Le variant Delta double le risque d’hospitalisation : ce que dit la nouvelle étude britannique – Le Parisien

Spread the love

Une incitation de plus pour celles et ceux qui hésitent encore à se faire vacciner ? Une vaste étude britannique parue ce samedi dans The Lancet Infectious Diseases suggère fortement que les personnes infectées par le variant Delta, désormais hégémonique en France et dans de très nombreux pays, ont deux fois plus de risques d’être hospitalisées que celles contaminées par le variant Alpha, majoritaire jusqu’au milieu du printemps.

Ce constat est surtout vrai pour les non vaccinées, les autres étant a priori très protégées contre les formes graves.

Les auteurs, le plus souvent membres de Public Health England ou chercheurs dans des universités britanniques, ont analysé l’évolution de 43 338 cas testés positifs entre le 29 mars et le 23 mai dernier. 8682 avaient été contaminés par le variant Delta et 34 656 par le variant Alpha, d’après les données du séquençage. Les premiers étaient légèrement plus jeunes que les seconds (âge médian de 29 ans versus 31 ans).

Après ajustement des données en fonction de l’âge, du groupe ethnique, et du statut vaccinal (entre autres), le risque d’être hospitalisé était 2,26 fois plus important en cas d’infection par le variant Delta que par le variant Alpha (avec une marge d’erreur). Si l’on prend aussi en compte les patients qui sont simplement passés aux urgences sans forcément être hospitalisés, le risque est 1,45 fois supérieur.

Plusieurs biais peuvent cependant impacter ces résultats. Des hospitalisations non liées au Covid ont peut-être été prises en compte par erreur, ce qui pourrait entraîner une sous-estimation du risque de forme grave en cas d’infection par le variant Delta. À l’inverse, si certaines caractéristiques comme des comorbidités n’ont pas été analysées, les résultats obtenus pourraient être légèrement surestimés.

« La pire » vague épidémique évitée ?

Il est intéressant de noter que ces ratios sont similaires si l’on se penche sur le sous-groupe des seuls non vaccinés au sein de l’échantillon (risque respectivement 2,32 et 1,43 fois supérieur). Quant aux vaccinés (avec au moins une dose) et hospitalisés, les données sont trop imprécises « pour déterminer si le risque [d’hospitalisation] était plus élevé ou similaire pour les patients infectés par le variant Delta par rapport à ceux avec le variant Alpha », écrivent les auteurs. En effet, les vaccins protègent toujours très fortement contre les hospitalisations et les formes graves avec une efficacité d’environ 90 %, ont montré de nombreuses études. Du coup, il est difficile de dire s’il existe un risque relativement plus important avec tel variant par rapport à un autre.

Le variant Delta double le risque d’hospitalisation : ce que dit la nouvelle étude britannique

Le variant Delta ne serait donc pas seulement plus contagieux qu’Alpha, mais aussi plus grave au sens où il ferait grimper le risque d’être hospitalisé. De précédentes études menées en Ecosse, au Canada ou à Singapour avaient déjà suggéré un tel phénomène, mais elles n’étaient souvent qu’au stade de la prépublication. « À notre connaissance, cette étude est la plus grande évaluation du risque d’hospitalisation pour le variant Delta en utilisant des cas confirmés par séquençage du génome entier, fournissant des preuves importantes d’un risque accru par rapport au variant Alpha », écrivent les auteurs de ces nouveaux travaux.

« Notre analyse montre que si on ne disposait pas de la vaccination, une épidémie due au variant Delta ferait peser un poids plus lourd sur le système de santé que si elle était causée par le variant Alpha », en a conclu l’une d’entre eux, Anne Presanis. Jeudi, Olivier Véran avait aussi indiqué que cette vague épidémique aurait probablement été « la pire » s’il n’y avait pas eu la vaccination.

Leave a Reply