Le numérique grand absent du remaniement ministériel

Spread the love
Le numérique grand absent du remaniement ministériel

L’absence d’un ministère dédié au numérique s’est faite remarquer lors du remaniement ministériel intervenu en début de semaine. « Alors que la France vient de vivre le plus grand moment de transformation numérique de son Histoire, que les usages numériques développés pendant la période de confinement ont conforté la supériorité des solutions extra-européennes, le gouvernement envoie un signal particulièrement inquiétant en ne nommant pas un.e ministre du numérique », s’est indignée France Digitale dans un communiqué, rapidement après l’annonce.

Quant au sort de Cédric O, l’actuel secrétaire d’Etat chargé du Numérique, rattaché au Premier ministre, le suspens reste entier. L’annonce des secrétaires d’Etat ne devrait pas intervenir avant « la semaine prochaine », avançait hier Jean Castex au micro de BFMTV.

Mais pour France Digitale, le mal est déjà fait. « Le numérique aurait dû avoir un ministère dédié, pour piloter la transformation numérique du secteur de la santé, de la justice, de l’éducation, du travail, des entreprises », ajoutent les représentants de l’association.

Face aux détracteurs, le député LREM Jean-Michel Mis, membre du CNNum, a préféré rappeler dans un tweet que « le numérique est d’abord une affaire de volonté et de transversalité », en soutien à la décision du gouvernement.

Transversalité, oui, mais à quel prix, s’est à son tour interrogé une entrepreneure du monde de la tech, interloquée par l’absence de symbole fort. « L’absence de ministère dédié au numérique est tout sauf un bon signal. Les secrétaires d’Etat sont moins autonomes que les ministres. Ils ne gèrent pas de budget propre et ne peuvent pas signer de décrets… bref, acte manqué. Total », regrette-t-elle sur le réseau social.

publicité

Ne plus penser en silos, mais en synergie

C’est l’avis que partagent aussi 54 personnalités du monde du numérique (hackers, chefs d’entreprise, députés, experts, etc.) qui s’étaient exprimé, fin juin, dans une tribune collective pour demander la création d’un nouveau ministère centralisé en charge de ces questions. Ils prônent symboliquement un ministère « de plein exercice, déployant une action interministérielle en lien avec l’ensemble des ministères » qui « refléterait l’omniprésence du numérique ». De surcroît, ils estiment que « cette synergie est indispensable à la conduite d’une action efficiente, dans notre contexte budgétaire contraint ».

Selon les signataires de la tribune, « la priorité des priorités sera d’y regrouper les initiatives déjà existantes et de les intégrer dans cette stratégie nationale et européenne, tant les enjeux dépassent le cadre national », précisent-ils.

Dans son avis adopté hier, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) s’est joint à ces préoccupations. Prônant la reconnaissance d’un véritable service public du numérique, le CESE préconise lui aussi de créer un grand ministère du Numérique, « chargé d’incarner, de porter et de piloter une politique transversale économique, sociale et environnementale du numérique ».

Pour justifier une telle démarche, le CESE n’a pas manqué de relever les contradictions qui ressortent de la période de confinement que nous avons traversée : « la crise sanitaire et le confinement ont permis de souligner le caractère indispensable des services publics et leur interdépendance croissante avec le numérique. La période a permis de prendre conscience des atouts et des insuffisances ou des faiblesses de la numérisation des services publics », résume le CESE.

Parmi ses propositions, le CESE préconise également de mettre sur pied, en complément d’une instance gouvernante autonome, une Agence du numérique et de l’intelligence artificielle, qui regroupe sous une seule et même étiquette l’action du Conseil national du numérique, celle de l’Agence du numérique, de la DINUM et de l’ANSII.

Leave a Reply