Le retrait américain d’Afghanistan tourne à la déroute pour l’administration Biden – Le Monde

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De la fumée s’échappe à proximité de l’ambassade américaine de Kaboul, en Afghanistan, dimanche 15 août.

C’est la première crise internationale de Joe Biden et elle se passe mal. L’administration démocrate a été prise de court par la conquête surprise de l’Afghanistan par les talibans, alors que la chute de Kaboul semble imminente. Il y a quelques semaines, les Américains espéraient qu’une solution partiellement négociée serait possible avec les talibans. En réalité, la priorité unique est désormais d’évacuer quelque 10 000 citoyens américains et leurs collaborateurs et alliés afghans. La prise annoncée de Kaboul a des airs de chute de Saïgon, en 1975, quand le régime pro-Américain avait perdu face au Vietnam du Nord communiste. Mais cette chute est survenue deux ans après le retrait américain, tandis que la conquête des talibans n’a pris que quelques semaines.

Le président américain, qui multiplie les réunions de crises dans la retraite présidentielle de Camp David, à côté de Washington, a désormais pour priorité quasi unique l’évacuation de ses ressortissants. « J’ai autorisé le déploiement d’environ 5 000 soldats américains pour garantir que nous puissions procéder à un retrait ordonné et sûr du personnel américain (…), ainsi qu’une évacuation ordonnée et sûre des Afghans qui ont aidé nos troupes », écrit Joe Biden dans un communiqué publié samedi 14 août. Les 5 000 militaires comprennent les 3 000 soldats d’infanterie américains dont le renfort a déjà été annoncé la semaine dernière, ainsi que 1 000 autres soldats déjà stationnés à Kaboul. L’annonce de M. Biden samedi signifie donc l’envoi effectif de 1 000 soldats supplémentaires en provenance du golfe Persique.

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Selon le New York Times, les Américains en sont à demander un délai aux talibans. « Un haut responsable américain a déclaré que Zalmay Khalilzad, le négociateur américain en chef avec les talibans dans les pourparlers de paix à Doha, au Qatar, avait demandé au groupe extrémiste de ne pas entrer à Kaboul tant que les Etats-Unis n’auraient pas terminé d’évacuer. (…) On ne savait pas à quelle vitesse les évacuations pourraient être effectuées ou si cela était même possible », écrit le quotidien new-yorkais, qui ajoute que les responsables talibans ont répliqué en demandant que les Etats-Unis cessent les frappes aériennes contre leurs combattants.

Réduit à menacer les talibans, M. Biden précise dans son communiqué qu’il a informé leurs représentants à Doha que « toute action de leur part sur le terrain en Afghanistan, qui mettrait en danger le personnel américain ou notre mission là-bas, se heurtera[it] à une réponse militaire américaine rapide et forte ». 

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