Les employés de la division Santé d'Apple ont le moral dans les chaussettes

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Il y a du rififi au sein de la division en charge de la santé chez Apple. CNBC a relevé plusieurs départs d’employés déçus par leur travail à Cupertino. Certains d’entre eux n’ont plus supporté la culture de l’entreprise, d’autres se sont sentis marginalisés et incapables de faire avancer leurs idées.

Apple embauche des profils qui débordent d’ambition pour résoudre les grands problèmes du système de santé complexe et notoirement défaillant aux États-Unis, mais ils se heurtent à l’approche plus mesurée d’Apple. Le secteur est régi par des règles strictes et une régulation tatillonne, il ne peut pas y avoir de grand soir.

Ces tensions ont pris de l’ampleur ces derniers mois, mais le malaise est présent depuis plusieurs années, selon les employés d’Apple interrogés par le site qui liste quelques uns des départs récents : Christine Eun, qui a travaillé huit ans chez Apple, est partie cet été ; Brian Ellis, qui supervisait les cliniques AC Wellness pour les employés d’Apple, est retourné chez Apple Music en juin ; Matt Krey a quitté Apple en mai ; Andrew Trister a été débauché par la fondation Gates.

Que des employés quittent une entreprise, ça n’a rien d’exceptionnel, c’est même très courant en particulier dans une boîte qui compte des milliers de salariés. Mais il y a une alerte dans la division santé d’Apple : plusieurs signes inquiétants de mécontentement ont été relevés après un sondage interne. Poussant le grand patron Jeff Williams à rencontrer plusieurs employés afin de déterminer la raison de ce moral dans les chaussettes.

Une des principales difficultés concerne la vision à long terme d’Apple dans le domaine de la santé. Certains employés estiment en effet que le constructeur pourrait aller plus loin et plancher sur des projets plus ambitieux. Les produits et services sur lesquels ils travaillent demeurent confinés au bien-être et à la prévention. Ce n’est déjà pas si mal et cela donne des résultats intéressants comme l’ECG de l’Apple Watch.

Une partie des équipes voudrait développer un service de télémédecine ou simplifier la facturation des assurances avec un système de paiement plus simple. D’autres aimeraient en faire plus avec Beddit, le fabricant d’un capteur de suivi du sommeil acheté par la Pomme en 2017. Les innovations développées pour soigner les employés d’Apple dans les cliniques AC Wellness pourraient être proposées plus largement… Ces initiatives n’ont pas rencontré l’écho attendu auprès de la direction de l’entreprise.

GymKit permet de connecter une Apple Watch à une machine de torture un équipement sportif compatible.

Beaucoup ont été mécontents de l’accueil tiède fait par les médecins et les professionnels à l’app ECG (lire : Entretien : les cardiologues face à l’ECG de l’Apple Watch). Des employés de la division santé avaient poussé pour le lancement de l’application à petite échelle afin d’impliquer la communauté médicale. Et voir si elle leur posait des problèmes. Apple a proposé un compromis : tous les six mois, réunir à l’Apple Park un groupe d’experts de la santé, dont des cardiologues, pour discuter le bout de gras.

Autre souci qui finit par démotiver les troupes : le culte du secret d’Apple. L’industrie de la santé avance grâce à la publication de travaux, d’études cliniques, de rencontres entre professionnels. Contrairement à ce qui passe pour l’intelligence artificielle où les chercheurs d’Apple jouissent d’une certaine liberté, ce n’est pas le cas pour leurs collègues de la santé.

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