Le secret de la confession « plus fort que les lois de la République » : le président de la Conférence des évêques de France reçu par Darmanin – Le Monde

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Après la publication du rapport Sauvé sur la pédocriminalité au sein de l’Eglise catholique, Eric de Moulins-Beaufort, le président de la Conférence des évêques de France (CEF) avait déclaré, mercredi 6 octobre, que le secret de la confession était « plus fort que les lois de la République » et provoqué un tollé.

Mgr Eric de Moulins-Beaufort est attendu au ministère de l’intérieur où il rencontrera, mardi 12 octobre, en début après-midi, Gérald Darmanin qui le recevra, à la demande d’Emmanuel Macron, pour lui demander de « s’expliquer sur ses propos ». Le rendez-vous entre les deux hommes, fixé à 14 heures permettra d’échanger « sur le sens du sacrement de la confession pour les catholiques et sur les fondements théologiques, spirituels et canoniques du secret de la confession », selon le président de la CEF.

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La Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase), présidée par Jean-Marc Sauvé, préconise que les autorités de l’Eglise relaient un message clair sur l’obligation faite au confesseur de signaler aux autorités judiciaires et administratives les cas de violences sexuelles sur un mineur ou une personne vulnérable. M. Sauvé a toutefois souhaité que « l’arbre du secret de la confession ne cache pas la forêt de l’ensemble des recommandations » (quarante-cinq au total) de sa commission.

« Le secret de la confession a toujours été respecté »

Une levée du secret de la confession que M. Sauvé a une nouvelle fois justifiée lundi dans un entretien à l’hebdomadaire Famille chrétienne : « L’obligation de protéger la vie des personnes est, de notre point de vue, supérieure à l’obligation du secret de la confession qui vise en particulier à protéger la réputation du pénitent », réaffirme-t-il.

Selon Mgr de Moulins-Beaufort, « le secret de la confession a toujours été respecté par la République française », et n’est « pas contraire au droit pénal français », comme le souligne selon lui une circulaire de la chancellerie d’août 2004 (sur le secret professionnel des responsables religieux). « Eric de Moulins-Beaufort recherche avant tout l’apaisement et rencontrera M. Darmanin dans cette optique-là », a déclaré à l’Agence France Presse (AFP) Karine Dalle, chargée de communication de la CEF.

De son côté, Eric Dupond-Moretti a rappelé vendredi le cadre juridique du secret de la confession, en affirmant « l’impérieuse nécessité » pour les prêtres d’alerter sur les faits de pédocriminalité en cours.

Côté politique, la ministre déléguée à la citoyenneté, Marlène Schiappa, a fait valoir sur Radio J qu’il n’y avait pas « d’exception » pour le respect des lois de la République. « On a voté il y a quelques semaines une loi sur les principes républicains [loi dite contre le séparatisme]. On nous a beaucoup accusés de l’avoir faite contre les musulmans. La première fois que cette loi va s’appliquer, c’est à l’Eglise [catholique] », a observé samedi sur France 2 le patron des députés MoDem, Patrick Mignola.

La candidate du RN à la présidentielle, Marine Le Pen, a souligné dimanche sur BFMTV que le secret confessionnel n’est « ni en dessous, ni au-dessus », mais « dans la loi ».

Le sujet, brûlant, a fait réagir : plusieurs associations de victimes ont exprimé leur lassitude voire leur indignation face aux propos de l’épiscopat. Dans un texte transmis à l’AFP, trois personnalités, dont le cofondateur de l’association de victimes La Parole libérée (aujourd’hui dissoute) François Devaux, ont réclamé lundi « la démission collective de l’ensemble des évêques en exercice », « comme un signe d’espoir et de renouveau ».

Lire l’entretien : Pour la Ciase, le secret de la confession « ne peut pas être opposé à l’obligation légale de signalement de violences sexuelles » sur mineur

Le Monde avec AFP

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