Le SaaS franchit un point de basculement dans la conception de produits

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Le SaaS franchit un point de basculement dans la conception de produits

Les solutions SaaS, basées dans le cloud, offrent aux entreprises un certain nombre d’avantages, en matière de flexibilité, d’évolutivité et d’accessibilité notamment, offrant ainsi de nouvelles façons de travailler dans notre monde physiquement dispersé et numériquement connecté. Leur adoption s’inscrit dans une tendance de fond qui s’applique aux solutions de CAO et de PLM, comme le révèle une récente étude* auprès de dirigeants impliqués dans la conception technique et industrielle, et la gestion du cycle de vie des produits de leur entreprise. Les résultats de l’enquête montrent que les équipes de développement de produits s’intéressent beaucoup plus au SaaS que les experts ne le supposaient jusqu’ici.

Un espace de collaboration à réinventer 

La crise du COVID-19 a amené les entreprises à réorganiser leurs espaces de travail afin de maintenir la collaboration entre leurs employés tenus de rester à la maison. Ces derniers, privés d’un lieu physique pour se rencontrer et échanger, ont dû s’appuyer sur des outils numériques pour recréer l’expérience du bureau et poursuivre leurs activités à distance. Le succès des logiciels de vidéoconférence, tels que Zoom, auprès des professionnels pendant le confinement illustre bien cette dynamique.

Toutefois, beaucoup pensent que ce type d’outils ne suffit pas ; la performance du télétravail ne sera pas optimale tant que les logiciels de collaboration et les logiciels de travail seront distincts. Les professionnels attendent des outils logiciels véritablement collaboratifs et ce besoin sera satisfait avec l’adoption accrue de solutions SaaS.

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Un intérêt marqué pour les solutions de CAO et PLM en mode SaaS

Le SaaS détient actuellement une petite part des marchés de la CAO et du PLM. Cependant, 75 % des personnes interrogées dans le cadre de l’étude étaient prêtes à explorer des solutions de CAO en mode SaaS. 52% des répondants se sont montrés favorables à l’hébergement sur site (on-premise) pour ce type de solutions. On retrouve une tendance similaire pour le PLM, bien que l’intérêt pour le SaaS ne soit pas aussi fort.

Le scepticisme, qui a pu freiner l’adoption du SaaS dans le domaine de la conception de produits, ne sera pas un frein décisif à l’avenir. Les entreprises souhaitent disposer de plus d’options SaaS. Qu’est-ce qui peut expliquer la cause de ce changement d’attitude ?

La COVID-19, un catalyseur

De nombreux bureaux d’études ont vu leur activité réduite ou bloquée parce qu’ils rencontraient des problèmes pour accéder aux données pendant le confinement. La COVID-19 a donc encouragé les entreprises à investir dans le SaaS et continuera de porter son développement pendant un moment. Ainsi, selon 35 % des personnes interrogées, elle a renforcé leur intérêt pour des solutions de CAO et de PLM en mode SaaS.

La COVID-19 pourrait très bien être le catalyseur d’une migration massive vers le SaaS sur le marché de la conception de produits ; une migration qui a déjà eu lieu sur d’autres marchés du logiciel d’entreprise – notamment la gestion de la relation client (CRM) et la gestion du capital humain (HCM) – au cours de la dernière décennie.  

Le SaaS, pour une entreprise plus performante

Si la COVID-19 peut être un levier de l’adoption du SaaS, elle n’en sera pas le moteur. La croissance significative du SaaS sur le marché de la CAO et du PLM sera motivée par les avantages dont pourront bénéficier les utilisateurs par rapport aux autres modes de déploiement. Le mode SaaS est ainsi plébiscité pour les capacités de collaboration, d’évolutivité, d’innovation qu’il offre, mais aussi, le coût total de possession.

En revanche, la possibilité d’accéder aux fonctionnalités d’un logiciel sans connexion Internet a plutôt favorisé les solutions avec un hébergement sur site. Si le développement du SaaS semble prometteur sur les marchés de la CAO et du PLM, de multiples freins subsistent.

Principales craintes formulées à l’égard du SaaS

L’étude invitait les répondants à évaluer la pertinence du SaaS et du modèle d’hébergement sur site (on-premise) pour répondre à de nombreux enjeux d’entreprise. Le SaaS obtenait presque toujours leur faveur, sauf en ce qui concerne la capacité d’accéder aux applications sans connexion Internet et la cybersécurité. 

La défiance à l’égard du SaaS sur ces enjeux d’accessibilité n’est pas surprenante. Elle traduit simplement une limite de ce modèle qui requiert une connexion internet pour l’accès et l’utilisation des applications logicielles et services. Ce principe de fonctionnement ne constitue pas, toutefois, un obstacle majeur à son adoption puisque les principales préoccupations d’un hébergement sur site concernent les temps d’arrêt et les interruptions d’activité mais aussi le respect des exigences réglementaires ; ces deux derniers points étant maîtrisés en SaaS grâce à des normes et une continuité de service (SLA -Service Level Agreement) généralement encadrée par contrat.

La cybersécurité, en revanche, se révèle un facteur plus limitant de l’adoption du SaaS.  Cette crainte est-elle justifiée ? Est-elle fondée sur une compréhension approfondie de la cybersécurité dans le cloud ou sur une idée reçue partagée par certains industriels dont la culture d’entreprise s’est construite autour de la gestion des risques ? Dans les deux cas, seule une collaboration étroite entre les fournisseurs de solutions SaaS et les clients utilisateurs permettra de déterminer où se situent les points d’achoppement, au niveau de la compréhension ou des compétences.

Un changement nécessaire dans les comportements d’adoption

Il est probable que le plus grand obstacle à l’adoption de la CAO et du PLM en mode SaaS n’aurait rien à voir avec le SaaS, mais serait plutôt lié aux propriétés intrinsèques des solutions CAO et PLM.  

Ces logiciels rendent captifs leurs utilisateurs. D’une part, les entreprises qui utilisent la CAO et le PLM conservent pendant des années, voire des décennies, des historiques de données dont le format est propre à leurs outils ; le transfert de ces données pouvant alors être source de difficultés. D’autre part, les entreprises doivent également composer avec la réticence des utilisateurs finaux, attachés à leurs méthodes et environnements de travail familiers. 

La transition vers de nouvelles solutions, quel que soit le mode de déploiement, peut donc s’avérer délicate, tant sur le plan organisationnel que culturel. Aujourd’hui, certaines fonctionnalités du SaaS facilitent la démarche de migration vers un nouvel outil CAO ou PLM.  Par exemple, il n’y a pas de processus d’installation, les possibilités de configurations sont souvent bien meilleures et le service peut s’adapter à l’activité du client selon les besoins. 

Les entreprises peuvent être classées en trois catégories différentes selon leur approche quant à la gestion et à la maintenance de leurs solutions de CAO. Les entreprises opportunistes agissent au cas par cas, ou lorsque les fournisseurs lancent de nouvelles mises à jour ou fonctionnalités. Les plus conservatrices étudient les possibilités d’envisager une nouvelle solution de CAO à des intervalles de temps prédéterminés.  Enfin, d’autres n’ont pas mis en place de stratégie formelle et réévaluent rarement leurs logiciels.

La stratégie conservatrice et l’absence de stratégie ont prévalu pendant longtemps. L’innovation dans les secteurs de l’ingénierie et de la fabrication était davantage ancrée dans la stratégie organisationnelle et l’excellence des employés que dans les outils utilisés pour la mettre en œuvre.  

Mais la CAO et le PLM, ainsi que les nouvelles technologies comme l’IIoT, rebattent les cartes des habitudes. Des technologies comme la conception générative, l’impression 3D, la réalité augmentée, l’intelligence artificielle, ainsi que les jumeaux numériques et les fils numériques, remodèlent nos attentes par rapport aux outils CAO et PLM. Ces solutions ne doivent plus être simplement considérées comme des technologies matures et à évolution lente, mais elles s’inscrivent dans la lignée des technologies de rupture.

L’accélération du rythme d’innovation et les nouvelles technologies devenant de plus en plus simples à mettre en œuvre plaident en faveur d’une approche plus opportuniste en matière d’adoption de logiciels. Dans ce contexte, nul doute que les solutions SaaS seront privilégiées. 

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