Le temps de parole d’Eric Zemmour va être décompté par le CSA – Le Figaro

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Le régulateur estime que le polémiste est devenu «un acteur du débat politique national».

Le couperet est tombé. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a pris finalement la décision de décompter le temps de parole d’Eric Zemmour. «Le collège du Conseil supérieur de l’audiovisuel, réuni ce jour en assemblée plénière, a décidé de demander aux médias audiovisuels de décompter les interventions de Monsieur Éric Zemmour portant sur le débat politique national. Cette décision s’appliquera à compter du 9 septembre 2021», indique le régulateur dans un communiqué.

En début d’année, confronté au casse-tête de la montée des débats d’opinion à la télévision et en radio, Roch-Olivier Maistre avait pourtant tranché: «Le CSA n’est pas le tribunal de l’opinion», déclarait-il dans les colonnes du Figaro.

Le CSA rappelle que «les dispositions de la loi du 30 septembre 1986 prévoient la prise en compte des interventions des personnalités politiques». Le régulateur considère qu’«au regard des récents développements (..), M. Zemmour pouvait être regardé dorénavant, tant par ses prises de position et ses actions, que par les commentaires auxquels elles donnent lieu, comme un acteur du débat politique national». Le gendarme de l’audiovisuel rappelle enfin que «les règles du pluralisme garantissent la bonne marche de la vie démocratique. Le CSA a pour mission de veiller à leur juste application, dans le respect de la liberté éditoriale des médias audiovisuels, qui sont seuls responsables de leur programmation».

Jeudi dernier, le député écologiste du Maine-et-Loire Matthieu Orphelin, avait interpellé le régulateur sur cette question. Il estimait dans L’Express, que les règles édictées par le CSA étaient en effet bafouées. « Les interventions médiatiques d’Eric Zemmour contiennent ses arguments de campagne. Or les règles du CSA n’autorisent pas ces interventions lorsque les propos tenus risquent “d’avoir une incidence de nature à porter atteinte à l’égalité des candidats devant les moyens de propagande et à la sincérité du scrutin”, ce qui est clairement le cas», indiquait-il. Avant d’ajouter que les interventions de Zemmour sur CNews étaient «comparables à un mini-meeting tenu chaque jour, financé par de l’argent privé, ce n’est pas normal ! ».

Avant lui, le député européen (LREM) Stéphane Séjourné avait aussi proposé de comptabiliser le temps de parole des «éditorialistes les plus engagés», à l’image d’Eric Zemmour. Dans les colonnes de L’Opinion, il avait même déclaré vouloir «préciser l’arsenal réglementaire pour aider l’audiovisuel à respecter la pluralité des opinions».

Pour la chaîne CNews, dont Eric Zemmour était devenu l’une des incarnations phares, cette décision risque de faire l’effet d’une douche froide.

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