Le point sur le gouvernement Castex : quelques surprises, une droite renforcée mais « pas de gros changement » – Le Monde

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Alexis Kohler, secrétaire général de l'Elysée, annonce la composition du nouveau gouvernement au palais présidentiel à Paris, le 6 juillet.

Il avait promis de se « réinventer », de promouvoir « de nouveaux visages », et de donner une coloration plus sociale et écologique à la fin de son quinquennat. Mais au final, Emmanuel Macron n’a pas décidé de renverser la table.

Après avoir affirmé à plusieurs reprises qu’il ne changerait pas le fond de sa politique, puis avoir nommé Jean Castex à Matignon, un homme du centre droit, comme Edouard Philippe, la composition du gouvernement, présentée lundi 6 juillet, ressemble elle aussi à une forme de changement dans la continuité.

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Alors que de « nombreuses surprises » étaient annoncées, la nouvelle équipe − composée de trente ministres et ministres délégués − enregistre peu de nouvelles prises. Lors d’une rencontre avec les parlementaires de la majorité, lundi soir, le nouveau premier ministre a lui-même reconnu qu’il n’y avait « pas de gros changement ».

« Dupond-Moretti, c’est le choix paillettes »

Les principales surprises sont l’arrivée de l’ex-ministre de la santé, Roselyne Bachelot, à la culture, et de l’avocat médiatique et souvent en butte avec la magistrature, Eric Dupond-Moretti, à la justice. Deux figures connues du grand public, destinées à donner du clinquant à l’exécutif, parfois jugé trop terne, trop « techno ». « Dupond-Moretti, c’est le choix paillettes du président », concède un intime du chef de l’Etat.

Autre enseignement : la promotion de Gérald Darmanin à l’intérieur, en remplacement de Christophe Castaner, qui avait perdu la confiance des forces de l’ordre. Un choix qui confirme la place de premier plan occupée par le maire de Tourcoing (Nord) au sein de la Macronie, après avoir réussi un sans-faute au budget et avoir été réélu au premier tour des municipales. « Darmanin a donné des gages. Il est loyal vis-à-vis du président et méritait cette promotion », justifie un conseiller du chef de l’Etat. Un choix qui étonne néanmoins au sein de la majorité, où l’on souligne que ce transfuge de la droite reste proche de Nicolas Sarkozy et de Xavier Bertrand, un potentiel rival de M. Macron pour la présidentielle de 2022.

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Parmi les huit entrants figurent également la députée La République en marche (LRM) de la Somme, Barbara Pompili, qui devient ministre de la transition écologique et gagne le logement. L’ex-secrétaire d’Etat sous François Hollande aura la lourde responsabilité d’incarner le volontarisme vert de M. Macron, après le départ de Nicolas Hulot en 2018 et le passage jugé trop effacé de sa prédécesseure, Elisabeth Borne, qui avait succédé à François de Rugy. Le député (ex-LRM) de Maine-et-Loire Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, l’exhorte à « tenir bon pour traduire sans filtre les 146 engagements de la convention citoyenne et pour gagner de beaux arbitrages budgétaires ».

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