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Le jumeau numérique, la charnière des services essentiels

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Le jumeau numérique, la charnière des services essentiels
Dans une étude récente de Gartner, on peut lire que d’ici 2022, plus des 2/3 des entreprises qui ont mis en oeuvre des objets connectés auront déployé au moins un jumeau numérique en production.

Le jumeau numérique ou “digital twin” en anglais, devient ainsi le cas d’usage qui tire l’Internet des objets, et notamment la maintenance à distance et la maintenance prédictive.

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Mais pour GreenSI, pour toutes les autres entreprises qui ne sont pas encore rentrées dans l’Internet des objets, c’est peut-être aussi le bon cas d’usage à explorer, à la frontière du monde physique et du virtuel.

En effet, la crise sanitaire actuelle a justement boosté l’usage du virtuel et fait du numérique un geste barrière. Les leçons, que tous pourront en tirer pour leur logistique et leur relation clients, vont certainement amplifier le besoin d’exploiter ce concept. GreenSI vous explique pourquoi cette intuition du jumeau numérique dans le monde de “l’après”.

Les chaines logistiques ont en effet été remises en cause quand elles étaient trop intégrées. Un maillon essentiel vient à s’arrêter et il bloque toute la chaîne.

On le voit dans la distribution alimentaire, ceux qui peuvent en même temps bénéficier d’une logistique de livraison à domicile ou d’un “Drive” résistent mieux, que ceux qui n’ont qu’un magasin, voir un emplacement, physique. Certains, comme les grandes surfaces de bricolage, qui n’en étaient pas pourvus, l’improvisent même pendant la crise pour vider leurs stocks. Ainsi, la capacité à être présent, en même temps, sur tous les canaux, et basculer des canaux digitaux aux canaux physiques, de façon agile, est devenu un facteur de résilience. 

Un autre usage plébiscité par la crise est certainement le “sans contact”, transmission du virus oblige.

Du paiement en boulangerie avec sa carte bancaire, au scan des codes barres, en passant par la livraison dans le coffre de sa voiture ou dans les casiers de centre-ville, et pourquoi pas au drone de livraison,… la logistique du dernier kilomètre a réinventé ses processus avec le sans contact.

Dans les services essentiels, les collaborateurs interagissent aussi sans contact entre eux et avec le client. Connecter les objets et les lieux physiques devient alors un moyen de capturer de l’information, pour assurer la fluidité de ces échanges sans contact entre les différents acteurs. Sans le dire, le sans contact développe et va fortement développer la digitalisation de tous les actes métiers.

Pour GreenSI, le corollaire de ces deux évolutions, omnicanal physique-digital et sans contact, est que la capacité de la chaîne logistique à collecter et partager de l’information au sein d’écosystèmes, qui était l’atout des seuls leaders, va se généraliser et se standardiser.

Le camion connecté, qui mesure sa position, son kilométrage, la température de son chargement, les chocs,… et transmet ces informations régulièrement, permet de la visibilité sur les livraisons, mais produit aussi des données pour sa maintenance et pour le gestionnaire de flotte ou l’assureur. Chacun, avec sa propre application métier, peut aller piocher les informations utiles pour chaque processus dans la base de données du système logistique.

Les jumeaux numériques sont justement des bases de données qui permettent de surveiller, analyser et même contrôler les ressources physiques comme les équipement, les personnes ou les processus.

Agir à distance, ou agir sans contact, sont les fonctionnalités amenées au SI, par ce jumeau numérique.

Pour cela, on va “jumeler” chaque objet physique avec son double numérique, et remonter le plus dynamiquement possible, toutes les données ou événements de l’objet physique (casier vide, camion arrivé, commande scannée, …) dans la base de données de son jumeau numérique. Ces données peuvent être alors partagées, via des API, pour le suivi et la poursuite du processus par un autre acteur, client compris.

 

Aujourd’hui les fabricants d’objets connectés fournissent des applications pour suivre les données captées, mais ces applications sont limitées aux seuls objets du fabricant et sont fournies en SaaS. C’est souvent le premier projet pilote mis en oeuvre pour se faire la main sur le cas d’usage ayant le meilleur ROI.

Mais avec le temps, l’entreprise va ensuite chercher l’intégration de ces données dans des jumeaux numériques plus complets, multi-objets et plus représentatif de la complexité de l’entreprise, sur sa plateforme PaaS, permettant de suivre des systèmes, des processus ou des organisations, de façon unifiée. Plus les données remontent régulièrement et de façon fiable, moins le jumeau numérique est “flou” et plus il est une représentation fidèle de la réalité qui permet de prendre des décisions, y compris à distance ou entre deux acteurs qui vont se succéder physiquement.

Ce qui est nécessaire à minima, c’est une gestion de l’identité des objets pour affecter les séries temporelles de données de l’objet physique au bon jumeau numérique, et une ouverture d’API pour requêter ce modèle physique de données, voir s’abonner à ses événements. Parfois, des APIs plus sophistiquées, demandant d’embarquer une forme d’analyse de données ou d’intelligence, peuvent aussi fournir une valeur future prévisible ou une historisation du passé. Le jumeau porte alors la mémoire de ses états et de ses données. En revanche le jumeau ne porte pas de règles de gestion métier, qui sont dans les applications métiers. Il s’intègre au SI en lui amenant la virtualisation de la représentation de l’environnement physique dans lequel évolue l’entreprise.

Une fois mis en place, les jumeaux numériques ouvrent un monde d’API à la disposition de la reconfiguration des processus. 

On retrouve avec cet usage, l’importance de la maîtrise des APIs pour publier ou collecter des informations dans des schémas d’intégration de SI au sein d’écosystèmes. D’une certaine façon c’est la poursuite des architectures orientés objets (SOA) de la fin des année 90s, avec maintenant des objets connectés et des applications distribuées (chargeant le jumeau numérique de garder la cohérence des données)

Mais tout cela n’est pas magique !

Le bon fonctionnement des capteurs et objets connectés, devient alors essentiel pour actualiser les modèles de données des jumeaux numériques en fonction des modifications apportées aux ressources physiques. Cette compétence de supervision de ces données, à la frontière du physique et du digital, doit donc être intégrée à la supervision SI classique, et ne peut être laissée à l’abandon une fois l’installation des objets réalisée.

Pour GreenSI, une réflexion de l’après crise devrait donc être de revisiter cette charnière entre les équipements et infrastructures physiques nécessaires à l’entreprise, pour la modéliser et amener avec le digital, cette capacité de reconfiguration de la chaîne logistique intégrée à la relation clients omnicanale. En le faisant, l’entreprise sera certainement en train de poser la première pierre du jumeau numérique de ses opérations et d’une architecture moins cloisonnées des applications.

Tout cela existait avant, la crise a juste montré la pertinence de poursuivre la transformation digitale dans cette voie. 

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