Les datacenters ne sont peut-être pas si mauvais pour la planète

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Les datacenters ne sont peut-être pas si mauvais pour la planète

Les datacenters sont connus depuis longtemps pour être d’énormes consommateurs d’énergie : les serveurs, le stockage et les équipements de réseau représentent 1 % de la demande mondiale en électricité. Avec un nombre croissant de personnes qui se connectent à Internet et une demande croissante de services numériques, et donc de stockage dans les datacenters, on craint que leur consommation énergétique n’échappe à tout contrôle.

Mais une nouvelle étude publiée dans Science décrit un tel récit comme une « sagesse conventionnelle. Plusieurs analyses souvent citées, mais néanmoins simplistes, affirment que l’énergie utilisée par les datacenters du monde entier a doublé au cours de la dernière décennie et que leur consommation d’énergie triplera, voire quadruplera au cours de la prochaine décennie ».

Ces prédictions sont des « extrapolations », déclarent les chercheurs, qui ne tiennent pas compte des récents efforts pour optimiser l’efficacité énergétique des datacenters. En fait, l’étude a montré que si la quantité de calculs effectués a augmenté de 550 % entre 2010 et 2018, la quantité d’énergie consommée par les datacenters au cours de la même période n’a augmenté que de 6 %.

Le ralentissement significatif de leur demande énergétique avait déjà été signalé par une recherche menée aux Etats-Unis en 2016. Entre 2000 et 2005, selon cette étude, la consommation d’électricité des datacenters a augmenté de 90 %. Ce chiffre a été ramené à 4 % entre 2010 et 2014.

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Les entreprises adaptent leur comportement

Et pourtant, alors que chaque secteur de l’économie subit une transformation numérique, les datacenters n’ont jamais été aussi actifs. « Il est important de noter que cette demande d’électricité presque constante tout au long de la décennie se produit tout en répondant à une augmentation drastique de la demande de services des datacenters », notent les analystes. En d’autres termes, les datacenters sont de plus en plus économes en énergie : une gestion intelligente signifie que la consommation d’électricité peut être mieux échelonnée, que les dispositifs de stockage deviennent plus efficaces, tout comme les réseaux et les infrastructures.

Google, pour sa part, a saisi l’occasion offerte par cette nouvelle recherche pour mettre en évidence les efforts de l’entreprise visant à réduire la demande d’électricité dans ses propres datacenters. Urs Hölzle, vice-président senior de l’infrastructure technique, a salué l’étude, déclarant qu’elle « validait » les efforts du géant de la recherche. Il a souligné les serveurs haute performance de l’entreprise et le système de refroidissement alimenté par l’IA en place dans les datacenters de Google. Il a également noté que le géant de la technologie a déployé des contrôles intelligents de la température, de l’éclairage et du refroidissement pour réduire davantage la consommation d’énergie. « Par rapport à il y a cinq ans, nous fournissons aujourd’hui environ sept fois plus de puissance de calcul avec la même quantité de puissance électrique », détaille Urs Hölzle.

Google n’est pas le seul à s’efforcer de rendre les datacenters plus écologiques – en fait, la plupart des géants technologiques ont maintenant repris la tendance. IBM s’est également engagé à se concentrer sur l’énergie et l’efficacité informatique dans ses datacenters, tandis que Microsoft vise plus de 70 % d’énergie renouvelable pour son infrastructure d’ici à 2023. Au Royaume-Uni, Kao Data a récemment ouvert un datacenter de 200 millions de livres, avec 40 000 pieds carrés près de Londres, alimenté par le vent, l’eau et d’autres sources d’énergie renouvelable. Le bâtiment utilise un système de refroidissement innovant qui refroidit l’air à l’intérieur du centre en utilisant l’air plus froid de l’extérieur.

Des centres géants sortent de terre

Selon les recherches publiées par Science, une tendance particulière se dessine, qui est susceptible d’aplatir davantage l’approvisionnement en énergie requis par les datacenters. En effet, à mesure que les organisations se tournent vers les logiciels cloud, la plupart des données sont susceptibles d’être transférées vers d’énormes datacenters à très grande échelle, plus efficaces que les centres locaux plus petits.

La croissance des data centers à grande échelle, conçus pour une efficacité maximale, est peut-être une raison d’être optimiste pour l’avenir. Un rapport du Lawrence Berkeley National Laboratory a en effet estimé que le déplacement de toutes les applications logicielles de bureau (telles que le courrier électronique ou la gestion de la relation client) aux Etats-Unis vers le Cloud pourrait réduire l’énergie utilisée par les technologies de l’information de 87 %.

Cela ne veut pas dire que le stockage local est condamné – une perspective qui inquiétera, à juste titre, les entreprises qui sont attachées à garder leurs serveurs sur place. En effet, l’industrie s’efforce également d’apporter des solutions plus écologiques aux petites infrastructures.

Des data centers génomiques

Le Wellcome Sanger Institute au Royaume-Uni, par exemple, traite des données sur les billions de cellules du corps humain via des machines de séquençage de l’ADN pour faire progresser la découverte génomique. Chaque jour, les flux de données sont plus importants, ce qui signifie qu’un stockage plus important, une connectivité plus rapide et des niveaux de calcul locaux plus élevés sont des exigences non négociables pour l’organisation. « La proximité des équipements de séquençage est une considération primordiale pour le datacenter. Les exigences de bande passante et de latence pour le grand volume et la vitesse des données génomiques rendent les services cloud inadaptés », explique Simon Binley, responsable du centre de données chez Sanger.

L’institut s’est donc associé à Schneider Electric pour construire l’un des plus grands datacenters génomiques d’Europe – tout en gardant l’efficacité énergétique et la réduction de la consommation d’énergie comme priorité essentielle. Grâce à une gestion plus intelligente, l’équipe informatique de Sanger espère économiser entre 5 et 10 % de la consommation d’énergie au cours des deux premières années d’utilisation du centre, et envisagera ensuite d’augmenter encore les réductions.

Dans l’ensemble, l’institut vise à améliorer le taux d’efficacité de l’utilisation de l’énergie (PUE) du centre de 1,8 à 1,4. Non seulement pour sauver la planète, mais aussi en raison de l’incitation financière : « toute amélioration du PUE et de l’efficacité énergétique réduit automatiquement les dépenses en électricité et nous permet de réorienter les investissements vers d’autres domaines », précise Simon Binley. La prochaine décennie, semble-t-il, est celle où le vert passera de la mode à la rentabilité.

Source : ZDNet.com

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