Liban, coronavirus, canicule, Niger… Les infos à retenir du week-end – Le Monde

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  • Les Libanais manifestent leur colère après l’explosion du port de Beyrouth, les donateurs internationaux se réunissent

Des manifestants sur la place des Martyrs protestent contre les élites politiques et le gouvernement après l’explosion meurtrière qui a eu lieu cette semaine dans le port de Beyrouth et qui a dévasté une grande partie de la capitale libanaise, le 8 août.

Le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, a appelé à « agir vite et avec efficacité » pour que l’aide « aille très directement » à la population libanaise, dimanche, lors d’une visioconférence internationale de soutien cinq jours après la gigantesque explosion à Beyrouth. Cette réunion virtuelle, coorganisée en quelques jours par les Nations unies (ONU) et la France, a réuni une quinzaine de chefs d’Etat et de gouvernement, et, au total, une trentaine de pays y étaient représentés.

M. Macron, qui a estimé que c’était l’avenir du pays qui se jouait actuellement, a aussi appelé les autorités libanaises à « agir pour que le pays ne sombre pas », l’exhortant à « répondre aux aspirations que le peuple libanais exprime en ce moment même légitimement dans les rues. »

Dans la capitale, le week-end a été marqué par des manifestations contre la classe dirigeante du pays, tenue responsable de la catastrophe.

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Le premier ministre, Hassan Diab, avait annoncé, dans la soirée de samedi, qu’il allait proposer des élections parlementaires anticipées pour « sortir de la crise structurelle ». Il a ajouté qu’il était prêt à rester au pouvoir « pendant deux mois », le temps que les forces politiques s’entendent à ce sujet. Face à l’ampleur du drame et l’ire de la population, la ministre de l’information, Manal Abdel Samad, a annoncé sa démission, la première d’un membre du gouvernement d’Hassan Diab depuis l’explosion mardi.

Des gens nettoient les débris de la rue après l’explosion de mardi dans la zone portuaire de Beyrouth, au Liban, le 9 août

La déflagration a été causée par 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium stockées depuis six ans au port de Beyrouth. « Sans mesures de précaution » de l’aveu même du premier ministre. Elle a creusé un cratère de 43 mètres de profondeur, d’après une source de la sécurité libanaise.

Lire aussi le témoignage de Diane Mazloum, écrivaine : « Peut-être que cette destruction radicale de Beyrouth est notre ultime chance de changer “radicalement” »

Les recherches pour retrouver la vingtaine de personnes toujours portées disparues se sont poursuivies ce week-end dans le champ de ruines qu’est devenu le port. Après plusieurs jours « d’opérations de recherche et de sauvetage, nous pouvons dire que nous avons fini la première phase, celle offrant la possibilité de retrouver des gens vivants », a toutefois rapporté le colonel Roger Khouri, à la tête du régiment du génie militaire, dimanche. L’explosion a fait 158 morts et plus de 6 000 blessés selon un dernier bilan du ministère de la santé.

  • Huit personnes, dont six touristes français, tuées au Niger par des hommes armés

Un groupe de huit personnes, six Français et deux Nigériens – un guide touristique et un chauffeur –, a été tué dimanche par des hommes armés venus à moto dans la zone de Kouré, au Niger, a appris à l’Agence France-Presse le gouverneur de Tillabéri, Tidjani Ibrahim Katiella. La région abrite les derniers troupeaux de girafes d’Afrique de l’Ouest. « Nous sommes en train de gérer la situation, on donnera plus d’informations après », a ajouté le gouverneur, qui n’a pas donné de détails sur les circonstances de l’attaque, ni sur l’identité des assaillants.

Pays parmi les plus pauvres d’Afrique, le Niger, qui fait face à la désertification de ses campagnes et à l’afflux de familles dans les centres urbains, est confronté à des attaques incessantes de Boko Haram et à la menace djihadiste.

Le Quai d’Orsay y déconseille les voyages, la majeure partie du pays est d’ailleurs est en « zone rouge » (déplacement formellement déconseillé). La région de Kouré, dans le sud-ouest du pays, où s’est déroulée l’attaque, est elle en « zone orange » : les voyages y sont déconseillés, sauf en cas de raison impérative.

  • Covid-19 : plus de 100 000 morts au Brésil ; le port du masque obligatoire dans certaines rues de Paris dès lundi

Le seuil des 100 000 morts du Covid-19 a été franchi samedi au Brésil, le deuxième pays du monde le plus lourdement frappé par la pandémie.

Une projection sur un bâtiment en hommage aux morts du Covid-19 au Brésil : « 100 000 victimes de Bolsonaro [le président] ». Le pays est devenu le deuxième au monde à passer ce triste seuil des 100 000 morts. Dans le quartier de Botafogo à Rio de Janeiro, le 8 août.

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Les Etats-Unis, confrontés à une résurgence de l’épidémie depuis la fin de juin, restent de loin le pays qui déplore le plus de morts, avec plus de 162 000 décès. En outre, le pays a franchi le seuil, dimanche, des 5 millions de cas officiels d’infection, selon le comptage de l’université Johns-Hopkins, qui fait référence. Le cap des 4 millions de cas y avait été atteint il y a un peu plus de deux semaines. Le président, Donald Trump, a par ailleurs dévoilé dans la soirée de samedi un nouveau plan d’aide pour soutenir les millions d’Américains frappés par le chômage ou menacés d’expulsion de leur logement.

En Europe du Nord, où une vague de chaleur s’accompagne de températures dépassant les 35 °C, les autorités tentent tant bien que mal de dissuader la population de s’agglutiner sur les pelouses et les plages, et de faire respecter les gestes barrières. L’épidémie a fait plus de 213 000 morts sur le continent et donne d’inquiétants signes de redémarrage.

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C’est le cas notamment en France où « les indicateurs se dégradent », a mis en garde vendredi la direction générale de la santé (DGS). Dans ce contexte, le port du masque sera obligatoire dans les « zones à forte concentration de personnes » de l’agglomération parisienne dès lundi 8 heures et pour d’une durée d’un mois. La mesure, qui s’appliquera aux personnes âgées de plus de onze ans, concerne aussi certains secteurs des départements voisins (Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine, Val-d’Oise et Val-de-Marne). Le masque sera également obligatoire dans l’ensemble des marchés publics en plein air, des brocantes et des vide-greniers.

  • La canicule s’étend en France métropolitaine avec quinze départements en alerte rouge

Dimanche, la canicule a gagné du terrain en France métropolitaine, où quinze départements ont été placés en alerte rouge par Météo-France : l’Eure, Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-d’Oise, le Val-de-Marne, la Seine-Maritime, les Yvelines, l’Essonne, la Seine-et-Marne, l’Oise, l’Aisne, la Somme, le Pas-de-Calais, et le Nord.

L’alerte rouge canicule, qui n’est utilisée que pour la troisième fois, après deux précédents en 2019, concernait déjà depuis vendredi Paris et huit autres départements, en raison « du risque de surmortalité lié à la pollution à l’ozone et au Covid, ainsi qu’en lien avec la sensibilité dans les zones fortement urbanisées », détaille l’organisme.

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La vigilance orange canicule concerne, elle, 54 départements allant du Sud-Ouest au Nord et Nord-Est. Ce phénomène devrait prendre fin « par l’ouest à partir de mercredi » seulement, avec une dégradation orageuse marquée.

  • A Maurice, des efforts continus pour éviter une marée noire

Un homme ramasse le pétrole qui s’est échappé du navire « MV Wakashio », qui s’est échoué à la fin de juillet près du parc marin de Blue Bay, au sud-est de l’île Maurice, le 8 août.

Des efforts désespérés pour éviter une catastrophe écologique dans les eaux cristallines de l’île Maurice étaient en cours ce week-end, avec le secours de la France, après qu’un pétrolier contenant 4 000 tonnes de carburant s’est échoué dans cette zone maritime protégée.

La police mauricienne avait prévu d’aborder, dimanche, le vraquier Wakashio, échoué depuis le 25 juillet sur la côte sud-est de l’île, afin d’étudier le meilleur moyen d’évacuer sa cargaison de carburants et d’éviter une pollution d’envergure. Dans l’attente de cette intervention, des centaines de volontaires se sont pressés sur la côte pour la protéger du fioul.

  • En Biélorussie, Loukachenko brigue un nouveau mandat face à une opposition unie

Les Biélorusses se sont rendus aux urnes, dimanche, pour désigner leur président. Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis vingt-six ans, brigue un sixième mandat consécutif, mais doit faire face à l’opposition imprévue de Svetlana Tikhanouskaïa.

Cette ancienne professeure d’anglais est sortie de l’ombre après l’arrestation au mois de mai de son mari, le blogueur Sergueï Tikhanovski, qui s’était porté candidat et dont elle a repris le flambeau. Lors de la campagne, elle a créé la surprise, attirant des foules et réussissant à unir, autour d’elle, d’autres figures de l’opposition.

Lire aussi le récit : En Biélorussie, la « révolution des femmes » ébranle le président Loukachenko
Le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, lors de l’élection présidentielle à Minsk, en Biélorussie, le 9 août.

Pour autant, M. Loukachenko semble assuré de décrocher sa réélection. Mais l’ex-directeur de kolkhoze, âgé de 65 ans, pourrait être confronté après le scrutin à une nouvelle vague de manifestations contre la situation économique dégradée et sa gestion de la crise sanitaire et pour les droits civiques. D’après des associations de défense des droits de l’homme, quelque 1 300 personnes ont été arrêtées récemment sur fond de durcissement de l’attitude des autorités.

Lire aussi l’analyse : En Biélorussie, l’usure du régime autoritaire

Et aussi :

Afghanistan. Des pourparlers de paix historiques entre Kaboul et les talibans sont « sur le point » de débuter, a annoncé le gouvernement afghan dimanche, après la décision par une grande assemblée de libérer 400 prisonniers talibans coupables de crimes graves.

Inde. Au moins 18 personnes ont été tuées et plus de 120 blessées, lorsqu’un avion de ligne de la compagnie Air India Express a quitté la piste et s’est brisé en deux après avoir atterri en pleine tempête dans l’Etat du Kerala, dans le sud du pays.

Pologne. Des milliers de personnes ont manifesté, samedi dans les rues de Varsovie, après l’arrestation d’une militante LGBT et l’interpellation d’une cinquantaine de contestataires qui tentaient de s’y opposer.

Le Monde

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