Le « jour du dépassement » a lieu cette année trois semaines plus tôt qu’en 2020 – Le Monde

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Une vue aérienne de zones brûlées de la forêt amazonienne, près de Porto Velho, dans l’Etat de Rondônia, au Brésil, le 24 août 2019.

A partir du jeudi 29 juillet, nous vivrons à crédit. Le « jour du dépassement », qui désigne la date où l’humanité a utilisé autant de ressources biologiques que ce que la Terre peut régénérer en un an, a lieu cette année trois semaines plus tôt qu’en 2020, année marquée par un ralentissement économique mondial en raison de la crise sanitaire. Le recul enregistré l’année dernière est rattrapé : le jour du dépassement tombe désormais presque à la même date qu’en 2019.

Selon le Global Footprint Network, organisation de recherche internationale à l’origine de l’indicateur, deux principaux facteurs expliquent cette avancée du jour du dépassement : l’augmentation de 6,6 % de notre empreinte carbone par rapport à 2020, et la diminution de 0,5 % de la biocapacité forestière mondiale – autrement dit, la capacité des forêts à produire des ressources naturelles et à absorber les déchets découlant de leur consommation, tels que le dioxyde de carbone.

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« Dès le déconfinement, la consommation de biens matériels est repartie de manière frénétique », note Arnaud Gauffier, directeur des programmes du WWF France, à l’origine d’une campagne de communication autour du jour du dépassement. « En Asie, les usines tournaient à plein régime au second semestre de 2020, puisant dans les énergies fossiles. Résultat : une augmentation des émissions de gaz à effet de serre et de notre empreinte carbone. »

Multiplication des plans de relance à travers le monde

En juin, pour le quatrième mois d’affilée, des records de déforestation étaient enregistrés en Amazonie. Plus de 3 600 km2 ont été déboisés au premier semestre, une hausse de 17 % par rapport à la même période en 2020, selon les données de l’Institut national de recherches spatiales du Brésil. « Les émissions de CO2 reviennent aux taux d’avant la crise sanitaire et, en parallèle, nous nous privons des puits de carbone que sont les forêts. Et nous émettons encore plus de gaz à effet de serre à travers la déforestation. C’est un cercle vicieux », se désole Arnaud Gauffier. Selon les calculs du Global Footprint Network, nous utilisons 74 % de ressources de plus que ce que les écosystèmes de la planète peuvent régénérer. Il faudrait donc 1,7 planète Terre pour satisfaire les besoins de l’humanité sur une année.

Le recul historique du jour du dépassement, l’année dernière, n’était donc que ponctuel. En réponse à la pandémie et à la crise économique qu’elle a engendrée, les plans de relance se sont multipliés à travers le monde, mobilisant des montants sans précédent pour reconstruire l’économie : plus de 16 000 milliards de dollars (13 500 milliards d’euros) selon les dernières estimations du Fond monétaire international. Dans un rapport publié le 20 juillet, l’Agence internationale de l’énergie a calculé la part des mesures d’énergie propre dans les plans de relance des gouvernements. D’après ses conclusions, au deuxième trimestre 2021, 380 milliards de dollars ont été alloués dans ce sens. C’est 2 % du soutien budgétaire total. « Bien que l’on ait appelé de nos vœux la mise en place d’une relance verte qui fasse la part belle aux énergies renouvelables et à la préservation de l’environnement, force est de constater que l’on est loin du compte », regrette le directeur des programmes du WWF France.

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