Les Audois Julien et Gabriel victimes d’un double meurtre à cause de la drogue ? – Midi Libre

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Disparus le 3 décembre, les deux jeunes Audois Julien Boumlil et Gabriel Ferchal ont été retrouvés morts et enterrés dans les Alpes-de-Haute-Provence. Un suspect a été arrêté.

Une maison basse à l’écart du village, sous un bosquet de pins, en bordure d’un vaste champ où les lavandes desséchées font grise mine.

Depuis ce mardi, cette bâtisse de Revest-du-Bion, une petite commune située sur le plateau d’Albion, aux confins des Alpes-de-Haute-Provence, du Vaucluse et de la Drôme, est au cœur des investigations menées par les gendarmes de la section des recherches de Marseille, chargés d’élucider le sort de Julien Boumlil et Gabriel Ferchal. Âgés de 25 et 26 ans, ces deux copains originaires de Malves-en-Minervois, près de Carcassonne, avaient disparu depuis le 3 décembre dernier : ils étaient ce soir-là passés chez l’une de leurs connaissances, à Revest-du-Bion. Selon ce qu’avait alors indiqué cet ami à leurs familles, ils en étaient repartis en début de soirée, pour se rendre dans le Vaucluse.

Les corps dissimulés dans un secteur boisé

Une information fausse : Julien et Gabriel n’ont jamais quitté Revest-du-Bion. Ce mardi 4 février, les gendarmes, qui avaient déjà mené d’importantes recherches dans le secteur, ont débarqué sur place. “En force”, indique le maire, Raymond Le Moingn. Et avec l’assistance des chiens spécialement dressés à la recherche de restes humains, du Centre national d’investigation cynophile de Gramat, dans le Lot.

Julien Boumlil, 26 ans, et Gabriel Ferchal, 25 ans, ont été retrouvés morts.
Julien Boumlil, 26 ans, et Gabriel Ferchal, 25 ans, ont été retrouvés morts. – –

“On ne les a pas retrouvés par hasard, indique à Midi Libre une source bien informée. On a cherché dans la dernière zone où on savait qu’ils étaient passés. Les corps étaient dissimulés, dans un secteur boisé.” 

En fin d’après-midi, les gendarmes ont réquisitionné une pelleteuse auprès d’un artisan du village et ont creusé plus profondément : deux cadavres ont été découverts, enterrés sur ce terrain appartenant aux deux frères chez qui les Audois étaient passés.

Dans la soirée, le téléphone a sonné chez les familles de Julien et de Gabriel, pour annoncer la terrible nouvelle. Et ce mercredi, Achille Kiriakides, le procureur de la République d’Aix-en-Provence, a confirmé la découverte des “deux corps dont tout porte à croire qu’ils pourraient être ceux des disparus”.

Un frère en garde à vue, le second activement recherché

Dans le même temps, l’enquête initialement ouverte pour “enlèvement et séquestration” a été étendue par le magistrat à la qualification “d’homicide volontaire”. Elle pourrait rapidement progresser : l’un des deux frères, présent sur place lorsque les gendarmes ont découvert les corps, a aussitôt été placé en garde à vue. Et l’autre était ce mercredi activement recherché, tout comme d’autres personnes figurant dans son entourage.

Après avoir passé une grande partie de la nuit sur le site, les techniciens d’identification criminelle ont achevé le recueil des indices et les cadavres ont été transportés en vue de leur autopsie, qui devrait être rapidement réalisée.

“La lenteur du système judiciaire”

Ému, encore sous le choc de la terrible information qui lui est parvenue, Geoffrey Not, le cousin de Julien Boumlil, a pris la parole ce mercredi 5 février pour réaffirmer son mécontentement. Il pense que la douloureuse attente aurait été moins cruelle si les recherches avaient débuté plus tôt. “Je note l’efficacité, le professionnalisme et l’humanisme de la section de recherche de Marseille, dit-il d’emblée. Cependant, je déplore la lenteur du système judiciaire. Il a été trop long à s’enclencher. Je déplore que l’on ait dû attendre deux semaines avant qu’une procédure soit lancée alors même que nous avions alerté la gendarmerie deux jours après leur disparition.” Et d’en conclure : “En France, on peut disparaître pendant deux semaines sans que l’on pense qu’il vous est arrivé quelque chose de grave.”

Le juge d’instruction devrait savoir alors comment les deux amis d’enfance ont été tués. Restera aussi à établir par qui, et pour quelles raisons. Même si les enquêteurs semblent privilégier la piste d’un crime lié à une affaire liée à la drogue. Les deux Audois fréquentaient le milieu des rave parties, connu pour ses consommations de stupéfiants, et les deux frères de Revest-du-Brion avaient la réputation de cultiver de l’herbe de cannabis dans ce secteur rural et plutôt isolé.

Un faux scénario pour faire croire à leur départ

Il semble que le ou les auteurs des crimes ont tenté de monter un scénario pour faire croire que Julien et Gabriel étaient bien repartis du village : le téléphone de l’un d’eux a borné dans la nuit à Rognes, une commune des Bouches-du-Rhône, situé à une trentaine de kilomètres de là, près d’Aix-en-Provence. Mais visiblement, c’était quelqu’un d’autre que son propriétaire qui s’est déplacé avec.

Quant à leur voiture, elle aurait été retrouvée, en toute discrétion, par les enquêteurs à Marseille : les gendarmes ont sans doute de sérieux atouts en main pour élucider le drame.

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