiqués, et sept pompiers.

Cet incendie, en plein cœur de l’été, dans un département très touristique, a nécessité l’évacuation de quelque 10 000 personnes. Mercredi soir, 1 300 vacanciers du camping PachaCaïd du village de La Môle ont pu regagner leurs tentes et mobil-homes, des milliers d’autres ont passé une troisième nuit dans des hébergements d’urgence.

Le bilan est également très lourd pour les producteurs de rosé de Provence. Certains viticulteurs ayant vu leur matériel ou hangars réduits en cendres. La réserve naturelle des Maures, havre de biodiversité, a également été en partie ravagée.

Plusieurs pays du pourtour méditerranéen, d’Israël au Maroc, en passant par l’Algérie et l’Espagne ont été touchés par de graves incendies cet été. Selon un rapport réalisé par Météo-France en 2010, il y a une augmentation constante de la fréquence des jours présentant un danger météorologique de feux de forêts, ainsi qu’un allongement de la saison propice aux incendies dus au dérèglement climatique.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi La planète est entrée dans l’ère des « mégafeux »

Le Monde avec AFP

Leave a Reply