Le point sur le coronavirus en France : la secrétaire d’Etat Brune Poirson testée positive, un premier cas à la prison de Fresnes – Le Monde

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Un médecin effectue des recherches sur le coronavirus, dans les laboratoires de recherche de l'hôpital Henri-Mondor, à Créteil.

Un médecin effectue des recherches sur le coronavirus, dans les laboratoires de recherche de l’hôpital Henri-Mondor, à Créteil. ADRIENNE SURPRENANT POUR « LE MONDE »

La France se calfeutrait samedi 14 mars pour tenter de freiner la pandémie. Alors que des millions de Français vont se rendre aux urnes dimanche pour élire leur maire, le dernier bilan communiqué vendredi soir par le ministre de la santé, Olivier Véran, faisait état de près de 800 nouveaux cas de Covid-19 et 18 morts supplémentaires en vingt-quatre heures.

Un bilan qui illustre l’accélération tant redoutée par les autorités. Dans le pays, 3 661 cas et 79 morts ont été confirmés depuis le début de l’épidémie. Brune Poirson, la secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire, a été testée positive, de même qu’un détenu de la maison d’arrêt de Fresnes – premier cas dans les prisons françaises.

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  • La secrétaire d’Etat Brune Poirson testée positive

Brune Poirson a été testée positive au coronavirus, mais son état de santé « ne présente pas de signe inquiétant », a annoncé son cabinet samedi. « Conformément aux recommandations des autorités de santé, l’ensemble des cas contacts ont été répertoriés et observent dès à présent une mise en quatorzaine », a-t-on précisé de même source. C’est la deuxième personne faisant partie du gouvernement a être testée positive, après le ministre de la culture, Franck Riester.

  • Un premier cas en prison

Un détenu de Fresnes de 74 ans a été testé positif au coronavirus, une première dans les prisons françaises, a annoncé samedi la porte-parole du ministère de la justice, Agnès Thibault-Lecuivre.

Incarcéré le 8 mars en cellule individuelle dans la prison du Val-de-Marne, cet homme a été, après l’apparition de premiers symptômes, conduit vendredi à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre où sa contamination a été avérée. « Il [n’a] pas été en contact avec d’autres détenus », assure le ministère. Ce septuagénaire avait fait l’objet d’un « suivi particulier » dès son arrivée à Fresnes en raison de son âge et de son « état de santé ».

Un « dispositif de suivi » a été, depuis, mis en place à Fresnes pour le personnel pénitentiaire qui a été en contact avec le détenu, a ajouté Mme Thibault-Lecuivre. Il n’était, pour l’heure, pas possible de déterminer si sa contamination a eu lieu en milieu ouvert ou au sein de la prison. Vendredi, la ministre de la justice, Nicole Belloubet, avait annoncé qu’une infirmière de Fresnes avait contracté la maladie, mais le lien entre les deux contaminations n’était pas établi à ce stade.

Avec 2 159 détenus pour 1 320 places, la maison d’arrêt de Fresnes connaît, comme de nombreux autres établissements en France, une forte surpopulation carcérale.

L’expansion géographique du virus continue également avec un premier cas à Mayotte, département français de l’océan Indien.

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  • L’ibuprofène susceptible d’aggraver des infections déjà existantes

Le ministre de la santé a de son côté mis en garde samedi contre la prise d’ibuprofène chez les personnes infectées par le coronavirus. « La prise d’anti-inflammatoires (ibuprofène, cortisone…) pourrait être un facteur d’aggravation de l’infection. En cas de fièvre, prenez du paracétamol. Si vous êtes déjà sous anti-inflammatoires ou en cas de doute, demandez conseil à votre médecin », a-t-il conseillé.

L’ibuprofène, vendu sous ce nom et diverses appellations commerciales (comme l’Advil et le Nurofen), est en effet susceptible d’aggraver des infections déjà existantes, avec de grosses complications éventuelles. Plusieurs médecins ont évoqué des cas de patients jeunes atteints du Covid-19 et sans comorbidités qui se retrouvent dans un état grave après avoir pris de l’ibuprofène contre leur fièvre.

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  • Une nouvelle salve de mesures publiées au « Journal officiel »

Pour tenter d’enrayer la propagation du Covid-19 en France, une nouvelle salve de mesures ont été publiées samedi au Journal officiel, dont l’interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes (contre 1 000 précédemment), annoncée vendredi par le premier ministre, Edouard Philippe, ou la réquisition de nouvelles catégories de masques afin d’en réserver l’usage aux professionnels de santé et aux malades.

De nombreux musées, salles de spectacle, parcs d’attractions (dont Disneyland Paris) et établissements culturels à travers le pays ont annoncé leur fermeture aux visiteurs, les uns après les autres.

La RATP et la SNCF envisagent une « offre réduite » de transport la semaine prochaine, car certains employés, comme des millions de leurs compatriotes, devront rester chez eux pour garder leurs enfants.

Les crèches (comme les établissements scolaires et universitaires) ferment mais le ministre de la santé a annoncé vendredi une dérogation pour les structures accueillant moins de dix enfants et pour les assistantes maternelles « qui le peuvent ». Ces structures et ces personnes pourront continuer de recevoir les plus jeunes afin d’alléger les complications logistiques des parents. Quelque 4 400 microcrèches « accueilleront les enfants habituellement inscrits », a ainsi assuré la Fédération des entreprises de crèche (FFC) samedi.

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Par ailleurs, les enfants des « personnels soignants essentiels » seront accueillis à partir de lundi par des enseignants dans les écoles – qui resteront fermées jusqu’aux prochaines vacances scolaires au moins, a précisé le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer. Les parents d’enfants de moins de 16 ans qui ne peuvent pas recourir au télétravail « ont droit automatiquement » à un arrêt maladie, sur demande de l’employeur : l’Etat prendra en charge « intégralement » le chômage partiel demandé par les entreprises pénalisées.

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Le Monde avec AFP

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