Le « pèlerinage laïque » de Macron, en précampagne présidentielle – Le Monde

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Xavier Bertrand et Emmanuel Macron lors de la commémoration de la bataille de Montcornet, à La Ville-aux-Bois-lès-Dizy (Aisne), le 17 mai 2020.

Face à ceux qui doutaient encore de sa détermination à poursuivre l’aventure présidentielle au-delà de 2022, Emmanuel Macron a désormais levé toute ambiguïté. En commençant, mercredi 2 et jeudi 3 juin, son tour de France par la visite des villages du Lot de Saint-Cirq-Lapopie et Martel afin, selon ses mots, de « prendre le pouls » d’une France inquiète et abîmée par quinze mois de pandémie, le président signe le démarrage officieux d’une campagne visant à briguer un deuxième mandat.

Si l’intéressé se défend de toute tactique électorale, son entourage le confirme. Cette traversée de la France des villes et des campagnes, qui devrait durer près de deux mois pour « écouter » et comprendre les attentes des Français, est « un geste de campagne ».

« Accompagner la “positive attitude” »

« Le président est toujours en campagne pour écouter, agir et expliquer. Est-il en campagne électorale ? Je ne le crois pas. Est-il en campagne pour nos valeurs, pour la France et pour l’Europe ? Oui. Il n’a jamais cessé de l’être », précisait le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand (La République en marche, LRM), dans un entretien à Paris Match le 27 mai. « Si on veut prendre la métaphore cycliste du Tour de France, on peut parler d’une échappée d’un président candidat », appuie Frédéric Dabi, directeur général de l’institut de sondage IFOP.

Pensée comme un « pèlerinage laïque », cette tournée française, dont les contours ont été esquissés dans l’entretien d’Emmanuel Macron à la revue Zadig du 26 mai, doit permettre au chef de l’Etat de capitaliser sur l’euphorie ambiante. A l’heure où le pays se déconfine en renouant peu à peu avec la « vie d’avant », il s’agit « d’accompagner la positive attitude et de ne pas perdre le contact », souligne un proche du président.

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Mais l’ex-banquier de Rothschild qui, à l’aube de 2017, pensait réconcilier la population avec la mondialisation, s’adressant aux « cadres sup » et aux créateurs de « start-up », prend aujourd’hui une tout autre direction qui se veut plus humaniste et moins arrogante.

Et il n’est pas anodin que son périple, constitué d’une dizaine d’étapes qui pourrait le mener des quartiers Nord de Marseille aux ruelles d’Amiens en passant par la Seine-Saint-Denis et peut-être la Polynésie, commence par Saint-Cirq-Lapopie, minuscule cité médiévale à l’abri des désordres de la modernité. Un lieu où 7 000 mètres carrés de rues goudronnées ont récemment été troquées pour des pavés. « On y trouve une forme de ruralité heureuse », décrit Emmanuel Macron dans Zadig.

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