L’équipe de la Software République se penche sur les mobilités de demain

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L'équipe de la Software République se penche sur les mobilités de demain

Leaders de la technologie, du logiciel et de la mobilité européens imaginent un écosystème d’open innovation pour développer et commercialiser des solutions et systèmes dans l’offre de mobilité pour les territoires, entreprises et citoyens.

Atos, Dassault Systèmes, STMicroelectronics et Thales ont rejoint le « laboratoire à ciel ouvert » sous l’initiative du groupe Renault, et son dirigeant Luca de Meo. En attendant l’ouverture officielle du « QG » à Saclay, prévue en septembre prochain (selon l’évolution des conditions sanitaires), les cinq entreprises fondatrices ont inauguré, ce vendredi, le lancement officiel de la Software République. L’alliance reste ouvert à d’autres partenaires, start-up, grands groupes, laboratoires de recherche ou PME, Européens de préférene, mais pas forcément, à l’image du projet européen d’infrastructure de données Gaia-X.

Cette coopération couvrira trois grands domaines : les systèmes intelligents pour faciliter la connectivité sécurisée entre le véhicule et son environnment digital et physique, les systèmes de simulation et de gestion des données pour optimiser les flux pour les territoires et les entreprises, et l’écosystème d’énergie pour simplifier l’expérience de charge, détaille un communiqué.

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Edge computing et 5G, deux technologies incontournables

De ce laboratoire, des solutions à base d’IA émergeront pour les besoins de Renault, bien sûr, mais pas seulement. La Software République viendra alimenter avec son modèle « horizontal » divers secteurs comme les télécommunications, la cybersécurité ou encore l’aérospatiale. « Les partenaires ont l’intention de mutualiser leur expertise en mobilité, big data, jumeaux numériques, sécurité, modélisation 3D, cloud, etc » évoque Luca de Meo.

Si les enjeux sont nombreux, Elie Girard souligne que le succès de Software République se mesurera surtout à sa capacité de faire naître des cas d’usage. Le directeur général d’Atos mentionne, à titre d’exemple, le service de plug and charge, pour permettre à une voiture électrique, branchée sur une borne compatible, d’être automatiquement reconnue et d’effectuer une charge facturée sans manipulation de la part de l’utilisateur. « Cela engage beaucoup de savoir-faire d’ingénieurs, et chez Athos, d’intégration de systèmes complexes. Cela veut dire aussi une capacité de calcul en proximité. L’infrastructure de données de demain sera une infrastructure plus équilibrée entre le processing de la data dans le cloud et le processing de la data en proximité. Et typiquement pour ce cas d’usage, le edge est un facteur clé technologique de succès » dit-il.

Il ajoute que la 5G sera également extrêment importante, et complémentaire du edge computing. « Ses premiets usages évidents sont dans le BtoB, pour la mobilité intelligente. La 5G va être au coeur de ce qu’on fait. »

Pour Bernard Charlès, directeur général de Dassault Systèmes, l’idée à retenir dans ce « nouveau paradigme », est le passage d’une « notion de produit vers une notion de valeur d’usage ». Il note que la valeur d’usage est une valeur d’inclusivité et de mise à disposition au plus grand nombre. « Si une ville vous demande un système de transport multimodal avec des performances éocnomiques et écologiques, les modèles doivent être inventés ».

Renault : « une boite tech qui intègre des véhicules »

L’industrie automobile se retrouve aux premières loges pour gérer ce virage technologique. Selon le Boston Consulting Group, le marché mondial de la mobilité va croitre de 60% d’ici 2035 pour atteindre 11 000 milliards d’euros. Cette croissance provient principalement de l’émergence de ruptures technologiques (véhicules électroniques, nouveaux composants, nouveaux services après-vente et autres services à valeur ajoutée) dont la part va passer de 5% à 54% du marché de la mobilité. « D’ici dix ans, la partie traditionnelle de notre métier va être réduite à peu près de 25%, alors que la nouvelle partie de la chaine de la valeur va être multiplié par 9 » admet Luca de Meo. Sa vision, pour Renault, est de devenir « une boite tech qui intègre des véhicules, et non plus une boite automobile qui intègre de la technologie. »

Pour que l’écosystème aboutisse à des résultats, il faut qu’il soit « intégré » insiste-t-il. Même son de cloche du côté de STMicroelectronics, défenseur de la partie hardware dans cette Software République : « Le dénominateur commun, c’est l’électronique embarquée. Dans une voiture, il y a 2 000 euros de composants. On ne peut pas se tromper. Il faut travailler avec les autres. C’est pour cela qu’on travaille dans ces systèmes ouverts » considère Jean-Marc Chérie. « On va de moins en moins pouvoir déconnecter la partie logicielle de la partie hardware. L’innovation ouverture va permettre à tous les acteurs de se parler, et donc d’offrir des solutions qui seront optimisées » poursuit-il.

Dans cette dynamique d’intégration, Patrice Caine, PDG de Thales, rappelle que l’enjeu de cybersécurité est primordial : « C’est un enjeu inhérent à cette question de mobilité intelligente. On est en train de passer à des systèmes hyper-connectés, quasiment des smartphones sur roues ». Et parmi les sujets d’étude sur la table, Patrice Caine mentionne les technologies de biométrie. « C’est le meilleure des mots de passe. C’est là-dessus qu’il faut que l’on travaille ».

La Software République cherchera à moyen terme à créer un fonds d’investissement pour financer les start-up et un incubateur pour héberger des jeunes pousses dans le domaine des technologies pour la mobilité intelligente. Pour le reste, le business model reste à être défini. « Sur la partie éco, on n’a pas encore trop réflechi. on va trouver un modèle de gouvernance assez simple et agile. On va se concentrer projet par projet » résume Luca de Meo.

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