Le gouvernement rend sa copie à quatre jours du début du déconfinement – Le Monde

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Rouge ou vert, c’est l’heure du verdict pour le déconfinement : à quatre jours de l’échéance du 11 mai, le gouvernement dévoile, jeudi 7 mai, les derniers détails de la remise en marche progressive du pays, quasiment à l’arrêt depuis bientôt deux mois.

Le premier ministre, Edouard Philippe, a rendez-vous à 16 heures pour présenter depuis Matignon « la préparation de l’étape du 11 mai » concoctée par son gouvernement depuis l’annonce, le 13 avril, par le chef de l’Etat de la date de la levée partielle du confinement.

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« Un plan éventuel de reconfinement » sera prêt en cas de nouvelle aggravation de la situation sanitaire, même si « ce n’est pas notre objectif », a averti mercredi Jean Castex, haut fonctionnaire chargé de coordonner le déconfinement, devant la commission des lois du Sénat. L’épidémie de Covid-19 a encore causé en France la mort de 278 personnes en vingt-quatre heures, portant le total à 25 809 morts au moins depuis le 1er mars, a indiqué mercredi la direction générale de la santé.

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  • Une carte des départements bicolore

Le déconfinement se déroulera de manière « progressive » et « différenciée », a prévenu le premier ministre. Après le 11 mai, l’exécutif a fixé une nouvelle étape au 2 juin, qui pourrait permettre, si les conditions sont réunies, d’amplifier le déconfinement.

La carte colorant les départements en fonction de leur situation sanitaire (circulation du virus, capacités hospitalières et en matière de tests notamment) doit orienter le processus. De tricolore depuis sa première publication la semaine dernière (vert, orange, rouge), avec une actualisation quotidienne, elle doit jeudi devenir bicolore (vert et rouge), ce qui pourrait se traduire par un « déconfinement plus strict » selon la teinte attribuée par les autorités.

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Le premier ministre doit notamment aborder les conditions de réouverture des écoles maternelles et élémentaires, de la reprise des transports publics, du retour dans les entreprises ou de la possibilité de se déplacer dans un rayon de 100 km. Les principaux ministres concernés seront aux côtés du chef du gouvernement : les ministres de la santé, Olivier Véran, de l’intérieur, Christophe Castaner, de l’économie, Bruno Le Maire, du travail, Muriel Pénicaud, de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, et de la transition écologique et des transports, Elisabeth Borne.

Voici la carte provisoire rendue publique mercredi soir, en attendant la version définitive de ce jeudi :

  • Inquiétude dans les transports

Face à la grande inconnue de la reprise, les usagers des transports publics comme les opérateurs sont inquiets. Des lignes de transports en commun pourraient fermer après le 11 mai, si les règles de sécurité sanitaires n’étaient pas respectées. Le plan de redémarrage de la SNCF prévoit une augmentation de l’offre à mesure que la France se déconfinera, couplée à de strictes règles sanitaires, et vise « un retour à la normale fin juin ».

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A la RATP, le défi est titanesque : afin de respecter la distanciation sociale, il va falloir s’efforcer de limiter la densité dans le métro parisien à un voyageur au mètre carré, quand la densité moyenne en période normale est de quatre personnes au mètre carré et peut monter au-delà de huit en heure de pointe.

« Nous risquons de voir lundi les cohues qui se pressent dans les transports en commun et donc la maladie se propager », a pointé Jean-Luc Mélenchon jeudi. Le chef de file des Insoumis invite chacun « à être prudent », dénonçant sur FranceInfo « les conditions hasardeuses » du déconfinement, « les dispositions de base » n’étant « pas réunies ».

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  • Air France-KLM dans le rouge

Outre la crise sanitaire, les signaux sont toujours plus inquiétants sur le front économique. Le groupe Air France-KLM a dévoilé les premiers effets du Covid-19 sur son trafic avec une perte nette de 1,8 milliard d’euros au premier trimestre, et il anticipe des retombées encore plus désastreuses pour ses finances d’ici l’été. Le groupe, qui a eu recours au chômage partiel, a plus que quintuplé sa perte au premier trimestre par rapport à la même période de 2019 (– 324 millions d’euros). Elle comprend notamment 455 millions d’euros d’achats anticipés de carburant, qui n’a finalement pas été consommé en raison de la crise.

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Le transporteur aérien franco-néerlandais, qui doit recevoir une aide de 7 milliards d’euros de l’Etat français pour garder la tête hors de l’eau, fait déjà état d’une baisse de capacités de 10,5 % au premier trimestre (– 35 % en mars), et il prévoit un effondrement de 95 % pour le deuxième trimestre et de 80 % au troisième, selon un communiqué. La compagnie aérienne va entamer des pourparlers avec les syndicats français sur une éventuelle réduction de ses effectifs en raison de la crise du coronavirus, a déclaré le directeur général d’Air France-KLM, Ben Smith.

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  • Plus de 450 000 destructions nettes d’emploi privé

En France, sous l’effet du coronavirus, 453 800 emplois ont été détruits au premier trimestre dans le secteur privé, soit une baisse de 2,3 % par rapport au trimestre précédent, provoquée notamment par un effondrement de l’intérim, selon une estimation provisoire de l’Insee.

L’estimation de la perte d’activité économique « reste de l’ordre d’un tiers » par rapport à la normale. « Une légère remontée de l’activité économique semble se confirmer, dans l’industrie et dans la construction » : c’est la seule petite note positive relevée par l’Institut national de la statistique. Dans sa publication, l’Insee précise bien que sont considérées en emploi les personnes en chômage partiel. A fin mars, elles étaient 3,6 millions. Elles sont plus de 12 millions actuellement. Fin mars, la France comptait 19,3 millions de salariés dans le privé.

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Toutefois, à l’approche du déconfinement, la France semble connaître une « légère reprise » de l’activité économique, en particulier dans l’industrie et la construction, indique l’Insee dans son nouveau point de conjoncture.

  • Deux nouveaux décès de médecins en Alsace

Le coronavirus a fait deux nouvelles victimes parmi les médecins en Alsace. Agé d’une soixantaine d’années, le docteur Abdelmajid Ben Aicha, néphrologue au centre Diaverum, installé à l’hôpital Emile-Muller de Mulhouse, « est décédé des suites du Covid-19 », a indiqué Diaverum France, confirmant une information du journal L’Alsace. Il a travaillé jusqu’au 7 avril, avant d’être hospitalisé dans une clinique à Strasbourg.

Le docteur André Egri, âgé de 67 ans, était cardiologue à Strasbourg. Il a été hospitalisé plusieurs semaines avant de succomber le 1er mai. Six médecins sont morts depuis le début de l’épidémie dans la région.

  • La trêve hivernale des expulsions prolongée jusqu’en juillet

La trêve hivernale des expulsions locatives, qui aurait dû s’achever le 31 mars, sera à nouveau prolongée jusqu’« en juillet » après avoir été déjà étendue en raison de la crise du coronavirus, a annoncé jeudi le ministre du logement, Julien Denormandie, auprès de Franceinfo.

Le ministre a ajouté que la date précise serait annoncée dans la journée après consultation des parlementaires. La trêve avait jusqu’à présent été prolongée jusqu’au 31 mai pour aider les ménages, dont les revenus ont été amputés à cause du confinement. Interrogé sur une possible prolongation de la trêve jusqu’au début de l’hiver, le ministre n’a pas tranché mais a répondu vouloir, sur le principe, que les expulsions soient interdites tant que la crise continue.

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Le Monde avec AFP et Reuters

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