Le monde de la culture frappé par les nouvelles mesures du gouvernement – Le Monde

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Devant un cinéma aux rideaux baissés, à Montpellier, le 16 novembre.

La culture pensait voir le bout du tunnel, elle replonge dans le noir. Contrairement à ce qui avait été esquissé par Emmanuel Macron lors de son allocution du 24 novembre, les cinémas, les théâtres, les salles de spectacle mais aussi les musées ou les cirques, qui avaient dû baisser leurs rideaux fin octobre, ne pourront pas rouvrir le 15 décembre. Face à la persistance de l’épidémie et au risque d’une nouvelle flambée du nombre de contaminations lors des fêtes de fin d’année, l’exécutif a décidé de prolonger d’au moins trois semaines la fermeture des établissements recevant du public, soit jusqu’au 7 janvier.

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« Nous ne pouvons pas baisser la garde », a justifié Jean Castex lors d’une conférence de presse, jeudi 10 décembre au soir, expliquant que la situation sanitaire l’obligeait à « adapter la stratégie de déconfinement » et à adopter des « règles (…) plus strictes que ce que nous avions initialement envisagé ». Pour le premier ministre, « il ne suffit pas d’avoir des protocoles sanitaires », comme le revendiquent les acteurs de la culture pour demander les réouvertures, il faut aussi « éviter au maximum les flux » de personnes dans des lieux publics.

Sans surprise, la plupart des professionnels ont violemment réagi à cette annonce. « On s’entasse dans le métro et les gares tandis que théâtres et cinémas sont fermés. C’est inique, écœurant et dégoûtant. Quel mépris pour les artistes et les créateurs », tonne Pascal Rogard, directeur général de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), dans un message diffusé sur Twitter. « On a l’impression que la haine des artistes est en cours », dénonce, de son côté, l’acteur et metteur en scène Charles Berling.

« Cette décision est consternante, incohérente et injuste »

Plus que le report lui-même, c’est la différence de traitement avec le reste de l’économie qui est dénoncée. « Cette décision est consternante, incohérente et injuste, s’énerve Marc-Olivier Sebbag, délégué général de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF). On nous empêche de rouvrir, mais rien ne change pour les commerces, les transports en commun, tous les endroits où on se contamine aujourd’hui. On a le sentiment que le gouvernement privilégie les lieux sans garantie sanitaire plutôt que ceux où les protocoles sont respectés ! C’est absurde. »

Nombre d’acteurs du monde culturel craignent que la date du 7 janvier ne soit d’ailleurs qu’un leurre. « Qui peut croire que les contaminations auront baissé à cette date ? On sortira des fêtes de fin d’année, tout le monde aura réveillonné. Les chiffres ne pourront que mécaniquement remonter », s’alarme un producteur de théâtre. Dans son discours, Jean Castex ne s’est d’ailleurs pas engagé sur un retour à la normale à cette date. « Nous réexaminerons la possibilité » d’une réouverture, « en fonction de la situation sanitaire à cette échéance », a seulement précisé le premier ministre

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