Les vacances de Noël s’invitent dans le conflit sur les retraites – Journal La Croix

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Durant tout le week-end, les petites phrases se sont succédé, de la part du gouvernement comme des syndicats, pour maintenir la pression sur cette réforme des retraites. Le temps de la négociation va arriver mais, en attendant, chacun campe sur ses positions.

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« C’est très simple : pour que la CFDT porte un autre regard sur ce projet de loi, le gouvernement doit accepter de retirer l’âge d’équilibre. Un point, c’est tout », a martelé Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT dans un entretien au JDD, dimanche 15 décembre. Le texte dévoilé mercredi 11 décembre, prévoit la mise en place progressive entre 2022 et 2027, d’un « âge d’équilibre » à 64 ans. « C’est une proposition, c’est négociable et notre porte est ouverte », a toutefois assuré Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d’État chargée de l’économie, sur BFMTV, samedi 14 décembre.

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Avec les autres syndicats, la CFDT appelle donc toujours à la nouvelle journée d’action qui doit se tenir mardi 17 décembre. Il s’agira alors du treizième jour de blocage dans les transports, à la SNCF et à la RATP.

Trêve ou pas trêve pour Noël

Et après ? C’est la question que tout le monde se pose avec les vacances de Noël qui approchent à grand pas. Édouard Philippe a haussé le ton, dans un entretien au Parisien, dimanche 15 décembre. « Il faudra que chacun prenne ses responsabilités. Je ne crois pas que les Français accepteraient que certains puissent les priver de ce moment », a déclaré le premier ministre. « Je ne souhaite pas de blocage des transports pour Noël. Ne faisons pas payer l’addition aux usagers », lui a répondu le numéro un de la CFDT.

À l’inverse, Laurent Brun, le secrétaire général de la CGT-Cheminots, premier syndicat de la SNCF, continue de rejeter toute idée de « trêve », si le gouvernement ne retire pas d’abord sa réforme. L’Unsa ferroviaire, deuxième organisation représentative dans l’entreprise, se montre plus ouverte. « La situation peut s’arranger très rapidement. Mais pour que les trains roulent, il faut un message positif du gouvernement », assure Roger Dillenseger, un de ses responsables.

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a assuré dimanche sur BFM TV qu’un arrêt de la grève des transports avant Noël était possible « si le gouvernement retire son projet » de réforme des retraites, « sinon, les grévistes décideront de ce qu’ils ont à faire jeudi ou vendredi ».

La moitié des voyageurs auront des trains

À la SNCF, les dirigeants sont sur le pont. Jean-Pierre Farandou, qui a appelé les cheminots à « faire une pause » pendant les fêtes dans un message vidéo, doit présenter au premier ministre, mardi 17 décembre, une prévision du trafic pour le week-end prochain, celui des départs en vacances. « La moitié des voyageurs » auront des trains pour pouvoir passer les fêtes en famille, a déjà annoncé Rachel Picard, la directrice générale de Voyages SNCF.

L’entreprise promet également de proposer une alternative sur un autre train, plus tôt ou plus tard dans la journée, pour ceux dont le train aurait été annulé. Tous ceux ayant réservé pour les journées des 23, 24 et 25 décembre, devraient être fixés jeudi 19 décembre.

Car ce n’est pas parce que les cheminots reprennent le travail que les trains repartent aussitôt. « Quand une grève s’installe dans le temps, il devient de moins en moins rapide de revenir à une situation normale », rappelle Gilles Dansart, directeur du site spécialisé Mobilettre.

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