Les Vingt-Sept s’accordent sur des mesures restrictives contre la Turquie – Le Monde

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Réunion des dirigeants de l’Europe des Vingt-Sept à Bruxelles, le 10 décembre.

Trois brouillons successifs et, après de longues heures de discussion au Conseil européen, dans la nuit du vendredi 11 décembre, une décision à même de satisfaire, a minima, les pays partisans de sanctions contre la Turquie, comme les plus réticents : des mesures restrictives individuelles seront décidées, visant vraisemblablement des responsables des opérations d’exploration gazière menées dans les eaux chypriotes et grecques de la Méditerranée. Et si Ankara ne change pas son fusil d’épaule, d’autres décisions pourraient tomber en mars prochain.

Les chefs d’Etat et de gouvernement devaient en principe mettre à exécution la menace qu’ils avaient brandie en octobre dernier : si le régime d’Ankara ne cessait pas ses « provocations », sa « rhétorique agressive » et s’il poursuivait ses missions navales, il serait sanctionné. « Quelles que soient les déclarations qui ont été faites depuis quelques jours, ou quelques semaines, la Turquie n’a pas manifesté son intérêt pour le dialogue », affirmait-on de source française.

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Jeudi, un premier tour de table confirmait cependant que ce point de vue ne faisait pas l’unanimité, loin de là. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, de son côté, déclarait, à la veille de la réunion de Bruxelles, qu’il ne s’inquiétait « pas vraiment ». Il critiquait, une nouvelle fois, le non-respect par l’Europe de ses « promesses » depuis l’ouverture des négociations d’adhésion en 2005 et évoquait le soutien que lui manifestent des pays européens qu’il qualifie d’« honnêtes ».

Préserver les liens commerciaux

Il désignait ainsi, sans les nommer, la Hongrie et la Bulgarie, peu désireuses de mettre en péril leurs bonnes relations commerciales avec Ankara. Ces deux pays, comme la Pologne, refusent, en outre, l’accueil de migrants et prônent donc pour le maintien de l’accord conclu par l’Union européenne (UE) avec M. Erdogan en 2016 pour arrêter les traversées vers l’Europe et organiser les renvois depuis la Grèce.

Malte, l’Italie et l’Espagne sont, elles aussi, prudentes afin de préserver leurs liens commerciaux, énergétiques ou militaires. L’entreprise étatique espagnole Navantia achève par exemple, à Istanbul, la construction du premier porte-aéronefs de la marine turque.

Quant à l’Allemagne, qui exerce actuellement la présidence tournante de l’Union, sa position est fluctuante. Au cours des dernières semaines, la diplomatie allemande a, en tout cas, freiné les ardeurs de la Grèce, de Chypre et d’autres prônant des sanctions dures. La France, bête noire de M. Erdogan, entendait, elle, « défendre la souveraineté et la stabilité » de la Grèce et de Chypre. Paris espérait aussi mettre en évidence le rôle déstabilisateur de la Turquie dans le voisinage de l’Europe, à savoir aussi en Libye, au Moyen-Orient ou au Haut-Karabakh.

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