Le séisme en Haïti a fait au moins 724 morts et 2 800 blessés, selon un nouveau bilan – Le Monde

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Des pompiers haïtiens fouillent les décombres d’un immeuble effondré aux Cayes, dimanche 15 août.

Les conséquences dramatiques du puissant séisme de magnitude 7,2 survenu, samedi 14 août dans le sud-ouet d’Haïti, ne cessent de prendre de l’ampleur. Le pays déplore désormais 724 morts et plus de 2 800 blessés, selon le dernier communiqué des services de la protection civile, dimanche 15 août. Un précédent bilan faisait état d’au moins 304 morts.

Le séisme s’est produit samedi vers 8 h 30, heure locale (14 h 30, à Paris), selon les données de l’Institut américain de géophysique (USGS), à 12 km de la ville de Saint-Louis-du-Sud et à 160 km au sud-ouest de la capitale, Port-au-Prince.

Le chef du gouvernement, Ariel Henry, qui a survolé en hélicoptère les zones les plus affectées, samedi, a annoncé que l’état d’urgence avait été déclaré pour un mois dans les quatre départements affectés par la catastrophe.

Après une nuit éprouvante à subir les répliques du séisme, les habitants et les secours s’affairaient dimanche avec des moyens limités pour retrouver des survivants sous les décombres. Nombre d’engins lourds, camions et tractopelles s’activaient pour déplacer des dalles de béton des bâtiments effondrés aux Cayes, près de l’épicentre du séisme.

Les efforts des secours pour aider les victimes pourraient cependant être entravés à l’approche de la tempête tropicale Grace, avec un risque de pluies torrentielles et d’inondations, selon le service national météorologique des Etats-Unis.

Des habitants fouillent dans les décombres d’un hôtel, samedi 14 août aux Cayes, pour tenter de trouver d’éventuels survivants.

Le spectre du séisme de 2010

Du personnel et des médicaments ont déjà été acheminés par le ministère de la santé pour venir en aide aux sinistrés, mais la logistique d’urgence est aussi mise en péril par l’insécurité qui mine Haïti. Sur un peu plus de deux kilomètres, l’unique route reliant la capitale à la moitié sud du pays traverse le quartier pauvre de Martissant, sous contrôle des gangs armés depuis le début de juin, empêchant la libre circulation.

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De nombreux pays, notamment les Etats-Unis, la Républicaine dominicaine, le Mexique, ou encore l’Equateur ont d’ores et déjà offert leur assistance avec l’envoi de personnel, de rations d’urgence et d’équipements médicaux.

Le pays le plus pauvre des Amériques garde encore en mémoire le terrible séisme du 12 janvier 2010. Plus de 200 000 personnes avaient été tuées, et plus de 300 000 autres avaient été blessées. Plus d’un million et demi d’Haïtiens s’étaient ensuite retrouvés sans logis, plaçant les autorités et la communauté humanitaire internationale devant le défi colossal d’une reconstruction dans un pays sans cadastre ni règles de bâti.

Les efforts du pays pour se relever de cette catastrophe avaient été ralentis par la forte instabilité politique. Onze ans plus tard, l’île est toujours en proie à une crise socio-politique aiguë, son président Jovenel Moïse ayant été assassiné le mois dernier.

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Le Monde

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