Les gérants du Cuba libre devant la justice pour l’incendie meurtrier de leur bar en 2016 – Le Monde

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L’incendie qui avait ravagé le sous-sol de ce bar rouennais en 2016 avait causé la mort de quatorze personnes et blessé cinq autres grièvement.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 10h50, mis à jour à 12h39

Temps de Lecture 1 min.

La façade du Cuba libre, le 6 août 2017.

Avec quatorze morts, l’incendie du Cuba libre a été le plus meurtrier de France depuis 2005. Les gérants, deux frères de 48 et 40 ans, sont jugés depuis lundi 9 septembre devant le tribunal correctionnel pour « avoir involontairement causé la mort » de quatorze clients dans l’incendie de leur établissement en 2016, à Rouen. Les prévenus, aux casiers judiciaires vierges, encourent cinq ans d’emprisonnement et 76 500 euros d’amende. Le procès doit durer sept jours.

L’incendie s’était produit dans la nuit du 5 au 6 août 2016. Les victimes fêtaient les 20 ans d’une jeune femme dans le sous-sol de 24,4 m2 de ce bar aménagé – sans autorisation – en boîte de nuit, lorsque deux bougies du gâteau d’anniversaire, de type fontaine à étincelles, ont enflammé le plafond d’un escalier étroit, bas et très pentu.

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« Ils n’étaient pas en conformité »

La liste des manquements à la sécurité établis par les enquêteurs est longue : les prévenus ont « laissé verrouillée l’unique porte de secours du sous-sol », les murs et les plafonds étaient recouverts de plaques de mousse en polyuréthane insonorisante mais extrêmement inflammable et fumigène. « Les experts qui vont venir témoigner, les pompiers, les policiers, tous diront clairement que cette cave c’est un piège qui s’est refermé sur quatorze malheureuses victimes », avait estimé avant le procès Marc François, avocat de la famille d’une victime décédée.

« Ce sont des gens très marqués. Il y a eu une série de petits dysfonctionnements. Tout l’enjeu de cette audience va être de comprendre par quelle malchance cette série de dysfonctionnements a abouti au drame », a déclaré avant l’audience Antoine Vey, avocat d’un des deux frères. « Ils ne contestent aucune de leurs erreurs. Ils reconnaissent qu’ils n’étaient pas en conformité. Ils ne vont pas contester leurs manquements », a-t-il affirmé.

Deux mois après le drame, la ville de Rouen avait décidé la fermeture totale ou partielle d’une dizaine de bars musicaux pour non-respect des normes de sécurité les plus élémentaires.

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