Le rachat d’Arm par Nvidia ne fait pas l’unanimité auprès de ses fondateurs

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Le rachat d'Arm par Nvidia ne fait pas l'unanimité auprès de ses fondateurs

Le rachat par Nvidia du fondeur britannique Arm auprès du fond japonais Softbank pour la modique somme de 40 milliards de dollars continue à faire couler beaucoup d’encore. Dans une pétition publiée en début de semaine, Hermann Hauser, l’un des fondateurs d’Arm se dit “extrêmement préoccupé” par cette opération. Une “inquiétude” partagée par nombre de ses collègues de Cambridge, de l’industrie financière et électronique britannique, tous cosignataires de cette lettre, comme il le souligne.

Si Nvidia assure qu’Arm resterait à Cambridge et que Nvidia émettrait 1,5 milliard de dollars de capital pour les employés d’Arm, cela ne semble pas suffisant pour apaiser les craintes de Hermann Hauser. “Lorsque le siège social sera transféré aux États-Unis, cela entraînera inévitablement la perte d’emplois et d’influence au Royaume-Uni, comme nous l’avons vu avec le rachat de Cadbury par Kraft”, relève ce dernier, qui y voit une perte de souveraineté non seulement pour le Royaume-Uni, mais également pour l’Europe toute entière.

“Arm est la seule entreprise technologique britannique restante, avec une position dominante dans le domaine des microprocesseurs pour téléphones portables. Elle détient une part de marché de plus de 95 %”, rappelle-t-il, pointant du doigt une perte de rayonnement du Royaume-Uni, qui selon lui a déjà “souffert de la domination technologique américaine par des sociétés comme Google, Facebook, Amazon, Netflix, Apple et d’autres”.

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London Calling

D’autant que, parmi les 500 entreprises-clientes d’Arm, beaucoup commercent avec le monde entier, dont la Chine. Le rachat du britannique par Nvidia signifiera à terme qu’Arm sera soumis aux lois américaines et devra donc respecter l’embargo américain décrété sur les acteurs chinois des nouvelles technologies, avec tous les risques de dégâts collatéraux que cela pourrait engendrer.

Mais les signataires ont peut-être la botte secrète pour s’éviter ces écueils. Ces derniers exigent donc de Nvidia trois engagements contraignants. D’une part, ils demandent des garanties d’emploi juridiquement contraignantes pour les employés de l’armement au Royaume-Uni. En outre, ces derniers réclament un accord juridiquement contraignant selon lequel Nvidia ne doit pas obtenir de traitement préférentiel par rapport aux autres détenteurs de licences d’armement.

Enfin, ils appellent à ce que les entreprises britanniques partenaires d’Arm ne soient pas soumises aux mêmes règles que leurs homologues américaines, et qu’elles puissent donc continuer à commercer avec la Chine sans risquer de pénalités de la part de Washington.

Pour Hermann Hauser, “l’alternative naturelle à la vente de Arm à Nvidia est de faire entrer Arm à la Bourse de Londres et d’en faire à nouveau une société britannique”, explique-t-il en rappelant aux autorités que celles-ci ont déjà mis la main à la pâte pour aider l’opérateur de satellites européen OneWeb et qu’il leur serait possible de réitérer cet engagement auprès d’Arm. “Vous pourriez dépenser 1 à 2 milliards de livres sterling en tant qu’investisseur principal pour une introduction en bourse à la Bourse de Londres et obtenir une part d’or pour cette introduction afin que ce problème ne se reproduise plus”, glisse-t-il à l’attention de l’exécutif britannique. Reste désormais à voir si cet appel sera entendu par Londres.

 

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