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Les agriculteurs arrivent sur les Champs-Elysées en tracteur – Le Monde

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Sur l’avenue des Champs-Elysée, dans la matinée du mercredi 27 novembre.

Une fois parvenus dans la capitale avec leurs tracteurs et après avoir bloqué le boulevard périphérique, des centaines d’agriculteurs sont arrivés sur les Champs-Elysées pour faire pression sur les négociations commerciales avec la grande distribution.

Ils sont déjà plus de 200 à proximité de l’Arc de triomphe, où ils ont déversé du foin devant le restaurant Le Fouquet’s. Un important dispositif de sécurité était en place depuis le petit matin dans ce secteur proche du palais de l’Elysée. D’autres groupes sont toujours en route pour l’avenue.

« Je soutiens leur colère et leur manifestation, je comprends leur ras-le-bol », a déclaré le ministre de l’agriculture, Didier Guillaume, au micro d’Europe 1 mercredi matin. « On les aide dans toute la transition agroécologique. il y en a assez de ce dénigrement. »

L’arrivée du millier de tracteurs par les axes autour de la capitale n’a finalement pas provoqué plus de bouchons que d’habitude, selon le site d’information du trafic autoroutier francilien Sytadin.

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« On est pris dans un effet ciseau »

Un convoi d’agriculteurs arrive près du périphérique parisien, mercredi 27 novembre.

Mathieu Garnotel, qui exploite 130 hectares dans la Marne, est venu avec une vingtaine d’autres agriculteurs rejoindre les convois parisiens, mercredi matin à Coutevroult, en Seine-et-Marne, près du péage sur l’A4.

« Actuellement, dans la Marne, un exploitant sur trois est à zéro ou en déficit, et l’année précédente nos revenus avaient baissé de 75 % par rapport à la moyenne 2010-2014, à cause de la chute des prix, de la suppression des quotas [sucriers] et de l’augmentation des charges (matériel et intrants plus chers, augmentation de la redevance pour pollution diffuse et de la taxe sur l’azote), on est pris dans un effet ciseau. »

« Mon salaire a baissé de 40 % en cinq ans », explique Guillaume Moret, 49 ans, agriculteur du Val-d’Oise, en route depuis Roissy, dans le nord de Paris. « On se demande combien de temps on va pouvoir tenir, et si on sera là demain. » « Les citoyens, dit-il, ne cherchent pas à comprendre ce qu’il se passe, ils veulent qu’on produise sans pesticides, mais eux ne s’interdisent pas cette consommation. »

« Dans mon groupe, nous sommes 15 agriculteurs, soit 30 % des effectifs de mon syndicat local du Val-d’Oise, a-t-il ajouté, ce qui est énorme comme mobilisation chez nous. »

Lire notre enquête : Le désarroi du monde agricole face à l’« agribashing »

« C’est la première fois que je monte à Paris en tracteur », témoigne à l’Agence France-Presse (AFP) Alix Heurtaut, agricultrice près d’Etampes (Essonne), qui s’est jointe à un groupe de 25 autres tracteurs. « Ça se passe bien, nous recevons beaucoup de signes de soutien des automobilistes, ça fait plaisir de voir des gens qui ne sont pas contre nous. »

La loi dite Egalim, issue des Etats généraux de l’alimentation et mise en place en début d’année, était censée ramener du revenu aux exploitants en rééquilibrant les relations commerciales, mais jusqu’ici les agriculteurs disent ne pas vraiment voir de différence.

Sur la route de Paris, mercredi 27 novembre.

D’autres blocages autour de Lyon

Les manifestants veulent donc mettre la pression sur la grande distribution et ses fournisseurs, alors que viennent de commencer les négociations commerciales annuelles qui fixent les prix pour un an. « Nous voulons que les distributeurs jouent le jeu et ne fassent pas comme a fait Lidl il y a dix jours, du steak haché à 6,75 euros le kilo, ce qui est un profond scandale », a expliqué à l’Agence France-Presse Christiane Lambert, présidente de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), principal syndicat agricole qui appelle, avec les Jeunes agriculteurs (JA), à la mobilisation de mercredi.

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En Rhône-Alpes, des agriculteurs de toute la région ont prévu de bloquer les accès autoroutiers de Lyon en trois points : au nord (Limonest), au sud (Ternay) et à l’est (Beynost). A chaque point, une cinquantaine de tracteurs devraient être positionnés, selon la FDSEA et les JA. Des mobilisations sont également prévues à Toulouse et dans le Vaucluse, qui a prévu une « journée de deuil de l’agriculture vauclusienne ».

« On devait y être, mais ce n’est pas possible, là il y a des gens en détresse. On a au moins 200 agriculteurs qui ont tout perdu, maison, exploitation et leur salaire pour l’année », a expliqué pour sa part Sylvain Audemard, de la FDSEA du Var, deux jours après des inondations catastrophiques qui ont frappé son département.

Nathan Cocquempot (avec AFP)

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