Le tueur en série Michel Fourniret est mort à l’hôpital à l’âge de 79 ans – Le Parisien

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L’Ogre des Ardennes est mort. Michel Fourniret, âgé de 79 ans, avait été hospitalisé en urgence le samedi 8 mai à l’unité hospitalière sécurisée interrégionale de la Salpêtrière à Paris pour des problèmes d’insuffisance respiratoire, comme nous vous le révélions ce lundi. Il avait été placé dans le coma et était considéré par les médecins comme non réanimable. Un protocole d’accompagnement de fin de vie avait été engagé. Peu après, dans l’après-midi, le parquet de Paris a annoncé la mort du tueur en série.

Ces derniers mois, l’état de santé du détenu, qui était incarcéré au centre pénitentiaire de Fresnes, s’était fortement détérioré. Il avait déjà été hospitalisé à plusieurs reprises, notamment en novembre 2020 à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne) où, dans le coma, il avait été placé en réanimation.

Condamné deux fois à la perpétuité pour les meurtres de huit femmes ou adolescentes et mis en examen à quatre reprises pour ceux de la petite Estelle Mouzin ou des jeunes femmes Lydie Logé, Joanna Parrish et Marie-Angèle Domèce‚ Michel Fourniret ne sera donc jamais jugé pour ces crimes dont il a reconnu être l’auteur.

Une enquête ouverte pour déterminer les causes de sa mort

Le tueur en série est mort « à 15 heures à l’Unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) de la Pitié-Salpêtrière à Paris », a annoncé le procureur de Paris, Rémy Heitz. « Une enquête a été ouverte pour recherches des causes de la mort, confiée au 3e district de police judiciaire », a-t-il précisé.

Me Didier Seban, avocat de plusieurs familles de disparues, dont celle d’Estelle Mouzin, avait réagi lundi midi à l’information que le tueur se trouvait en fin de vie, en exprimant la « déception des familles pour les affaires où il avait été mis en examen » et n’avait pas encore été jugé : « pas de procès le concernant, pas de possibilité d’avoir les réponses attendues », avait-il déclaré.

Michel Fourniret avait été condamné la première fois en 1967, alors âgé de 25 ans, pour l’agression d’une fillette dans les Ardennes. Il écope alors de huit mois de prison avec sursis avec obligation de soins. Il est de nouveau arrêté et cette fois-ci incarcéré en 1984 après des agressions sexuelles sur une douzaine de jeunes femmes depuis 1981. Décrit comme un père de famille discret, il est puni de cinq ans de prison ferme.

En détention, il entame une correspondance avec Monique Olivier, séparée et mère de deux enfants. Il s’installe avec elle dans l’Yonne (Centre) après sa libération en octobre 1987. Puis, en 1988, son ex-compagnon de cellule, Jean-Pierre Hellegouarch, lui demande de récupérer un « trésor » de lingots d’or enterré dans un cimetière de Fontenay-en-Parisis (Val-d’Oise) par une équipe de braqueurs, le célèbre « gang des postiches ».

Pour garder le magot, Fourniret tue la jeune femme de son ex-codétenu. Avec cet argent, il s’achète notamment le château du Sautou, dans les Ardennes. Le corps de sa victime, disparue le 12 avril 1988, n’a jamais été retrouvé, malgré des fouilles en forêt de Rambouillet (Yvelines).

Il « devait chasser au moins deux vierges par an »

Il est finalement arrêté en 2003, en Belgique, après la tentative ratée d’enlèvement d’une adolescente. Interrogée par la police belge, Monique Olivier accuse un an plus tard son mari des meurtres de neuf jeunes femmes ou adolescentes, dont Farida Hammiche. Fourniret, détenu à Dinant (Belgique), reconnaît huit homicides, commis depuis 1987 en France et en Belgique.

Selon ses propres aveux, il « devait chasser au moins deux vierges par an ». Une obsession qui serait née du fait que sa première femme, qu’il pensait vierge, ne l’était pas au moment de leur mariage. Sur les indications de Fourniret, les corps de deux victimes sont découverts dans le parc du château du Sautou. Monique Olivier accuse par la suite son mari de plusieurs autres meurtres.

Le 28 mai 2008, Michel Fourniret, alors âgé de 66 ans, est condamné par la cour d’assises des Ardennes à la perpétuité incompressible pour sept meurtres de jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001, précédés de viol ou tentative de viol, et trois agressions d’autres jeunes filles ayant réussi à lui échapper. Monique Olivier, 59 ans à l’époque, est condamnée à la perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 28 ans, pour complicité dans quatre des meurtres et le viol en réunion d’une jeune fille.

En février 2018, Fourniret avoue les meurtres de Joanna Parrish et Marie-Angèle Domece, entre 1988 et 1990 dans l’Yonne. Le corps de la deuxième n’a jamais été retrouvé. Le 16 novembre 2018, Michel Fourniret est à nouveau condamné à la perpétuité, par la cour d’assises des Yvelines, pour l’assassinat de Farida Hammiche, dont le corps n’a jamais été retrouvé. Son ex-épouse Monique Olivier écope de 20 ans de réclusion.

Le 27 novembre 2019, le tueur en série est mis en examen dans l’enquête sur la disparition d’Estelle Mouzin, à l’âge de 9 ans en 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne). Soupçonné puis mis hors de cause dans le passé, il a finalement vu son alibi contredit par Monique Olivier. Le 7 mars 2020, le parquet de Paris annonce qu’il « a reconnu sa participation aux faits ».

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