Les pays d’Europe de l’Est ne veulent pas se noyer sous les cyberattaques

Spread the love
Les pays d'Europe de l'Est ne veulent pas se noyer sous les cyberattaques

Alors que le nombre de cyberattaques explose dans le monde, une région n’est pas épargnée : il s’agit de l’Europe de l’Est, où les pays s’interrogent quant à leurs capacités de cyberdéfense. Au cours de l’année écoulée, certains d’entre eux, comme la Macédoine du Nord, ont déjà été victimes de violations de leurs systèmes informatiques.

L’été dernier, le processus électoral du pays a été perturbé par des attaques DDoS massives qui se sont produites la nuit des élections. Les pirates informatiques ont pris pour cible le site web de la commission électorale nationale, qui a été inaccessible pendant quelques jours avant que les résultats des élections ne soient finalement mis à la disposition du public macédonien.

En 2019, dans la Bulgarie voisine, plus de cinq millions de personnes se sont vues voler leurs données personnelles en violation de l’agence fiscale nationale. La base de données piratée a ensuite été partagée entre différents forums de piratage, comme l’avait signalé ZDNet à l’époque.

publicité

Dos au mur

Peu après ces attaques, les responsables bulgares ont reconnu la nécessité d’investir davantage dans la cybersécurité. La ministre bulgare des affaires étrangères, Ekaterina Zaharieva, a déclaré que le pays s’efforcerait d’augmenter le nombre de spécialistes en informatique dans l’administration publique. Le pays a également signé une feuille de route de 10 ans avec les Etats-Unis, visant à renforcer la modernisation de son armée et la cybersécurité.

La Roumanie, voisine de la Bulgarie, a également été confrontée à plusieurs cyberattaques la même année, surtout via des ransomwares visant les systèmes informatiques des hôpitaux du pays. Si cela s’était produit pendant l’actuelle pandémie, les conséquences pour le système de santé du pays auraient pu être désastreuses. La communauté de la cybersécurité, ainsi que les experts et les professionnels de l’informatique des Balkans, tirent la sonnette d’alarme concernant les capacités de cybersécurité des diverses institutions publiques de ces pays.

Le fragile état de la cybersécurité dans les pays de la région pourrait encore être exploité par des groupes de pirates informatiques et des acteurs malveillants. En ciblant plusieurs agences ou institutions étatiques, de telles attaques pourraient également avoir des conséquences sur leurs économies – par exemple, une attaque contre le système bancaire pourrait provoquer une perturbation majeure. Et la plupart de ces pays n’ont pas les ressources nécessaires, comme leurs homologues occidentaux, pour investir dans le renforcement de leur cyberdéfense, malgré leur volonté de le faire.

Des pistes à creuser

Même s’ils le faisaient, des attaques comme celles qui ont eu lieu aux Etats-Unis montrent qu’il n’existe aucune garantie quant au potentiel que peuvent avoir les différentes cybermenaces. Lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre une stratégie de cybersécurité efficace, de nombreux facteurs peuvent jouer un rôle essentiel dans ce processus, affirment les experts. Dans la plupart des cas, le facteur humain s’avère être le maillon le plus faible qui doit être formé à la défense contre de telles attaques.

« Le maillon le plus faible de l’internet est le facteur humain – le pare-feu humain », explique Predrag Tasevski, chercheur en cybersécurité basé à Berlin. « Il faut beaucoup de temps et de ressources pour pouvoir élaborer des politiques, des orientations et des connaissances sur la manière de faire face à de telles menaces. » Toutefois, la sensibilisation à ces questions doit également être plus approfondie et à des niveaux plus élevés, souligne le chercheur.

« Nous ne pouvons pas nous contenter de nous concentrer sur la sensibilisation au niveau national et sur l’utilisateur final. Nous devons également sensibiliser les dirigeants politiques, ainsi que les institutions. » L’une des solutions pour les pays des Balkans en développement serait d’introduire des systèmes de protection centralisés qui couvriraient les différents organismes et ministères de l’Etat. Investir dans de tels projets devrait être une priorité pour la plupart de ces pays, conviennent les experts.

L’exemple récent de Bucarest, la capitale roumaine, choisie pour accueillir le nouveau centre de cybersécurité de l’UE, pourrait également offrir une nouvelle perspective et un encouragement à la région, lorsqu’il s’agit de renforcer ses infrastructures critiques.

Source : ZDNet.com

Leave a Reply