« Le sentiment de liberté n’a pas duré longtemps » : la nouvelle vie des vaccinés contre le Covid-19 – Le Monde

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Box de vaccination au centre Olympe de Gouges, dans le 11e arrondissement de Paris, le 6 avril 2021.

Thérèse Doré a pleuré, mardi 16 mars, un mois après sa deuxième injection de vaccin contre le Covid-19. A presque 79 ans, elle a pu retrouver Nicolas, l’aîné de ses trois fils, autour d’un déjeuner. Depuis la rentrée – et la recrudescence des contaminations −, elle se contentait de quelques mots, d’un geste de la main et des livres qu’il venait lui déposer chaque matin pour adoucir ses journées, dans sa maison de Fécamp (Seine-Maritime).

Ses fils et leurs épouses, qui exercent tous une profession médicale, sont également vaccinés depuis janvier. Alors après un Noël célébré chacun chez soi, Thérèse Doré et ses enfants se sont retrouvés, le 3 avril, pour le week-end de Pâques – à l’exception de Martin-Xavier, le cadet qui habite à une cinquantaine de kilomètres. Comme une parenthèse enchantée après un an de prudence sanitaire, et avant un troisième confinement national. Outre les réunions familiales, Nicolas Doré s’autorise à nouveau à prendre un café avec sa mère, avant sa journée de travail, et à l’embrasser « enfin, sereinement et sans crainte de la contaminer », conclut le pharmacien de 51 ans.

Le calendrier : Qui peut se faire vacciner et quand ?

A l’instar de cette famille, c’est un sentiment d’euphorie, de « folie et de liberté » qui a envahi Claire, orthophoniste de 62 ans, dès sa première injection. A la sortie du centre de vaccination de Gap (Hautes-Alpes), le samedi 27 mars, elle dit avoir pensé « pouvoir faire tout ce qu’[elle] voul[ait] ». Tellement qu’elle en a oublié de porter son masque sur le chemin jusqu’à son domicile. Mais ce « sentiment de liberté n’a pas duré longtemps », reconnaît-elle, les regards accusateurs des passants la rappelant à la rigueur sanitaire. Depuis, son euphorie est retombée et son masque a retrouvé sa place, plaqué contre sa bouche. Cependant, elle l’assure : une fois vacciné, « il y a des frémissements de liberté ».

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Embrasser plus chaleureusement que « juste sur le front »

Plus qu’un changement radical de leurs modes de vie sous pandémie, ce sont ces petits « frémissements » que les vaccinés contre le Covid-19 racontent. Penchée sur son téléphone portable, Jacqueline Truzman, 68 ans, patiente, mardi 6 avril, dans le couloir du centre de vaccination de l’hôpital d’instruction des armées Bégin, à Saint-Mandé (Val-de-Marne).

Salle d’attente pour la vaccination à l’hôpital d’instruction des armées Bégin de Saint-Mandé, le 6 avril 2021.
Jacqueline Truzman, 68 ans, vient se faire vacciner à l’hôpital d’instruction des armées Bégin de Saint-Mandé, le 6 avril 2021. Elle espère pouvoir embrasser ses petits-enfants un peu plus chaleureusement que « juste sur le front » d’ici à trois semaines.

Cette petite dame apprêtée, aux courts cheveux colorés, reçoit sa seconde dose du vaccin de Pfizer. Contrôles d’identité à l’entrée, treillis à chaque coin de pièce et organisation millimétrée, l’institution militaire rassure la retraitée. Avec un léger retard, elle est appelée dans l’un des six box de vaccination, ouverts en ce premier jour de participation des armées à l’accélération de la campagne vaccinale française.

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