Le recours par Macron au cabinet de conseil McKinsey au centre des critiques, Pécresse imagine ses six premiers mois de présidence… Les infos politiques du jour – Le Monde

Le Monde tient le carnet de bord de la campagne de l’élection présidentielle de 2022 : un point quotidien, publié à 19 heures, analyse les faits politiques de la journée écoulée et aborde les rendez-vous à venir.

L’info du jour : le recours par Emmanuel Macron au cabinet de conseil McKinsey au centre des critiques

A dix jours du premier tour, Emmanuel Macron se retrouve aux prises avec une polémique sur le recours par le gouvernement aux cabinets de conseil, en particulier McKinsey. En déplacement à Fouras, en Charente-Maritime, le président candidat a dénoncé « des contrevérités », avant de défendre l’utilisation de cabinets de conseil pour des missions ponctuelles.

Selon lui, il est « tout à fait légitime de se dire : « Si j’ai besoin d’une mission, je prends quelqu’un pour la mission », soit un contractuel, soit un prestataire ». M. Macron a ensuite été questionné sur le manque de fonctionnaires, qui aurait poussé l’Etat à faire appel à ces cabinets de conseil. « On a trop supprimé de fonctionnaires [qui étaient] sur le terrain et pas en centrale, a-t-il encore dénoncé. Je n’ai pas supprimé [de postes de fonctionnaires], mais j’arrive dans un pays où on en a supprimés. »

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Plus tôt dans la matinée de jeudi, plusieurs candidats à la présidentielle avaient reproché à M. Macron son recours massif aux cabinets de conseil durant le quinquennat qui s’achève. Valérie Pécresse, la candidate des Républicains (LR), a dit qu’elle ne souhaitait pas avoir recours aux cabinets de conseil « à ces niveaux de montants ». « Je ne suis pas contre qu’on puisse avoir des partenariats entre le public et le privé. Le sujet qui choque les Français, c’est de voir que McKinsey n’a pas payé ses impôts en France depuis dix ans », a estimé Mme Pécresse, pour qui le recours aux cabinets de conseil « dépendra des missions, et évidemment pas à ces niveaux de montants ».

Le candidat d’extrême droite Eric Zemmour (Reconquête !) a promis qu’il ne ferait pas appel à des cabinets de conseil s’il est élu. « Je suis archi sûr » de ne pas le faire, a-t-il affirmé sur RTL, dénonçant une « triple gabegie » : « On a des hauts fonctionnaires qui ne sont pas utilisés pour ce qu’ils peuvent faire ; on paie des cabinets de conseil souvent très cher ; avec des systèmes d’optimisation fiscale, ils ne paient pas d’impôts. »

M. Zemmour a ensuite accusé M. Macron d’avoir confié des missions de conseil au cabinet McKinsey par favoritisme. « Je pense qu’Emmanuel Macron a renvoyé l’ascenseur à McKinsey, qui a travaillé gratuitement pour sa campagne », a-t-il affirmé. Une accusation dont le président de la République s’était vigoureusement défendu, le 27 mars : « On a l’impression qu’il y a des combines, c’est faux. Il y a des règles de marchés publics. »

La photo du jour : Valérie Pécresse présente le calendrier des six premiers mois de sa présidence

Le sénateur Les Républicains Bruno Retailleau et la candidate du parti à la présidentielle, Valérie Pécresse, lors de la conférence de presse consacrée aux « 100 jours », jeudi 31 mars, à Paris.

Retraites, immigration ou santé… Distancée dans les sondages où elle figure en quatrième ou cinquième position, Valérie Pécresse a pourtant bien en tête le calendrier de ses réformes prioritaires si elle est élue présidente de la République. La candidate des Républicains a présenté, jeudi, son calendrier des « cent jours pour le redressement de la France » – en réalité, des six premiers mois – qui se veut « un projet de rupture après des années d’inaction et de renoncement », a-t-elle souligné lors d’une conférence de presse.

A dix jours du premier tour de l’élection présidentielle, « il était important de montrer que nous sommes prêts, que nous avons une équipe capable d’exercer, demain, des responsabilités », a expliqué Valérie Pécresse aux côtés du président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau, qui a mis en musique le projet. Malgré la guerre en Ukraine, « on peut changer de capitaine et avoir une présidente qui, dans les cent quatre-vingts jours après son élection, changera la France avec des projets de loi déjà écrits », a ajouté la candidate du parti de droite, de retour en campagne après plusieurs jours d’isolement à cause de sa contamination par le SARS-CoV-2.

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Sommet européen fin juin « consacré à la protection des intérêts de l’Europe et des Européens », « revue stratégique » de la défense, « conférence sociale et salariale » pour mettre sur les rails la hausse de 10 % des salaires… Une « conférence de simplification » serait lancée ainsi qu’un « audit de l’ensemble des comptes publics de la France » et un « Elysée de l’environnement » pour « rétablir la trajectoire de lutte contre le réchauffement climatique ».

Avant les législatives, Mme Pécresse s’est engagée à abroger la circulaire Valls sur la régularisation des étrangers sans papiers et la réforme de la haute fonction publique, ainsi que celle de la justice limitant les emprisonnements pour courtes peines.

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La phrase du jour

Emmanuel Macron : « Je n’ai jamais banalisé le Front national. Les solutions qu’il propose, je les combats avec force »

Il appelle à ne pas banaliser les candidats d’extrême droite Marine Le Pen et Eric Zemmour. Après un bain de foule dans le centre-ville de Fouras, en Charente-Maritime, jeudi, Emmanuel Macron a répondu aux questions des journalistes sur la dynamique de la candidate du Rassemblement national (qui a succédé au Front national en 2018) dans les sondages.

« Je ne fais pas de politique de fiction, mais, collectivement, j’ai moins entendu dire qu’elle est d’extrême droite. Il faut continuer à dire quelle est la vérité des projets », a déclaré le président candidat lors de son déplacement de campagne consacré à son bilan et à ses propositions consacrées à l’écologie, assurant : « Je vais me battre jusqu’à la dernière seconde. »

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Toujours à propos de M. Zemmour et Mme Le Pen, le chef de l’Etat a estimé qu’il s’agit d’« un tandem qui est en train d’avancer avec des idées d’extrême droite, porté par un clan et un nouveau venu ».

« Les gens ont détourné le regard, disent « c’est plus sympathique », l’ont banalisé… Moi, je n’ai jamais banalisé le Front national. J’ai toujours respecté les électeurs qui votaient, mais les solutions qu’il propose, je les combats avec force », a insisté M. Macron.

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Le jour où… En 2007, l’écologie devient un passage obligé, même si le flou persiste sur les objectifs et sur les moyens de les atteindre

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Il y a quinze ans, pour la première fois dans une campagne présidentielle, l’écologie devenait un passage obligé. Ce thème n’était plus le domaine réservé des Verts, mais s’imposait dans tous les camps, comme un sujet politique et non plus seulement technique. « Les trois candidats actuellement en tête dans les sondages consacrent aux questions environnementales un volet détaillé de leur programme », peut-on lire dans Le Monde daté du 31 mars 2007.

« Dans leurs déclarations publiques, Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Ségolène Royal s’accordent sur un constat : la crise écologique met en jeu la « survie » de l’humanité », écrit la journaliste Gaëlle Dupont, qui explique qu’une succession d’événements a favorisé cette prise de conscience. La publication, le 2 février 2007 à Paris, du quatrième rapport du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat, confirmant la responsabilité humaine dans le phénomène, ou encore l’irruption sur la scène politique de l’animateur de télévision Nicolas Hulot ont contribué à mettre en lumière la question de l’environnement.

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Les principaux candidats promettent tous de renforcer le poids de l’écologie dans le futur gouvernement, de s’engager en faveur d’une organisation mondiale de l’environnement, d’agir dans le cadre européen, de mettre l’accent sur la recherche, de développer l’éducation à l’environnement, de promouvoir des énergies renouvelables, de mieux reconnaître le rôle des associations, par exemple. Malgré quelques impasses, sur l’urbanisme ou la pêche entre autres, les principaux enjeux sont évoqués dans les programmes.

« Mais le flou persiste sur les objectifs et, surtout, sur les moyens de les atteindre », souligne Gaëlle Dupont. « Par exemple, alors que tous les candidats chantent les louanges de l’agriculture biologique, seuls Dominique Voynet et José Bové fixent un objectif précis en pourcentage de la surface agricole », explique la journaliste, poursuivant : « Or l’exemple des politiques menées à l’échelle européenne prouve qu’en matière d’écologie la fixation d’échéances et d’objectifs chiffrés est le seul moyen de progresser. »

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A l’agenda du vendredi 1er avril

Partie de campagne. Anne Hidalgo, la candidate socialiste, est en déplacement à Nantes, tandis que la candidate des Républicains, Valérie Pécresse, se rend à Rognac (Bouches-du-Rhône). Le candidat souverainiste à la présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), va, lui, à Carcassonne.

Grand oral consacré aux migrations. Plusieurs candidats à la présidentielle sont invités à décliner leurs propositions sur le thème des migrations par vingt organisations engagées pour l’inclusion des nouveaux arrivants. Les auditions débutent à partir de 14 heures depuis le Musée de l’histoire de l’immigration, à Paris.

Meetings. Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national, donne un meeting à Stiring-Wendel (Moselle) à partir de 18 h 30. La candidate de Lutte ouvrière, Nathalie Arthaud, prononce un discours à Vénissieux (Rhône), dans la salle Irène Joliot-Curie, à 19 heures.

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