Le projet de train autonome de la SNCF suit une série de tests

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Le projet de train autonome de la SNCF suit une série de tests

Le train automatique pour le transport de marchandises est déjà une réalité. Mais pour le transport de voyageurs, c’est une autre paire de manches. Pour monter en puissance dans l’automatisation de ses trains, un consortium mené par la SNCF et composé d’Alstom, Bosch, Spirops, Thales et de l’Institut de Recherche Technologique Railenium, vient d’annoncer les premiers tests sur un train régional automatique sans voyageur, après deux ans et demi de développement.

« En début d’année, une rame TER Regio 2N a été spécialement modifiée et équipée par l’usine Alstom de Crespin (anciennement Bombardier) afin de réaliser des essais. Différents capteurs, caméras, radars, LiDAR (détection laser) ont été installés afin de récolter des données indispensables au projet », expliquent les partenaires dans un communiqué.

Le TER était conduit par un conducteur SNCF spécialisé dans la conduite en situation d’essai, précise le consortium. « C’est une belle étape que vient de franchir, avec succès, notre projet. Un pas de plus est fait vers la maîtrise de l’autonomie ferroviaire. La mobilisation des équipes SNCF et de nos partenaires nous permet d’explorer l’ensemble des enjeux humains et technologiques. Avec nos travaux de recherche et nos essais, nous faisons progresser le ferroviaire et préparons son développement futur », ajoute Pierre Izard, directeur Technologies, Innovation, Projets Groupes du groupe SNCF.

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Ambition : parvenir à l’autonomie complète en 2023

Contrairement à l’automobile, le train est un mode de transport guidé par rails. La tenue de route est donc moins un enjeu de l’automatisation, mais la détection d’obstacles est au contraire un critère essentiel. Ces essais ont notamment permis de tester les systèmes de perception et de reconnaissance des signaux le long de la voie et le dispositif de géolocalisation du train.

Cette phase d’essai sur rails a été suivie d’une phase de test au centre d’essai ferroviaire de Petite-Forêt, près de Valenciennes, où le système permettant d’automatiser l’accélération et le freinage a pu être étudié. Une seconde phase d’essai est toujours en cours au sein du centre pour mettre au point le système de conduite sur cette même rame prototype.

Ces nouveaux essais « permettront d’aboutir, dans les prochains mois, à la circulation en semi-autonomie en phase d’essai ». La conduite dite “semi-autonome” est ce qui permet l’automatisation de l’accélération et du freinage du train, supervisée par un conducteur. L’objectif est de parvenir à l’autonomie complète en 2023.

Les travaux d’ingénierie se poursuivent en parallèle

La rame sera utilisée au cours des deux prochaines années comme prototype du train de voyageurs autonome. Utilisée aussi en conduite classique pour effectuer des trajets commerciaux, elle enregistrera des données pour améliorer la performance des algorithmes de reconnaissance des signaux, évoquent les participants du projet.

En parallèle, des travaux sont également menés en laboratoire sur des simulateurs d’essai pour affiner des parcours du train et améliorer la mise au point du système automatisé.

Bien sûr, ces essais suivent un protocole de sécurité très strict. Ils ont notamment fait l’objet d’une autorisation de la part de l’EPSF, l’autorité nationale de sécurité ferroviaire engagée dans le projet en tant qu’observateur. L’EPSF sera « en mesure d’anticiper la compréhension des technologies développées et leur impact sur le système ferroviaire, ainsi que les éventuelles évolutions réglementaires à mettre en place pour ce nouveau type d’exploitation », d’après le consortium.

Les enjeux de cybersécurités ont également été pris en compte dès le début avec une collaboration étroite de l’Anssi.

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