Les gauches se déchirent autour du soutien aux policiers – Le Monde

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Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, lors du rassemblement des syndicats de policiers, devant l’Assemblée nationale, à Paris, le 19 mai.

Il aura fallu un rassemblement des syndicats de policiers pour qu’à nouveau les gauches se déchirent. Alors que le Parti socialiste (PS), le Parti communiste français ainsi que Yannick Jadot, député européen Europe Ecologie-Les Verts (EELV), avaient annoncé depuis plusieurs jours leur participation en soutien aux policiers, La France insoumise (LFI), Génération. s et EELV ont de leur côté refusé de participer au rassemblement de mercredi 19 mai devant l’Assemblée nationale.

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Pour le PS, c’était comme une évidence : « Aucune hésitation à soutenir les policiers. Ils nous protègent, nous devons les protéger. Nous devons être exemplaires », explique ainsi Olivier Faure. Le premier secrétaire était donc présent mercredi, accompagné d’une délégation de parlementaires socialistes, pour marquer sa solidarité avec les forces de l’ordre après le décès de deux d’entre eux. Deux jours auparavant, M. Faure s’était entretenu avec les représentants des syndicats policiers en visioconférence.

Le signe envoyé est clair : il s’agit de ne pas laisser le sujet, qui préoccupe tant les Français, aux seules droites (dont l’extrême droite). David Habib, secrétaire national à la sécurité, avait alerté ses camarades depuis quelques mois. « On ne peut plus éluder une question qui est parmi les premières dont parlent les Français à leur maire », insiste le député des Pyrénées-Atlantiques.

Le PS veut renouveler sa doctrine

Le temps où les socialistes se divisaient sur la pertinence de ce sujet est révolu. « Depuis Pierre Joxe, il n’y a plus débat. Pour la gauche, il s’agit d’assurer un droit à la sécurité », abonde François Lamy, ancien ministre de la ville. La direction entend profiter de l’actualité pour renouveler sa doctrine en perspective de la présidentielle, en proposant notamment le recouvrement immédiat d’amendes avec saisie des avoirs criminels ou encore la révision de la procédure pénale en fonction de la gravité de l’incrimination. « Il faut que la police puisse avoir un droit de suite avec notamment un avis consultatif sur l’aménagement de peine. C’est cette collaboration entre la police et la justice qui reste à inventer », plaide ainsi M. Faure.

Du côté des communistes, pas question non plus de laisser cette « question des classes populaires » à l’extrême droite. « Ma gauche ne sera pas laxiste. La sécurité est une question populaire, avait ainsi estimé Fabien Roussel, candidat communiste à l’élection présidentielle, lors d’une conférence de presse, le 11 mai. Il y a des quartiers [d’]où la République s’est retirée. Il y a un droit à la tranquillité. » Il avait également souhaité que l’auteur de l’assassinat de « tout détenteur d’une autorité » soit puni d’une peine de trente ans de prison.

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