Le “Grêlé” vivait dans l’Hérault : ce tueur et violeur habité de pulsions a-t-il pu sévir en Occitanie ? – Midi Libre

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L’enquête sur François Vérove va se poursuivre. Il a vécu près de 15 ans dans l’Hérault. Dans une lettre, retrouvée après sa mort, il expliquait être habité de “pulsions”.

Un simple coup de fil a précipité la chute de François Verove, qui coulait une retraite tranquille à La Grande-Motte. Un appel passé par une policière de la DTPJ (direction territoriale de la police judiciaire) de Montpellier le vendredi 24 septembre. En substance, elle lui a adressé une convocation au mercredi suivant, pour un simple test ADN : ça ne durera que cinq minutes, a-t-elle assuré.

“Il a alors compris qu’il allait être démasqué“, indique une source policière. Ce mercredi, jour de la convocation, son corps a été retrouvé sans vie, au GrauduRoi, suicidé aux médicaments dans une maisonnette qu’il avait louée sur Air bn’b.

La traque du “Grêlé“, tueur en série recherché depuis 35 ans, s’est achevée et la lettre posthume qu’il a laissée est riche d’enseignements. Notamment sur le fait de savoir s’il a pu sévir dans notre région où il habitait depuis quinze ans. Dans cette missive, il explique avoir tué des gens, donne des dates, dit à sa compagne qu’elle avait bien senti que, plus jeune, quelque chose n’allait pas chez lui.

Des “pulsions”, aussi dans la région ? 

Cette part d’ombre dissimulait un redoutable prédateur devenu serial killer, dont les passages à l’acte ont été dictés “par des pulsions”, écrit-il. Et ce, en lien avec une enfance qui aurait été particulièrement difficile. Mais, promet-il à ses proches, il aurait arrêté ses crimes après avoir fondé une famille, eu deux enfants, au mitan des années 90. Ce qui l’aurait stabilisé.

Mais, forcément, tout le monde reste extrêmement méfiant face à ce grand pervers qui a su se dissimuler pendant 35 ans. Il situe même la date où il aurait cessé sa série de crimes en 1997. Des enquêteurs de police judiciaire rappellent que c’est à cette période-là que la technique des tests ADN s’est grandement développée, “et comme gendarme puis policier, il était forcément au courant”.

A-t-il vraiment changé après avoir stabilisé sa vie sentimentale ? Ou, au contraire, a-t-il continué à sévir comme le craignent certains, estimant qu’il n’a pas pu s’arrêter ?

La juge d’instruction qui mène le dossier va désormais lancer une enquête sur François Vérove, de sa naissance à Gravelines dans le Nord jusqu’à sa vie dans l’Hérault. Le travail de la DTPJ, qui s’attend à être rapidement saisie, permettra de recenser ou non des cold case touchant notre région et qui pourraient impliquer le “Grêlé”.

Quatre meurtres et six viols entre 1986 et 1994

François Vérove est l’auteur de quatre meurtres et six viols commis dans la région parisienne entre 1986 et 1994. En mai 1986, Cécile Bloch, 11ans, est retrouvée morte au sous-sol de l’immeuble familial du 19e arrondissement de Paris. La petite fille part seule à l’école le matin et rentre déjeuner. Sa mère a l’habitude de lui téléphoner à ce momentlà. Mais personne ne décroche. Le collège est appelé pour vérification. Cécile n’est pas venue en classe.

Le père de la fillette refait le trajet jusqu’à l’établissement, interroge les commerçants. Ils n’ont pas vu Cécile ce matin-là. On cherche alors dans l’immeuble et vers 15 h, au 3e sous-sol de la résidence, on découvre le corps sans vie de la fillette. Les policiers relèveront deux traces de strangulation et une plaie abdominale à l’arme blanche. L’un d’eux ramasse les cordelettes qui ont sans doute servi à attacher l’enfant et à l’étrangler. Ils ne le savent pas encore, mais cet indice permettra d’établir un mode opératoire propre aux crimes du “Grêlé”: le garrot espagnol.

Ses victimes étouffées seront retrouvées attachées par les poignets, les chevilles ou encore les bras. Irmgard Müller, 20 ans, jeune fille au pair allemande, sera découverte les bras attachés en croix, une corde autour du cou, en avril 1987 dans le 4e arrondissement de Paris. Elle vivait dans la famille de Gilles Politi, un mécanicien d’Air France de 38 ans, retrouvé mort étouffé à l’aide d’un tisonnier.

En 2015, on attribuera au “Grêlé” le meurtre de Karine Leroy, 19 ans. Elle avait disparu le 9juin 1994 en se rendant au lycée.

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